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Comme chaque année depuis l’instauration de la démocratie, la nation rend hommage à l’ancien leader estudiantin. Le Premier ministre, Modibo Sidibé a déposé hier une gerbe de fleurs au pied du monument qui lui est dédié. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, du président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, des acteurs du Mouvement démocratique, des parents et compagnons de Cabral et des membres de l’Amical des anciens militants et sympathisants de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali(AMS-UNEEM).

Dans son discours, le secrétaire de l’AMS-UNEEM, Mamoutou Thiam a rendu hommage à son compagnon de lutte qu’est Abdoul Karim Camara mort dans des conditions tragiques.
La commémoration de son assassinat mérite de perpétuer son combat ainsi que celui de tous ceux qui se sont sacrifiés pour l’avènement d’un Mali démocratique.

Pour l’anniversaire de cette année, a expliqué Thiam, l’AMS-UNEEM a choisi de traiter d’un thème d’actualité à savoir : « la problématique de la gestion de l’école malienne« . Ce thème s’inscrit dans la vision des autorités de faire de l’école malienne une école apaisée et performante.

Rappelant l’évolution de l’école malienne, Mamoutou Thiam dira que celle-ci, héritière de l’école coloniale, fut véritablement fondée par la reforme de 1962 qui visait entre autres objectifs à faire un enseignement qui décolonise les esprits et réhabilite l’Afrique et ses valeurs. Ainsi en six ans (de 1962-1968) les taux de scolarisation dans notre pays passera de 6 à 24%. Thiam expliquera ensuite qu’à partir de 1968, la nouvelle situation politique va engendrer des facteurs fortement déstabilisants pour l’école. Dès la fin des années 70, le financement de l’école malienne va se poser pour la première fois de façon publique avec l’instauration de concours d’entrée dans les grandes écoles.

Pour le secrétaire général de l’AMS-UNEEM, si après le 26 mars 1991 qui a abouti à l’avènement de la démocratie et du multipartisme dans notre pays, beaucoup de choses ont été faites, force est de reconnaître que l’école connaît un malaise profonds depuis plus de deux décennies. Il soutiendra que pour sortir de cette situation, l’école a besoin de cohérence dans sa gestion aussi bien pour ce qui est des moyens financiers que des ressources humaines. A ce propos, il a assuré que son association a fait des propositions comme la suppression de la double vacation et la double division, l’élaboration d’un programme de formation de toutes les catégories du personnel enseignant.

Le Premier ministre a, au nom de toute la nation, salué la mémoire de Abdoul Karim Camara dont le combat n’a pas été vain. La preuve, dira Modibo Sibibé, est que la démocratie comme la liberté syndicale est une réalité dans notre pays.

En parlant de l’école malienne, le Premier ministre soutient que celle-ci a besoin des efforts de tous les acteurs pour sortir de situation qu’elle connaît actuellement. C’est tout le sens des concertations qu’il entame aujourd’hui avec tous les acteurs de l’école.

M. KEITA – L’Essor

18 Mars 2008.