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L’année scolaire 2007-2008 a été marquée par une série de grèves syndicales et associatives, toutes choses qui menaçaient l’année scolaire longtemps prise en otage par la COSES. Cependant, malgré le boycott des évaluations par cette coordination, les mesures prises par les autorités sans la COSES ont porté fruits, mais il reste encore à savoir ce que renferme ces résultats.


Le problème scolaire n’a jamais été une résolu de façon définitive dans notre pays. Cette situation dont les conséquences sont dramatiques suscite de nos jours beaucoup d’interrogations auxquelles les autorités, les parents d’élèves, les enseignants et même les élèves et étudiants doivent repondre.

L’année scolaire 2007-2008

L’année scolaire 2007-2008 a été une année de grève jamais égalée depuis plus de 10 ans, suscitée par des grèves illimitées, sans évaluation ni formation de qualité par la Coordination des Syndicats des Enseignants du Secondaire COSES mais aussi à cause de l’incroyable grève de l’Association des Ecoles Privées Agrées du Mali (AEPAM) et du boycott par certains élèves.

Toutes choses qui contribuaient à compromettre l’objectif d’une formation quatité. Ainsi, après les concertations entre le ministre des Enseignements Secondaire Supérieur et de la Recherche Scientifique, les évaluations ont été faites à la hâte. Aussi, le moratoire du Premier ministre a été rejeté par la COSES.

En tout cas, avec ou sans la COSES les évaluations ont été faites, et les premières ont commencé à porter fruits, car les résultats du DEF et du CEP, ont été à la hauteur des attentes des parents d’élèves. Beaucoup iront en classes supérieures. Mais avec quel niveau? quelle connaissance?

Les autorités interpellées

C’est cette interrogation qui doit être fondamentale pour les parents et les autorités. Car, cela fait a peu près deux (2) décennies que les niveaux des élèves et étudiants baissent, l’école et la nation maliennes déplorent cette situation dans un environnement sous-régional et régional où la compétition est désormais de mise en raison de l’intégration et de la mondialisation. Les autorités doivent comprendre la nécessité de revoir les conditions, et la nature de la formation au sein des écoles de Base.

<<On veut une année sauvée et non achévée, la qualité ne nous interresse pas, mais le taux d’élèves admis>>, tels semble être les objectifs des autorités, livrer des diplomes à des têtes vides, l’essentiel est de les initier à lire et écrire. Et pourtant, les documents livrées sont le plus souvent incompatibles avec le niveau des bénéficiaires, c’est un scandale. Cela sous -entend une défaillance de notre système éducatif.

Et pourtant, compte tenu du nombre de grèves décrétées au cours de cette année scolaire, combiné à la qualité de la formation et l’effectif pléthorique, ceux-ci pouvait contribuer à prolonger l’année scolaire, cependant les évaluations ont été faites juste après le consensus entre le ministre et l’AEPAM. Par ailleurs, en dehors des classes d’examens au secondaire, aucune école publique ne peut se glorifier, d’avoir donné un programme complet de formation, aux élèves.

Des inquiétudes

Quiconque connaît le slogan de certaines de ces écoles privées, elles sont totalement centrées sur la conquête d’un nombre important des orientations, sans souci de la qualité et en violation de toutes les règles fondamentales de la déontologie scolaire, et même de la pédagogie. C’est pourquoi la COSES ne devrait pas totalement être marginalisée dans les évaluations de fin d’année.

Un pays peut-il se fier aux écoles privées ? Cette question mérite une réponse. Car aujourd’hui, elles compliquent davantage la gestion des problèmes. Avec leur système de régularisation arbitraire et même de récupération des élèves renvoyés par manque de discipline. C’est la raison pour laquelle, l’université est devenue le dépotoir de toutes sortes d’élèves qui s’adonnent à toutes sortes de pratiques.

En tout cas, une chose est certaine, si les privées vont continuer à évaluer en cas de désaccord entre le gouvernement et la COSES, il est clair que l’autorité scolaire tend vers sa capitulation. Car, le comportement des écoles privées et de leur personnel n’est étranger à personne.

En définitive, les évaluations ont été faites sans la COSES, l’année scolaire est sauvée, l’heure est aux applaudissements, puisque, les résultats sont satisfaisants et le sourire est aux lèvres de tous, mais il reste à savoir quelle sera la portée d’une année à formation inachevée d’une école malienne longtemps malade.

Ousmane BERTHE (Stagiaire)

14 Juillet 2008