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L’acceptation par les syndicats d’enseignants de prolonger de trois mois supplémentaires la trêve dans la grève qui a longtemps paralysé l’enseignement supérieur permettra de sauver l’année en cours si tous les protagonistes respectent leur engagement à l’issue des dernières négociations. Les administrateurs de la Fast, de la Flash, de la Fsjp, de l’Iug nous livrent les pistes qui permettront de sauver l’année académique 2010-2011.

De l’avis de certains administrateurs scolaires, la volonté des enseignants de poursuivre les négociations afin de sauver l’année est un sacrifice qu’ils ont consenti. C’est une décision salutaire qui peut être considérée comme la manifestation d’un esprit de solidarité et de patriotisme. Les professeurs ont fait preuve d’une grande maturité en matière de négociation.

A les croire, c’est un esprit de sacrifice et nous espérons que ce sacrifice soit reconnu par tous. Il peut aider à faire sortir l’école de l’impasse dans laquelle elle se trouvait depuis quatre mois sous réserve qu’il n’y ait plus de mouvement social d’ici la fin de la période de cette prolongation qu’est le mois d’octobre.

Les pistes de sauvetage

Parlant de l’impact de la crise sur le bon déroulement de l’année académique 2010-2011, nos interlocuteurs ont relevé que les trois (3) mois prévus sont assez suffisants pour valider l’année si tout se passe bien. Le directeur général de l’Institut Universitaire de gestion, Issiaka Ahmadou Singaré, s’est dit optimiste par rapport à la récupération de l’année “nous sommes optimistes car nous avons déjà élaboré le chronogramme ce qui nous permet de valider sans pour autant repousser les échéances du premier trimestre de l’année au mois d’octobre“.

Et d’ajouter que les contraintes que pose un système universitaire classique ne sont pas les mêmes qu’avec le nouveau système en cours d’expérimentation qu’est la Licence master et le doctorat(LMD). Le système LMD est un système très facile à gérer car nous ne référons plus en terme d’année mais en terme d’heures de cours et de semestres.

Le Pr. Salif Berthé, doyen de la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines (Flash) pense également que l’année peut être sauvée. “J’ai besoin d’être édifié moi aussi mais en tout cas que les cours se déroulent normalement au sein de mon département. Si nous arrivions à faire correctement les cours sans interruption jusqu’en décembre, nous pourrions faire les évaluations “.

Pour le doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp), Cheick Hamala Fofana, probablement l’année sera sauvée. “Si on arrive à travailler jusqu’au mois d’octobre, il y a de fortes chances que l’année soit sauvée“ a-t-il martelé.

Quant au doyen de la Faculté des sciences et techniques (Fast), Pr. Amidou Doucouré, l’année peut être sauvée à condition qu’il n’y ait plus de perturbation. Selon lui, il y a deux (2) groupes d’étudiants comprenant le cycle long et les courtes filières. Selon lui, les étudiants de l’ancien système c’est-à-dire le groupe composé du système universitaire classique et celui de la filière courte sont moins touchés par la crise car ils avaient déjà entamé les cours normalement durant au moins deux (2) mois d’affilée.

Ceux-ci peuvent être évalués et vraisemblablement les délibérations auront lieu fin novembre. Les étudiants du système LMD (Licence master doctorat) sont beaucoup touchés par cette crise parce qu’ils ont deux semestres. Le premier semestre de ceux du système LMD est prévu en mi-novembre sous réserve qu’il n’y ait pas de perturbation. “J’espère que la situation est débloquée parce que le Snesup disait qu’il a fait une suspension de son mot d’ordre de grève ce qui veut dire qu’elle n’est pas totalement éclaircie“, a exclamé notre interlocuteur.

Selon Pr. Amidou Doucouré, le manque d’anticipation dans la résolution des doléances serait à l’origine de la crise qui vient de secouer l’enseignement supérieur. “Le manque d’anticipation a surtout fait pourrir la situation qui s’est enlisée suite à la rupture pendant longtemps des partenaires des négociations. Pour décrisper une telle situation, il faut qu’on instaure un climat de confiance entre les protagonistes “, a-t-il poursuivi.

Les partenaires aux négociations ont intérêt à mettre en perspective la résolution des différents problèmes. C’est la seule façon de créer un climat de confiance a conclu Pr Doucouré.

Moussa Dagnoko

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Mountaga Dembélé, enseignant, secrétaire général de l’Atvr : Les revendications sont légitimes

Interrogé sur les grèves des enseignants de l’enseignement supérieur, Mountaga Dembélé, enseignant à la retraite, secrétaire général de l’Atvr, a indiqué que c’est légitime. Il a ajouté : ‘’ Ce sont des intellectuels qui réclament leurs droits dans la transparence comme l’exige le règlement des droits, car la Charte de l’Onu dont le Mali est signataire donne mandat à tout individu auprès d’un Etat sachant surtout que le pouvoir se donne ses droits (gestion, budget, présidence), dix milliards par an. Pourquoi les enseignants du supérieur ne réclameraient-ils pas leurs droits alors que les élus et les magistrats sont tous mis dans leurs droits ? ‘’.

Sur la question de l’impact de ces grèves qui fait courir le risque de l’année blanche, Mountaga Dembélé a souligné que les associations, notamment l’Aeem et les syndicats, doivent aussi réclamer obligatoirement leurs droits en conséquence et le pouvoir a de ce fait l’obligation morale, matérielle et physique de se pencher sur toutes les revendications car, c’est la condition de la bonne gouvernance.

Le secrétaire général de l’Association des partants volontaires à la retraite a affirmé que le Vérificateur général vient de découvrir un trou de 112 milliards dilapidés par l’État, en présence du président de la République, premier témoin et garant de la Nation. Pour justifier ses propos et la légitimité des revendications, il a déclaré que chaque année, ce sont des centaines de milliards qui s’en vont dans la nature. Rien ne sert de courir, a dit Mountaga Dembélé, il faut partir à point. Il y va, a-t-il soutenu, de l’intérêt de la Nation entière.

Baba Dembélé

05 Août 2010.