Partager

L’attitude des partis politiques comme le RPM et le parti Sadi, censés animer l’opposition laisse plus d’un perplexe. En effet, les observateurs politiques avaient prédit que ces partis animeront l’opposition politique, une fois les élections législatives terminées. Après plus d’un mois, les Maliens attendent toujours que ces partis -RPM, SADI- fassent preuve de courage politique pour déterminer clairement leurs positions. Qu’attendent-ils donc? Que mijotent-ils?

A en croire les observateurs politiques, ces confusions et indécisions entretenues dans les rangs des partis d’Ibrahim Boubacar Kéïta et du Dr Oumar Mariko, sont tout de même loin d’être gratuites.

Selon eux, ces leaders politiques se gardent de toute déclaration relative à l’animation de l’opposition, qui pourrait leur être fatale en cette veille de formation du nouveau Gouvernement et de composition du bureau de l’Assemblée nationale. Ainsi, craignent-ils tout simplement de ne pas avoir de représentants dans ledit Gouvernement.

Cette idée parait paradoxale, comme on le dit, “on ne peut pas vouloir une chose et son contraire.” Autrement dit, il est absurde d’animer l’opposition et rester comptable de la gestion du pouvoir.

On parle d’opposition lorsqu’un ou plusieurs partis distincts du parti, ou de la coalition des partis politiques constituant le Gouvernement ou soutenant l’action gouvernementale, observent et critiquent, de façon constructive et objective, l’action gouvernementale.


Des signes anonciateurs au RPM

Si le parti du Tisserand tarde à définir clairement sa position, il faut tout de même reconnaitre que, malgré la confusion, il y a des signes anonciateurs qui présagent que le parti de Ladji Bourama se prépare à animer l’opposition.

Il s’agit, entre autres, de la démission du Gouvernement de “Pinochet”, du représentant du RPM et ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Nancoman Kéïta, au lendemain de l’élection présidentielle du 29 avril 2007.

Et aussi, de cette déclaration du secrétaire général du RPM, Dr Bokary Tréta, juste après la réélection de son président aux législatives en Commune IV : “Avec l’élection de son président et d’autres valeureux cadres, le RPM ne sera ni exclu du débat parlementaire, ni absent de la scène politique malienne… Sa présence dans l’hémicycle signera désormais la fin de l’atypisme du système politique malien et confèrera certainement vigueur et vivacité à notre pratique démocratique…

Nul part dans sa déclaration, Dr Bokary Tréta n’a prononcé le mot “opposition”, mais les observateurs politiques sont unanimes à croire que le RPM, à travers cette déclaration, s’inscrit résolument dans l’opposition.

Si le RPM d’IBK a au moins eu le courage -même si tout est encore confus- de démontrer sa position à travers certains agissements, il faut admettre qu’il n’en est rien, au parti SADI, dont les antennes de la radio “Kayira” étaient constamment ouvertes au secrétaire général, Oumar Mariko, pour vilipender le pouvoir en place.

Malgré l’adoption d’une posture d’opposant, le Dr Mariko, qui a pris en main la destinée du parti depuis la nomination de son président, Cheick Oumar Sissoko, au poste du ministre de la Culture, ne parvient toujours pas à prendre son courage politique à deux mains pour dire clairement si, au lieu de tirer à “hue et à dia ”, il va ou non animer l’opposition.

L’histoire retiendra que la témérité et la véhémence de ce valeureux secrétaire général ont fait déserter, un à un, les six députés dont disposait le parti SADI pendant la 3ème législature à l’hémicycle,pour des cieux “meilleurs”.

Selon certaines sources, c’est cette même situation qui serait à la base de la dégringolade du parti SADI, lors des législatives de 2007, où le parti s’est retrouvé avec seulement 4 députés, contre 6 en 2002.

Comment le secrétaire général s’y prendra-t-il ou se comportera-t-il, non seulement avec ses propres députés, mais envers ceux des autres partis, durant cette quatrième législature, quand on sait que “l’Enfant de Kolondièba” n’a fait son apparition à l’Assemblée nationale que cette année?

Dans tous les cas, le premier député à se faire remarquer, dès la première session du 3 septembre 2007 relative à la composition du bureau de l’Assemblée, est le secrétaire général du parti SADI, Dr Oumar Mariko. Et comment?

Lors de la mise en place de la commission ad hoc de l’Assemblée, l’élu de Kolondièba a dérogé à la règle du jour, pour évoquer la situation qui prévaut actuellement à la FMPOS.

Mieux, lors de la relecture du réglement intérieur de l’institution, l’homme a exigé l’adoption d’un poste de troisième questure en faveur de l’opposition, bien que cela ne soit pas prévu par les textes. Mais selon lui, cela permettra à l’opposition de contrôler et de participer à la gestion des ressoures de l’Hémicycle.

Moussa TOURE

13 septembre 2007.