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Lancé en 2005 et mis en œuvre par l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes, le volontariat est un programme de renforcement de l’employabilité des jeunes destiné à fournir aux bénéficiaires de premières expériences professionnelles. Ses premiers attributaires en ont vite fait un fonds de commerce politique pour contraindre l’Etat à les embaucher en se souciant peu de tous les autres postulants.

Pour briser le cercle vicieux, «pas d’expérience, pas d’emploi et pas d’emploi pas d’expérience», les autorités ont initié, en mai 2005, un programme-pilote de renforcement de l’employabilité des jeunes diplômés appelé volontariat. Ce programme, inspiré par le président de la République a vite fait ses adeptes.

Sur plus de 6 000 candidats, 2000 ont été sélectionnés par l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes afin de servir, une année durant dans les services publics et principalement les départements ministériels.

A l’époque, le président ATT avait mis en garde les supérieurs hiérarchiques de ces volontaires contre toute velléité de sous ou de surexploitation de ces 2 000 jeunes au risque de dévoyer le concept même de ce produit de renforcement qui venait s’ajouter au stage de qualification, à l’apprentissage et au financement des projets des jeunes pratiqués déjà par l’APEJ.

Les premières évaluations ayant été concluantes, le gouvernement avait décidé, en 2006, de proroger le programme d’une année supplémentaire dont le coût annuel explose le milliard de fcfa reparti en allocations diverses versées aux volontaires en fonction de leur niveau.

En juin 2008, la pirogue arrivée à quai, les jeunes volontaires, qui avaient, à trois reprises, signé l’acte unilatéral d’engagement ont sonné le glas du syndicalisme en exigeant de l’Etat un recrutement pur et simple dans la fonction publique foulant au pied les principes d’égalité des citoyens face à l’emploi public et la charte ci-dessus indiquée. Cet article de l’acte d’engagement unilatéral d’engagement dont nous nous sommes procuré la copie stipule ceci : «  A la fin de mon engagement unilatéral, je m’engage à quitter la structure sans réclamation de droit ou de statut. Je reconnais, par ailleurs, que la qualité de volontaire ne me confère aucun droit de réclamer ou d’exiger de la Direction Nationale de la Fonction Publique et du Personnel un emploi public permanent ou temporaire au sein de l’Administration « .

Au creux de la vague une dissidence est créée au sein de l’association des volontaires de l’APEJ avec une dizaine de militants déterminés à en découdre avec les autorités qu’ils accuseront de fourberie face à des engagements pris, lesquels ne seront jamais clairement définis par les présumées victimes.

On assistera à des batailles rangées avec coups et blessures entre le bureau et la dissidence, puis à des manifestations contre la Primature, puis le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle jusqu’à cette fameuse grève de la faim au lendemain de l’engagement par l’APEJ de 2 000 nouveaux volontaires.

Une prétendue grève de la faim dans une église de l’Hippodrome dont les non-dits sont effarants et ont laissé entrevoir des manipulations internes pour attirer la compassion populaire et un chantage orchestré contre l’Etat pour intégrer les anciens volontaires de force.

Faut-il comprendre par là que chaque fois qu’un citoyen réclame un statut il pourra user de la grève de la faim pour l’obtenir ?.

Heureusement que le gouvernement n’est pas tombé dans le piège et démarché par les notabilités et le Conseil national des jeunes, s’est seulement engagé à poursuivre ses actions pour l’accès équitable des jeunes à des emplois durables et décents, une priorité pour le Président ATT tandis que la solution à l’emploi réside toujours dans l’économie.

Les anciens volontaires ont de quoi lutter dans la vie comme quiconque sans se laisser distraire par la facilité et l’exploitation de situations précaires, surtout que des centaines d’entre eux ont eu leurs projets financés par le Fonds National de l’Emploi des Jeunes pour plus de 700 millions de fcfa et que d’autres centaines ont été admis dans d’autres fonctions grâce à leur qualités propres.

Au risque de nous retrouver vers un statut particulier des stagiaires et des volontaires dans notre pays a contrario de toutes les autres formules mondialement connues telles que le Peace Corps aux USA, les volontaires Allemands ou ceux des Nations Unies.
Un volontariat qui ne cherche pas à construire n’est plus du volontariat disait l’autre.

Alassane DIARRA

11 Novembre 2008