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« Macro-économiste-gestionnaire, à la conférence du PARENALa privatisation n’est pas un drame »


Macro-économiste-gestionnaire de son état, professeur à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Bamako, Abdramane Sanogo, qui a animé, hier mercredi 25 juin, au Centre du secteur privé à l’ACI 2000, un atelier de formation des cadres du PARENA sur « privatisation au Mali : historique, impacts économiques et financiers » a soutenu, sans sourciller, que « la privatisation n’est pas un drame ».

Bien au contraire, il estime qu’ « elle limite les gâchis de l’Etat et les détournements de fonds de quelques hauts fonctionnaires« .

Voir une meilleure lisibilité sur l’historique de nos sociétés et entreprises d’Etat, situer les responsabilités des différents acteurs dans le déclin des sociétés et entreprises d’Etat, mesurer les conséquences des privatisations et proposer des solutions.

Tel est l’objectif visé par le Parti pour la renaissance nationale (PARENA) en organisant un atelier de formation de ses cadres sur « les types de capitalisme, les modèles d’Etat sociaux et les voies de réforme » en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert.

Ouverts hier, au Centre du secteur privé, les travaux de l’atelier prennent fin ce jeudi avec certainement des propositions de solutions. Mais avant, une communication très importante a été faite hier sur « la privatisation au Mali : l’historique, impacts économiques et financiers« . Elle a été livrée par Abdramane Sanogo, macro-économiste-gestionnaire de son état, professeur à la Faculté des Sciences économiques et de gestion de l’Université de Bamako.

Pour le conférencier, « la privatisation est la vente ou la cession par l’Etat à des investisseurs de capitaux privés, de tout ou une partie d’une entreprise publique ». Evoquant son historique, l’orateur indique que «la privatisation date précisément du 18ème siècle».

A en croire le macro-économiste-gestionnaire, le phénomène a atteint le Mali dans les années 1970-80 quand l’économie malienne fut plongée dans une phase de décroissance due à la hausse du prix du pétrole en 1973 qui a bouleversé les économies des pays industrialisés et qui s’est ensuite répercutée sur celles des pays sous-développés, avec une spécificité pour le Mali : la grande sécheresse de la même année qui est venue accentuer les difficultés du pays.


Faute de gestion saine et cohérente

Pour remédier à cette malheureuse situation, « les institutions de Bretton Woods et les autorités politiques ont dû procéder à des réformes économiques, la plupart des entreprises publiques étant en difficulté, faute d’une gestion saine et cohérente » a indiqué le conférencier.

Avant de soutenir que « beaucoup de ces entreprises publiques étaient devenues des fardeaux pour l’Etat et n’étaient point rentables »/. Ainsi, il cite volontiers le cas de l’ex-compagnie aérienne du Mali, de la COMATEX, de HUICOMA et de la CMDT en vue avec leur cortège de licenciements.

En se penchant sur les impacts des privatisations, le macro-économiste-gestionnaire, Abdramane Sanogo, a fait ressortir deux points essentiels : l’impact positif et l’impact négatif.

Concernant le premier point, il estime que « la privatisation limite les charges de l’Etat et lui permet de réduire ses déficits et alléger le fardeau fiscal que supporte le contribuable.

Au sein de l’entreprise privatisée, en raison de la recherche de l’efficacité et de la rentabilité, le contrôle est strict, si bien que les détournements de fonds et des ressources matérielles sont minimes. Les dépenses de prestige et la délinquance financière qui amenuisent les ressources de l’entreprise sont bien surveillées et surtout sévèrement réprimées« .

Comme aspect négatif, le conférencier estime que « la privatisation peut influencer la politique économique et sociale en vigueur dans le pays si les investisseurs sont exclusivement étrangers et importants car cela a comme conséquence la politique de l’emploi qui ne colle pas avec les objectifs de réalisation du profit« .

Pour toutes ces raisons, le macro-économiste-gestionnaire, Abdramane Sanogo, a soutenu que « la privatisation n’est pas un drame ». Bien au contraire, il estime qu’ « elle limite les gâchis de l’Etat et les détournements de fonds de quelques hauts fonctionnaires« .

Après lui, une autre communication sur « les dimensions sociales de la privatisation au Mali » a été animée par Mme Barry Aminata Touré, Inspecteur du Trésor, présidente de la CAD-Mali (Coalition alternative, dette et développement). Nous reviendrons sur cette communication dans notre prochaine édition.

Auparavant, lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier, le Secrétaire général adjoint du PARENA, Amady Dicko et le représentant de la Fondation Friedrich Ebert, Dr Salabary Doumbia, avaient salué la tenue de l’atelier qui, selon eux « contribuera à renforcer les compétences afin de mieux appréhender les problèmes socioéconomiques pour une politique optimale en matière de réforme relative à la politique de privatisation des entreprises d’Etat« .

Alassane DIARRA

26 Juin 2008