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Le Rassemblement Pour le Mali (RPM), parti d’Ibrahim Boubacar Kéïta, n’est plus disposé à s’engager dans l’opposition parlementaire au cours de la 4e législature rentrante. C’est le moins que l’on ait pu constater, lors de la formation du nouveau bureau de l’institution dirigée par l’honorable président Dioncounda Traoré. Cette option a plutôt été prise par le duo parlementaire PARENA-SADI de Tiébilé Dramé et du Dr Oumar Mariko.

Ces deux formations ont décidé de constituer un même groupe parlementaire au sein de la nouvelle Assemblée. la naissance de cette nouvelle opposition née a été portée à la connaissance du président de l’Hémicycle et les honorables élus par Me Hamidou Diabaté qui se présente ainsi comme le porte -parole du groupe.

Aussi, c’est le 24 septembre 2007 que le groupe a fait une proclamation dont le contenu ressemble fort à une sorte de “déclaration de politique générale” de l’opposition.


Une opposition sous influence?

En tout cas, bien des indices font penser que le nouveau groupe parlementaire se réclamant de l’opposition est sous influence du Dr Oumar Mariko. Ce qui se ressent notamment à travers sa déclaration au cours de la séance de l’Hémicycle, lorsqu’il a clarifié sa position à l’ensemble des élus.

En effet, dans cette déclaration faite par les désormais nouveaux opposants, l’on s’est rendu compte que les problèmes qu’ils ont soulevés constituent des préoccupations naguère signalées par le parti SADI, par la voix de son secrétaire général. Tout au long du premier quinquennat d’ATT, le Dr Mariko s’était engagé dans une logique qui consiste à soulever des problèmes et à induire la responsabilité du pouvoir.

Ce sont ces mêmes problèmes qui sont soulevés dans la déclaration politique du groupe PARENA-SADI quand il affirme, par le biais du secrétaire général du PARENA : “Nous serons les porte-voix des paysans qui constituent près de 80% de la population qui recèlent le taux de pauvreté le plus élevé, ainsi que celui de l’extrême pauvreté…” .

Et de poursuivre : “Nous serons les porte-voix de tous les travailleurs, en particulier les ouvriers des mines d’or de Morila, Siama, Loulo, Sadiola qui voient leurs droits régulièrement méconnus, parfois sanctionnés pour l’exercice de leur droit de grève constitutionnel…

Nonobstant ces dossiers, le groupe parlementaire de l’Opposition aborde la question des privatisations qui a toujours été le cheval de bataille du Dr Mariko, quand bien même son ministre Cheick Oumar Sissoko est dans le Gouvernement.

Bien des Maliens n’arrivent pas encore à comprendre cette position de l’ancien leader estudiantin. Aussi, dans le combat de ce groupe au sein du parlement, plus d’un voit un intérêt qui pourrait beaucoup plus servir le président du PARENA qui cherche vaille que vaille à “régler ses comptes avec Koulouba”, par rapport au fameux dossier du Sommet Afrique-France.

Voyant que le RPM s’est accommodé de sa situation politique actuelle, le PARENA s’est rabatu sur le parti du ministre de la Culture. Car il lui a semblé que la tête de proue du SADI, en l’occurrence, son secrétaire général, risque de devenir un élément difficile à contrôler.

Que pourrait alors faire cette opposition parlementaire? Pour certains observateurs, le schéma est très clair: le groupe cherchera toujours un alibi pour justifier ses comportements dans ses prises de position au sein de l’Assemblée, en déclarant qu’il n’a pas été consulté, comme il l’a fait lors de la mise en place du bureau.

Un prétexte facile à trouver, surtout que, selon d’autres observateurs, ces opposants ont déjà des idées bien arrêtées.

Laya DIARRA

26 septembre 2007.