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ATT a célébré le dimanche 8 juin 2008 l’an I de sa réélection par une conférence de presse. A cette occasion, le président a parlé de ses grands chantiers et de ses préoccupations.
En prélude à la conférence de presse, ATT a, dans un exposé introductif de plus de deux heures, brossé les chantiers qui lui tiennent à cœur et quelques difficultés comme la crise du Nord, l’école, la lutte contre la corruption et la délinquance financière ; la lutte contre les accidents de la route, entre autres.

Les chantiers d’ATT ont pour noms l’école qu’il entend débarrasser de toutes les crises avant d’en faire un lieu où il n’y aura de place que pour la formation.

C’est pourquoi il envisage la création du Conseil supérieur de l’éducation. D’ici là, ATT a parlé de la tenue en août prochain du Forum sur l’éducation dont la commission a été mise en place par décret du Premier ministre, il y a environ trois semaines. Ce Forum promet d’être un tremplin pour aplanir la crise de l’école avec la participation de tous ses acteurs.

ATT entend imprimer de la qualité à l’éducation malienne. La nouvelle Ecole nationale d’administration en gestation sera, selon lui, le lieu de formation de cadres de haut niveau de l’administration.
Le Conseil supérieur de l’Agriculture est un autre projet ficelé par ATT. Il s’agit pour lui de booster l’agriculture à travers l’aménagement de surfaces cultivables.

ATT qui dit croire en la réussite de « l’Initiative riz » qui porte sur la production de 1 618 323 tonnes de paddy ou 1 000 000 de tonnes de riz destinés au marché pour la campagne agricole 2008-2009 pour un coût global de 42,65 milliards de F CFA. Selon lui, l’Office du Niger dispose de 2,2 millions d’hectares emblavables. Il a indiqué que la Libye s’est engagée à en aménager 100 000 hectares.

La lutte contre les accidents de la route semble aussi lancée par ATT qui fait cas de la convocation des Etats généraux de la sécurité routière. Déjà, a-t-il ajouté, l’Agence de gestion des routes (Ageroute) est une réalité. Le phénomène de la corruption est concerné par la série d’Etats généraux réfléchis par ATT, selon qui une commission a été créée à cet effet et qui a à sa tête l’ancien Premier ministre Modibo Kéita.

Pour repenser et moraliser les marchés publics, l’Autorité de régulation des marchés publics et de délégations des services publics, rattachée à la Primature a vu le jour.

Selon le chef de l’Etat, cette structure aura pour mission d’examiner les recours des citoyens qui se sentent lésés dans l’attribution d’un marché.

L’innovation sera l’obligation faite à la direction générale des marchés publics (DGMP), de publier les résultats d’un marché par voie de presse. La relecture des textes de la DGMP permettra aussi la transparence, a-t-il promis.

Fermeté et dialogue au nord

S’agissant de la crise du Nord, ATT s’est montré à la fois pour la fermeté en choisissant d’attaquer les bases rebelles et en même temps pour le dialogue. C’est dans cette logique de fermeté que l’armée a, à l’en croire, a détruit les bases de Bahanga la semaine dernière en ravageant ses lieux de ravitaillement en hydrocarbures.

« Si tu attaques, on attaque », a-il martelé. Aussi, a-t-il précisé, les changements intervenus au sein de l’armée et à la tête des états-majors n’ont rien à voir avec la rébellion au nord. Il a fait comprendre que la dégradation économique de la région de Kidal est due à l’insécurité.

Toutefois, le chef de l’Etat s’est porté en faux contre les alibis de Bahanga dans la rupture de la trêve. Selon le chef rebelle, le gouvernement malien a refusé d’exécuter l’Accord d’Alger. « Sur les 18 tâches, 15 sont accomplies et les 3 trois autres sont en cours d’application », a affirmé ATT.

Et d’ajouter que « nous avons comme souhait l’application de l’Accord d’Alger. Si tu n’es pas dans ces accords, on te considère comme bandit ».

Pour ce qui est de la question des réfugiés touaregs maliens au Burkina Faso, le président de la République dit n’avoir pas connaissance de Touaregs partis en exode des suites d’exactions ou d’agressions militaires. « Ceux qui nous attaquent dans les montagnes ont leurs familles à Kidal.

La plupart de nos unités militaires sont commandées par des militaires touaregs », a ajouté le président de la République tout en parlant d’instrumentalisation de cette affaire de réfugiés touaregs.

La conférence de presse de quatre heures s’est déroulée en présence du Premier ministre Modibo Sidibé, des ministres de la Protection civile et de la Sécurité intérieure, de l’Administration territoriale, de la Communication, des Relations avec les Institutions, porte-parole du gouvernement et des membres du
cabinet présidentiel.


Abdrahamane Dicko

10 Juin 2008