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Dominé par la cherté de la vie, la crise scolaire et la rébellion au nord, le bilan de l’an I du dernier quinquennat d’ATT, pour des citadins, laisse à désirer pour ne pas dire négatif. Réactions.

Birama Koné (employé de commerce) : « Il parle trop »
« Le début du deuxième mandat d’ATT est nul. On a faim, on a soif. Il parle trop mais ne tient plus le pays. Nous sommes maintenant vaccinés et on ne peut plus nous gaver de paroles seulement. ATT doit tout faire pour réduire les prix des denrées de première nécessité et le coût de l’eau et l’électricité. On l’a élu pour ça ».

Maïmouna Doumbia (vendeuse) : « ATT, je vais être divorcée ! »
« Dites à ATT que je vais être divorcée à cause de la cherté de la vie. Cette situation est aujourd’hui à la base de beaucoup de divorces, j’en serai bientôt une victime. Je ne m’entends plus avec mon mari qui ne parvient plus à me nourrir (pleurs).

Je suis obligée de me promener avec de petites marchandises qui ne s’achètent pas. Pour que le pays puisse sortir de cette crise, on doit créer des emplois. On doit donner de l’emploi aux femmes pour qu’elles puissent aider leurs maris. S’il y a moins de chômeurs (l’homme travaille, la femme travaille), il y aura moins de problème dans les familles ».


Oumar Coulibaly (mécanicien)
: « Une première année négative »
« On ne peut pas dire que le bilan de cette première année du second mandat d’ATT est positif. Il y a de problèmes partout. Les prix des céréales ne cessent d’augmenter malgré les efforts des pouvoirs publics. L’école va très mal. Tout est lié à l’école et à la nourriture. Or, quand ces deux secteurs se portent bien, les gens oublient les autres problèmes ».

Mahamadou Maïga (boutiquier) : « Un mandat difficile »
« On prie Dieu pour que qu’il amoindrisse les problèmes sinon ça ne va pas. Les prix augmentent chaque jour. Nous sommes tout le temps accusés par les clients. Ils pensent que c’est de notre faute. Parlons franchement, ce mandat est accompagné de difficultés ».

Neketi Sinayogo (étudiant) : « Il faut que ça change »
« Le bilan n’est pas pour le moment acceptable. C’est un mandat qui débute mal avec la crise scolaire et la rébellion au nord. Si ça continue ainsi, ATT ne satisfera pas ses concitoyens ».

Kassim Thiéro (entrepreneur) : « ATT est un travailleur »
« En réalité, ATT est un travailleur. Il a l’amour de ce pays mais il n’a pas de personnalité. Un chef d’Etat n’est pas n’importe qui. Il doit se faire respecter. Si les Maliens ne prennent plus ATT au sérieux, c’est parce qu’il parle trop. Il doit plutôt agir, serrer la vis, sanctionner les fautifs au lieu de s’adonner à la parole qui ne mène nulle part ».


Fatoumata Sangaré (étudiante) :
« Au Mali, c’est pire »
« Vie chère, rébellion au nord et crise scolaire, ce deuxième mandat d’ATT ne peut qu’être médiocre. C’est vrai qu’il y a des problèmes partout dans le monde, mais au Mali il y a pire. Les Maliens sont seulement endurants sinon la vie n’est pas du tout facile dans notre pays ».

Propos recueillis par

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

10 Juin 2008