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Après avoir formé un groupe parlementaire avec le Parti SADI, l’ADP-Maliba n’entend pas s’arrêter à mi chemin dans le débauchage des députés. Il se lance désormais à la recherche de la majorité parlementaire pour se tailler un pagne national d’ici la présidentielle de 2018 et éventuellement présenter un candidat à cette élection.

L’appétit vient en mangeant, dit un adage. Depuis le débauchage de quatre (04) députés du RPM (parti au pouvoir) et un de l’URD (parti du chef de file de l’opposition), l’ADP-Maliba voit désormais grand et donne du fil à retordre aux responsables des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale.
Ce jeune parti, né à la veille de l’élection présidentielle de 2013, n’attend plus jouer le second rôle dans l’hémicycle. Il se serait lancé, avec en mains 2 milliards de nos francs pour priver le Rassemblement Pour la Mali (RPM) de la majorité parlementaire à Bagadadji.

Et le premier travail de cette offensive a consisté à faire démissionner cinq (05) députés de leur formation politique respective. Ces départs enregistrés au sein du parti du président de la République (IBK) et du chef de file de l’opposition (Soumaïla Cissé), aux dires de certains analystes politiques, ont été sentis comme des secousses telluriques dans les directions politiques des autres formations. Ils pensent que les élus nationaux d’aucun parti politique n’est à l’abri du débauchage sur fond de propositions alléchantes.

On apprend que les responsables de l’ADP-Maliba sont conscients que la tâche sera désormais rude pour faire démissionner des députés de leur parti. Mais en plus de l’argent, ils compteraient sur d’autres réseaux pour débaucher le maximum de députés afin de réduire à néant le RPM dans l’Assemblée nationale.

L’ADP et ses militants reprochent à ce parti dont ils furent les premiers soutiens à son candidat à la présidentielle de 2013 de ne pas respecter la volonté du peuple à savoir le changement sans lequel aucun développement véritable n’est possible. Mais aussi de n’accorder aucune considération aux autres partis qui composent la majorité présidentielle.
On se rappelle que l’ADP-Maliba a claqué avec fracas la porte de cette mouvance présidentielle il y a de cela quelques mois. Il reste à savoir si l’argent peut tout régler. Attendons de voir.

Yoro Sow

L’Inter de Bamako du 24 Ocobre 2016