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La mouvance présidentielle connaît quelques turbulences. Une de ses composantes, AMRE-ATT, vit une fausse querelle et polémique à propos de sa fusion avec le PASJ. Alors que ses membres fondateurs sont résolus à mener le combat du PDES avec les Abeilles, une dissidence s’entête, contre la volonté générale, à ressusciter l’association.

Le 5 juin 2008, AMRE-ATT (Association malienne de reconnaissance à Amadou Toumani Touré), décidait de joindre ses forces à celles de l’Adema PASJ.

Cette décision procédait de la volonté de ses membres fondateurs qui ont éprouvé ainsi le désir de dépasser la vie associative pour s’impliquer plus activement dans la lutte politique. En effet, AMRE-ATT était une association qui avait été créée dans le seul but de contribuer à la réélection d’ATT pour un deuxième mandat.

Depuis, ses membres fondateurs, de jeunes diplômés, ont mûri. Les missions qu’ils viennent de s’assigner consistent à soutenir la mise en œuvre du PDES (Projet de développement économique et social) d’ATT.

Le choix du PASJ (Parti africain pour la solidarité et la justice) s’explique par l’importance politique et les choix stratégiques de ce parti, selon le président fondateur d’AMRE, Idrissa Seydou Maïga, Première force politique, disposant de la majorité parlementaire, membre de l’Alliance pour la démocratie et le progrès, l’Adema s’est depuis longtemps prononcée pour un soutien politique ferme à ATT.

Aujourd’hui, le pays est confronté à de très graves crises issues d’un contexte international, crises dont la résolution requiert la mobilisation et la solidarité de tous ceux qui ont souscrit au projet de société présidentiel. Les jeunes d’AMRE l’ont si bien compris qu’ils ont tenu à l’affirmer solennellement. « L’union fait la force.

L’unité d’action est la seule garantie de la réalisation de grandes œuvres de consolidation de la démocratie et du développement ». C’est fort de ces idéaux patriotiques et nobles que le groupe de jeunes a décidé, en assemblée générale, de fusionner avec le PASJ. Une décision prise donc en assemblée générale, comme l’atteste le procès verbal, et exprimée à l’unanimité des membres présents à ces assises. Une décision qui a eu l’adhésion et l’assentiment des 80 membres du bureau national de coordination.

Il est vrai qu’avant même cette décision officielle de fusionner avec le PASJ, plusieurs coordinations régionales avaient déjà brûlé l’étape. Ainsi à Koulikoro, Ségou et Gao, les membres actifs de AMRE avaient rejoint les rangs de l’Adema, précédant ainsi la décision officielle du bureau national, et manifestant leur volonté de dépasser le stade associatif. Le président de l’association, Idrissa Seydou Maïga, ne pouvait plus que se plier à la volonté générale.

Cela, d’autant plus que le mouvement des jeunes conduit par Abdoulaye Sangaré, et celui des femmes dirigé par Mme Sira Doumbia, avaient eux aussi exprimé la volonté de leurs structures respectives de militer au sein d’un grand parti, notamment l’Adema. La cérémonie du 5 juin n’était donc que l’aboutissement logique et naturel d’un processus enclenché par une vision commune et générale.

D’où, la stupéfaction causée par une assemblée générale extraordinaire organisée en catimini le 26 juillet dernier pour ressusciter AMRE.

En réalité, ces assises seraient le fait de la tendance la moins représentative de l’association. Une tendance qui serait composée des membres radiés par le bureau national, en raison de leur non respect des statuts et règlement intérieur de l’association. Ils ont à leur tête un certain Mohomodou Bassirou Maïga, précédemment président d’honneur d’AMRE, désormais autoproclamé président actif.

La tenue même de cette assemblée générale, même extraordinaire, suscite des interrogations. Comment un simple président d’honneur (donc qui n’est pas membre actif) peut-il convoquer une assemblée générale, prérogative qui revient au seul président actif ? De surcroît, ledit président d’honneur aurait, depuis longtemps, été radié par le bureau national après approbation de l’assemblée générale pour injures à l’endroit du président actif.

C’est précisément depuis cet incident que le torchon brûle entre les deux hommes. Mohomoudou B Maïga était opposé à la fusion avec l’Adema. Ses raisons ? Parce qu’il a été vidé de son fauteuil de directeur administratif et financier du ministère du développement social, de la solidarité et des personnes âgées par l’actuel ministre Adema Sekou Diakité, il en voudrait à mort à ce parti.

En définitive, tout laisse à croire que la réticence de Bassirou d’aller avec le PASJ contre la volonté générale, ne s’explique que par des raisons personnelles et individuelles.

Il trouve en AMRE un refuge où s’agiter au nom du président de la République. Pendant ce temps, les véritables initiateurs de cette association sont descendus dans l’arène politique. Et cela semble payant car, à l’approche des élections communales, les jeunes sont en train de se positionner dans les comités et sous-sections de l’Adéma.


CHEICKNA TANDINA

31 Juillet 2008