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Les élections générales prévues dans moins de trois semaines au Zimbabwe se tiendront dans un climat de restriction des libertés politiques, souligne vendredi un rapport d’Amnesty International. L’ONG en appelle aux observateurs étrangers, notamment africains déjà sur place, pour qu’ils ne surveillent pas seulement les seuls bureaux de vote ou leurs abords car c’est très souvent en dehors de ce périmètre qu’on lieu les plus graves fraudes et violences, et qu’ils vérifient aussi si les électeurs ont été intimidés ou victimes de pressions. Amnesty liste les nombreuses occasions en lesquelles des responsables sécuritaires ont publiquement dénigré le Premier ministre Morgan Tsvangirai, présenté comme le cheval de Troie des intérêts économiques occidentaux, ou ont attaqué les organisations de la société civile, accusées de vouloir renverser le régime. Au passage, Amnesty laisse entrevoir la possibilité que la situation dégénère davantage qu’en 2008, malgré les quatre années de répit apporté par la formation d’un gouvernement d’union nationale associant MM. Mugabe et Tsvangirai. « Alors qu’en 2008, la majorité des violations des droits de l’homme ont été attribuées aux services de sécurité en complicité avec les sympathisants locaux de la Zanu-PF (le parti présidentiel), la situation pourrait changer en 2013 si la police échoue ou refuse de protéger les sympathisants des autres partis contre les agressions de la ZANU-PF », estime Amnesty. En effet, malgré les appels au sommet de MM. Mugabe ou Tsvangirai à rejeter la violence, dans chaque camp les militants ont été appelés à un échelon inférieur à ne pas hésiter à se défendre en cas d’agression ou de provocation…AFP.