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Des personnes blessées, enlevées, assassinées dans le Nord du Mali, atteintes à la liberté d’expression au Mali, telle est le bilan du rapport annuel d’Amnesty International-Mali présenté hier mercredi 28 mai 2008 à l’hôtel Sofitel Amitié de Bamako à l’occasion de la 60ème anniversaire des Droits de l’Homme.

Le rapport a été présenté par Makan Koné, président de Amnesty International-Mali et M. Mamadou Diarra en était le modérateur. C’était en présence de M. Saloum D. Traoré, Directeur Exécutif de Amnesty-Mali.

Amnesty International Mali denonce

De ce fait, selon le rapport de l’année 2008 qui reflète période de la réélection du président de la République ATT, Amnesty International a fustigé les atteintes à la liberté d’expression en juilllet 2007 qui ont suscité l’arrestation d’un enseignant et cinq journalistes dont le contexte incriminé évoquait la maîtresse et un président imaginaire.

Dans ce rapport, Amnesty International dénonce également les troubles au Nord du pays avec ses corollaires de tueries, de blessés et des enlèvements massifs.

Cependant, Amnesty International félicite le gouvernement pour l’adoption du projet de loi en matière de terrorisme prévoyant la peine de mort pour les personnes reconnues coupables de certaines infractions dans ce domaine.

Par ailleurs, dans son discours, du rapport de la circonstance, le président de Amnesty International-Mali, Makan Koné, a adressé ses sincères remerciements à l’endroit de la presse pour son rôle de la défense de droits de l’homme.

Un document de 464 pages

Selon lui, le rapport 2008 est un document de 464 pages, il rend compte de façon sommaire de la situation des droits humains dans 150 pays et territoires et couvre la période allant de janvier à décembre 2007. Il donne à voir un monde déchiré par les inégalités, les discriminations et la répression politique.

L’orateur affirme qu’à l’occasion de la célébration du soixantième anniversaire des droits de l’homme, force est de constater que dans toutes les régions du monde, des atteintes aux droits humains sont commises impunément, des gens sont torturés et tués pour leurs convictions, des femmes privées des soins les plus élémentaires meurent en couches, des communautés entières se trouvent sans toît parce que des gouvernements impitoyables veulent exploiter leurs terres.

Cependant, le président de Amnesty International n’a pas manqué de signaler certaines avancées notoires des droits de l’homme.

Le système de défense des droits de la personne en Afrique s’est étoffé au fil des décennies grâce à la mise en place au niveau régional d’institutions de protection des droits fondamentaux et à l’adoption de différents traités dans ce domaine, comme par exemple la charte africaine des droits de l’homme et des peuples (1981) entrée en vigueur en 1986”, a-t-il confirmé.

Des mesures d’encouragement

Selon ce même rapport du président de Amnesty International, l’année 2007 a été marquée par un certain nombre de mesures d’encouragement concernant l’évolution de la peine de mort, ce qui vient confirmer le fait que les Etats Africains sont de plus en plus nombreux à devenir abolitionnistes de droit ou de fait.

Partant de là, le Rwanda a aboli la peine de mort en juillet, le Gabon a annoncé en septembre son intention de le faire, si le parlement se prononçait dans ce sens. Dans plusieurs pays, les condamnations à mort ont été commuées en réclusion à perpétuité, notamment au Congo, au Ghana et en Zambie.

Enfin, en décembre l’assemblée générale des Nations Unies a voté une résolution appelant à un moratoire sur l’application de la peine de mort : 17 Etats africains se sont prononcés en faveur du moratoire et 20 se sont abstenus.

La présentation de ce rapport a été suivie par des contributions et questions relatives aux droits de l’homme.


Ousmane BERTHE (Stagiaire)

30 Mai 2008