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Le mercredi 28 Mai 2008, Amnesty International-Mali, à travers une conférence de presse organisée à l’hôtel Sofitel, a présenté son Rapport Annuel 2008, en présence des responsables de l’organisation, dont le président Makan Koné et le directeur exécutif, Saloum D. Traoré.

Amnesty International a jugé utile de réserver la primeur dudit Rapport à la Presse pour faire connaître sa vision d’un monde où chacun peut se prévaloir de tous les droits énoncés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et dans d’autres instruments internationaux relatifs aux droits humains, et sa mission qui consiste à effectuer des recherches et mener des actions pour prévenir et faire cesser les graves atteintes aux droits humains, quels qu’ils soient.

Présentation du Rapport

Le Rapport annuel 2008 est un document de 464 pages qui rend compte, de façon sommaire, de la situation des droits humains dans 50 pays et territoires, et couvre la période allant de Janvier à Décembre 2007. Il fait état d’un monde déchiré par les inégalités, les discriminations et la répression politique.

La principale partie de l’ouvrage est une étude de la situation des droits humains, pays par pays, de l’Afghanistan au Zimbabwe. Chaque entrée commence par un résumé de l’état des droits humains, dans le pays traité. Elle expose ensuite les préoccupations d’Amnesty International sur un certain nombre de questions, en citant des cas concrets individuels, au besoin.

Puis elle précise quand l’organisation s’est rendue dans le pays. Le cas échéant, elle dresse une liste de quelques-uns des principaux documents qu’elle a produits pour ce pays, au cours de l’année.

Situation des droits humains dans le monde

En cette veille de la célébration du soixantième anniversaire des droits de l’homme, force est de constater que dans toutes les régions du monde, des atteintes aux droits humains sont commises impunément. Des personnes sont torturées et tuées pour leurs convictions; des femmes privées des soins les plus élémentaires meurent en couche; des communautés entières se retrouvent sans toit, parce que des gouvernements impitoyables veulent exploiter leurs terres.

Malgré tout, le monde a lentement commencé à faire sienne la cause des droits humains et à en percevoir tout le potentiel. De nombreux pays d’Afrique sub-saharienne comptent désormais avec des sociétés civiles dynamiques et des médias indépendants et diversifiés.

Le système de défense des droits de la personne en Afrique s’est étoffé au fil des décennies, grâce à la mise en place, au niveau régional, d’institutions de protection des droits fondamentaux et à l’adoption de différents traités dans ce domaine, comme par exemple, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (1981), entrée en vigueur en 1986.

Il convient de citer également la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, comme institution africaine de défense des droits humains, qui vient d’ailleurs de fêter son vingtième anniversaire en 2007. Cette dynamique s’est concrétisée par la création de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.

Cependant, la Commission reste confrontée à des obstacles d’ordre financier ou politique. Faute d’un financement approprié de la part de l’Union, elle dépendait de soutiens extérieurs pour subvenir à une partie de ses besoins; et de nombreux Etats membres se sont révélés peu désireux d’accueillir ses conférences.

L’année 2007 a été marquée par un certain nombre de mesures encourageantes concernant l’évolution de la peine de mort. Ce qui vient confirmer le fait que les Etats africains sont de plus de plus nombreux à devenir abolitionnistes de droit ou de fait. Si la sentence capitale demeurait en vigueur dans plusieurs pays, les exécutions n’ont pas été nombreuses.

Le Rwanda a aboli la peine de mort en Juillet. Le Gabon a annoncé son intention de faire de même en Septembre, si le Parlement se prononçait dans ce sens.

En Octobre, le Mali a soumis, au Parlement, un projet de loi relatif à l’abolition de la sentence capitale. Dans plusieurs pays, les condamnations à mort ont été commuées en peines de réclusion à perpétuité, notamment au Congo, au Ghana et en Zambie.

En Décembre, l’Assemblée Générale des Nations Unies a voté une résolution appelant à un moratoire sur l’application de la peine de mort : 17 Etats africains se sont prononcés en faveur du moratoire, et 20 s’en sont abstenus. Des exécutions ont cependant eu lieu en Ethiopie, en Guinée Equatoriale, en Somalie et au Soudan. En Ouganda, des tribunaux militaires ont ordonné l’exécution de soldats.

Néanmoins, le Président d’Amnesty International-Mali a précisé que pas plus que les précédents Rapports, ce Rapport 2008 ne procède à aucun classement des pays en matière de droits humains.

Il réflète plutôt l’approche d’Amnesty International qui, pour lutter contre les atteintes aux droits humains, examine les problèmes qui se posent et les possibilités de changement, dans un pays ou une région donnée.“Le fait qu’un pays soit absent dans ce Rapport ne signifie pas qu’aucune atteinte aux droits humains n’y a été commise”, a-t-il conclu.


Moussa TOURE

30 Mai 2008