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L’armée sud-soudanaise et ses milices alliées se sont livrées à de nouvelles atrocités d’une « brutalité ahurissante » contre des civils lors d’une offensive menée d’avril à début juillet dans le nord de ce pays en guerre civile, a déclaré Amnesty International dans un rapport publié mercredi. Dans ce document intitulé « Tout ce qui respirait était tué: des crimes de guerre à Leer et Mayendit », l’ONG a compilé les témoignages de quelque 100 survivants, qui font état de civils tués aveuglément, pendus à des arbres et « écrasés par des véhicules blindés », mais aussi de viols, enlèvements et pillages. L’offensive contre cette zone de l’Etat d’Unité (nord) tenue par les rebelles a débuté fin avril et a duré jusque début juillet, soit une semaine après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu ayant précédé la signature le 12 septembre du dernier accord de paix en date – les précédents s’étant soldés par des échecs. Le déferlement de violence qui s’est abattu sur les régions de Leer et Mayendit est un nouvel exemple des atrocités à caractère ethnique commises durant le conflit sud-soudanais, débuté fin 2013 deux ans et demi après l’indépendance et qui a fait des dizaines de milliers de morts et poussé des millions de Sud-soudanais à fuir leurs foyers. Les témoins cités par Amnesty International rapportent notamment l’usage de véhicules amphibies pour poursuivre les civils fuyant dans les marais et des tirs à l’aveugle dans les hautes herbes. Ils assurent également que les soldats, de l’ethnie dinka, celle du président Salva Kiir, rassemblaient des civils dans des habitations pour ensuite y mettre le feu. »Il y avait aussi cinq enfants qu’ils ont frappés en les balançant contre un arbre, ils avaient deux ou trois ans. Ils ne veulent pas que les garçons vivent car ils savent qu’ils grandiront et deviendront des soldats », a raconté Nyaweke, 20 ans, citée dans le communiqué, qui a par ailleurs vu des soldats tuer son père.AFP