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Détenteur du Tamani d’Or le consacrant « Meilleur artiste 2007 », de son vrai nom Issiaka Bâ, Amkoullel se décline comme un artiste musicien, à la fois interprète et producteur. Il s’autoproduit, tout simplement.

Mais tout le monde sait que rare sont les artistes qui vivent de leur création et notre vedette du jour ne fait malheureusement pas exception à cette règle. Amkoullel a donc travaillé un temps à Mali K7 en tant que Directeur commercial chargé de communication et de promotion des artistes avant de créer le Farafina Club en octobre 2007. C’est une école de danse urbaine, première du genre au Mali. Sise à Faladiè, rue du gouverneur, cet établissement atypique, offre deux grandes salles aux professeurs pour encadrer des groupes d’élèves, dans des variantes comme le ragga, le hip-hop, la danse africaine contemporaine (j’aimerai bien qu’on me la définisse 😉 ). Travaillant également dans l’événementiel, Amkoullel place ses élèves au sein de ballets et autres groupes.

Les premières armes

En 1993, il se produit sur scène sous le nom de DJ FLOW et écrit son premier morceau, « Rail Da » qui aura déjà un certain succès. A l’époque, notre artiste était bien jeune !

Il intégrera le groupe Smooth mover en 1996 avant de décider de s’appeler Amkoullel, l’enfant Peul l’année suivante.

Après un an passé à étudier le Droit à l’ENA, actuelle FSJE, le jeune homme s’inscrit à Paris 8 (en France) pour continuer des études qu’il abandonnera en 3eme année. La musique ayant toujours joué un rôle primordial sans son existence, Amkoullel, non sans avoir pris le temps de réfléchir, décide de se consacrer tout entier à sa passion.

L’examen de fin d’année ? A quoi bon ! Il en sait suffisamment pour lui permettre de comprendre ses futurs contrats et même de les rédiger ! Il n’a pas besoin de plus puisqu’il ne se voit pas du tout embrasser une carrière de juriste et fermer la porte au côté créatif qui fait l’essence même de sa personne. Faire de la musique en amateur ? Jamais !

A son arrivée à Paris, Amkoullel avait noué certains contacts dans le milieu du rap et rejoint un collectif avec lequel il répétait à Rambuteau, au quartier des Halles. Tout naturellement, il créa, avec un ami franco-palestinien du nom d’Alien-D, le groupe « Kouma Gueriya ». Vivre de leur art, reste un rêve. Une succession de petits boulots pour vivre (MacDo, Sécurité, Téléphonie). Beaucoup de compilations et de scènes, mais pas d’album. Une aventure qui a duré trois ans. Mais une amitié qui perdure puisque le dernier né de notre rappeur, WAATI SERA , a été enregistré dans le studio d’Alien-D, PHS.

Existe-t-il un rap propre aux Africains ? Nos rappeurs ne font-ils pas que copier les Américains Noirs ? Ce n’est pas l’avis d’Amkoullel.

« C’est un courant musical jeune. Il est normal que l’on imite le style des personnes qui nous inspirent. Mais les précurseurs du rap africain sont actuellement quadragénaires. Ils ont donc gagné en maturité. Prenons l’exemple d’AWADI, au Sénégal ; il ne singe pas le style des américains Noirs. Il a créé le sien propre, imprégné de sa culture et de l’histoire de son continent. »

Notre rappeur nous rappelle d’ailleurs que lui-même donne sa coloration au rap. Hormis les instruments traditionnels qu’il incorpore, son style vestimentaire est très local : il s’habille souvent en costume Peul lors de ses concerts.

Pourquoi ce choix du Rap comme mode d’expression ?

« Rien de mieux pour exprimer le ras-le-bol général. Et cette similitude avec l’art du Djély en fait un mode d’expression tout à fait adéquat. »


Pourquoi est-ce que les rappeurs maliens ont-ils si peu de visibilité en dehors de nos frontières ?


« C’est triste à dire mais nous devons cela à l’absence totale d’industrie du disque. A l’inexistence de structures autour de l’artiste. Le milieu souffre du manque de professionnalisme. »

Amkoullel s’est soumis aux questions ayant attrait à notre actualité.

Le problème au Nord de notre pays : « L’Etat est là pour régler ce genre de problème. Il doit prendre ses responsabilités. »

Dans cette petite vidéo, il nous donne ses impressions par rapport au coût de la vie, excessif ces derniers temps pour les Maliens. Suivi d’un petit live a cappella. A écouter !!

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Discographie (piqué sur son site):

1er album sorti en 2002 intitulé «  In Faculté  »

2ème album en 2003 intitulé : «  Surafin  »

3ème album en 2007 intitulé : «  Waati Sera « .

Afribone Mali SA

06 juin 2008