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A l’occasion de la Fête Internationale du Travail, la CSTM (Confédération syndicale des Travailleurs du Mali) a organisé, le 1er mai 2008, un défilé-parade impressionnant à la place ‘’Promenade des Angevins ». La cérémonie était présidée par le Ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle. Il était entouré de plusieurs membres du gouvernement, du Secrétaire général de la CSTM, Hammadoun Amion Guindo et des autorités politiques et administratives de la Commune II.

Tôt dans la matinée, les populations de la commune II avaient pris d’assaut la ‘’Place des Angevins » pour la célébration de la fête du travail, une première dans la commune. Aussi, dans son discours de bienvenue, le Coordinateur des chefs des familles fondatrices de la commune II, Bassidi Touré, s’est réjoui de la décision d’organiser la fête du travail dans sa commune qu’il a qualifiée de «mère de toutes les communes du district de Bamako».

Pour sa part, le représentant du maire de la Commune II, Bani Touré, a fustigé la flambée des prix, l’injustice et la corruption dans les services avant de demander l’amélioration des conditions de vie des travailleurs.

Les manifestations commémorant la fête du travail se sont donc ouvertes sur un défilé impressionnant, d’une heure d’horloge, de tous les syndicats affiliés à la CSTM.

Dans son discours, le Secrétaire général de CSTM a, tout d’abord, placé la présente Fête du travail sous l’angle d’une décennie d’engagement syndical, de lutte contre les violations des droits syndicaux, l’exclusion et la vie chère. Il a, ensuite, survolé ce qu’il appelle l’enfantement difficile de son Syndicat. Il a, à cet effet, déclaré que «la Confédération des syndicats des travailleurs du Mali est née dans la douleur, elle n’était pas la bienvenue dans l’arène sociale.

Les initiateurs, ses membres fondateurs, croyaient surtout en la liberté, la démocratie au nom desquelles le peuple malien a fait d’énormes sacrifices». Hamadoun Amion Guindo est revenu sur les déboires qu’a connus la CSTM à la Bourse du travail et au Centre Islamique d’Hamdalaye.

Avant de déclarer que «La Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali continue de subir des injustices à l’endroit de ses militantes et militants. Autant dans le public que dans le privé, les travailleurs sont menacés, mutés ou licenciés parce qu’ils ont choisi d’être de la CSTM.

Aujourd’hui encore, des violations existent telles que l’exclusion de la CSTM de tous les commissions et organisme partenaires tripartites en faveur de notre consoeur UNTM, le non-respect des arrêtés de justice, dans un pays qui se dit de droit et de bonne gouvernance, le non-respect des engagements pris, sources de tous les conflits et le manque de cadre réel de dialogue social».

Cependant, Hammadoun Amion Guindo relèvera quelques avancées comme l’octroi d’un siège à la CSTM, la création d’un cadre de négociation gouvernementale CSTM-CNPM, l’implication de la CSTM à la définition, l’élaboration, l’adoption et la mise en œuvre de certaines politiques nationales, l’implication de la CSTM dans les délégations tripartites aux niveaux africain et international.

Et, au terme du dernier préavis, des accords relatifs à la régularisation définitive de la grille en ses catégories B1 et B2 des agents de l’Etat, la relecture des bulletins de notation modèle E, l’augmentation des primes…

S’adressant au ministre de l’Emploi et de le formation professionnelle, le Secrétaire général de la CSTM a déploré la non-application de la convention des centres de santé communautaires, la finalisation de la convention de l’enseignement privé catholique, la non-relecture de la convention fédérale du commerce, la non-reprise des travailleurs abusivement licenciés de MALITEL et le refus de l’augmentation des salaires de 16%.

Parlant de la situation actuelle du pays, l’orateur a déclaré que la CSTM avait dénoncé les accords d’Alger. C’était en juillet 2006. «Nous avons, en son temps, été qualifiés de va-t-en guerre ou d’apatrides. N’ayant pas pris des mesures idoines, nous payons aujourd’hui cher une autre forme de guerre. Les bandits armés, les militaires déserteurs et autres apatrides et leurs complices doivent être démasqués poursuivis et châtiés conformément à la loi».

Quant à l’école malienne, Hammadoun Amion Guindo a soutenu que «la haute responsabilité des autorités est de tout mettre en œuvre pour extraire le mal qui gangrène notre école. Pour ce faire, il faut impérativement sortir l’école des champs d’expérimentation, des innovations pédagogiques futiles, des approches pédagogiques jamais évaluées et rompre définitivement avec la contractualisation en intégrant les enseignants contractuels dans la fonction publique».

Actualité oblige, l’orateur n’a pas manqué d’évoquer la vie chère. Aussi, a-t-il déclaré qu’en mars 1991, le peuple malien, dont les valeurs humaines se traduisent toujours par l’abnégation, la patience et le don de soi dans les situations les plus critiques et même dramatiques, n’a pas hésité à prendre son destin, face à un contexte socio-politique et économique d’une extrême gravité.

Il y a juste une décennie, le citoyen malien, quel que soit le niveau de difficultés économiques dans notre pays, était à l’abri de la pénurie des denrées de première nécessités sur le marché, de l’absence de mécanisme de prévention et de gestion des situations de crise alimentaire. «Nous invitons donc les autorités à l’action concrète et positive qui est la seule alternative capable de ramener la confiance ébranlée» a-t-il conclu.


Pierre Fo’o MEDJO

02 Mai 2008