Partager

La problématique de la gestion des marchés tant dans le District de Bamako qu’à l’intérieur du pays pose le plus souvent d’énormes problèmes. C’est une situation qui met généralement aux prises les occupants des marchés et ceux qui sont chargés de leur gestion. Si ce n’est que les textes que les occupants vendeurs doivent payer, il n’y aurait aucun problème.

Mais, avec l’ouverture démocratique et la décentralisation qui sous tend les compétences dévolues aux mairies dans le cadre de la gestion des marchés, la situation va de mal en pis et elle interpelle les autorités du pays à plus d’un titre. Les conflits dans la gestion des marchés, en tout cas dans le District de Bamako sont nombreux. Ils mettent en évidence dès fois, le laxisme des élus communaux, allant parfois jusqu’à l‘étalage de la cupidité de certains.


Entre laxisme et indifférence

Mais, ce qui est regrettable dans cette situation, c’est l’indifférence, sinon la complicité de certains représentants de l’administration publique qui ne fait rien concrètement pour gérer ces questions en départageant les protagonistes. En effet, il y a beaucoup de problèmes relatifs aux marchés qui perdurent.

Il s’agit de situations explosives qui mettent en exergue les lacunes et insuffisance de la gestion communale et partant de celle des services administratifs de tutelle: Mairie du District de Bamako, Gouvernorat du District de Bamako en ce qui concerne les cas spécifiques des quartiers de Bamako.

Le plus souvent la tension monte au moment où les autorités communales envisagent de reconstruire ou d’aménager les marchés. Cela donne lieu d’habitude à beaucoup de gymnastiques de la part des élus communaux qui sont eux mêmes à l’origine des supercheries et magouilles de toutes sortes de nature à rendre méfiants les bénéficiaires des ouvrages.


Des exemples

Logiquement personne ne serait contre le fait qu’on rende sont lieu de travail plus confortable, propre et attrayant pour les clients. Mais, que les vendeurs dans les marchés, organisés en association pour défendre leurs intérêts montent toujours sur le créneau pour fustiger les actes que la mairie a programmés de poser ou s’y opposer n’est pas fortuit.

En effet, c’est la confiance qui doit régner entre les occupants des marchés et les élus communaux. On se rappelle qu’il y a quelques années, l’aménagement du marché de Fadjiguila avait suscité des remous du côté des occupants et à raison quand on sait que le marché, une fois aménagé, ne permet plus de prendre en compte tous les occupants habituels.

Mais les gens redoutent surtout l’affairisme des maires qui consiste à rayer le nom de certains occupants pour installer d’autres personnes plus proches. Ça c’est dans le meilleur des cas.

Le cas du marche Bomboli

Le cas du marché Bomboli de Niaréla n’est pas en reste des problèmes. D’ailleurs il a pris l’allure d’un feuilleton interminable devenu ennuyeux, parfois révoltent? Pourquoi la situation perdure-t-elle? Se demande-t-on parmi les habitants du quartier.

En tout cas, les occupants sont méfiants

cela est compréhensible quand on sait qu’ils ne sont pas au même niveau d’information que les élus, qu’on accuse de vouloir déguerpir les lieux pour aménager une petite portion en libérant le reste de l’espace à ceux qui ont déjà payé depuis quelques années sans pour autant pouvoir y mettre la main.

Dans le cas du marché Bomboli, on ne cesse de se demander quel est le maire qui a vendu une partie à des hommes d’affaires ou en tout cas à des gens nantis. C’est sans doute avec l’aménagement de ce marché que l’on sera bien situé sur ses tenants et aboutissants. Mais d’ores et déjà, les vendeurs estiment que les élus communaux étant en fin de mandat, moins de trois mois, ne doivent rien entreprendre de ce genre maintenant. Certes, la gestion est une continuité, mais ils pensent que ce n’est pas le moment d’aménager le marché. N’ont-ils pas raison?


Les conséquences de l’aménagement des marches

Les premiers occupants des marchés sont hostiles à l’aménagement de leur lieu d’activité et cela n’est pas fortuit. En effet, dans certains cas, tous ne retrouvent pas de place après que les marchés eurent été reconstruits. Dans certains cas, ce n’est pas tout l’espace qui est aménagé au profit d’eux, mais une petite partie et le reste est utilisé à d’autres fins.

Au-delà de cet aspect, il y a le fait que les marchés une fois reconstruits, les magasins reviennent excessivement chers pour ceux qui doivent en être les premiers bénéficiaires. Leurs revenus ne leur permettent pas de faire face aux nouvelles charges mensuelles. D’où leur réticence face à toute idée de reconstruction de marché.

Par ailleurs, certains redoutent particulièrement un déguerpissement programmé qui ne dit pas son nom. Dans cette situation, il appartient surtout aux autorités de tutelle au niveau de l’administration d’assumer leur responsabilité et d’éviter que les élus communaux abusent des populations.

Moussa SOW

30 Janvier 2009