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Après l’hôtellerie, le programme d’investissements libyens au Mali entre dans sa phase active dans le domaine de l’agriculture. La société Malibya Agriculture et l’entreprise chinoise CGC viennent de signer un contrat dans le cadre de l’aménagement des 100 000 hectares dans la zone de l’Office du Niger, à Ségou, mis à la disposition de la Libye.

La cérémonie de signature du contrat a eu lieu le vendredi 31 octobre dernier à Laïco L’Amitié en présence du ministre de l’agriculture, Tiémoko Sangaré, de son homologue de l’environnement et de l’assainissement, Agathane Ag Alassane, du secrétaire du Bureau populaire de la Grande Jamahiriya libyenne au Mali, Dr Ali Mohamed Al Magouri, du directeur de Malibya, Abdjalil Youssef, du directeur de la LAP pour l’Afrique de l’ouest, Amadou Bani Kanté (conseiller technique à la présidence de la République) et du directeur général de CGC, Liu.

Le président de la République du Mali a une ambition claire et précise consacrée dans le Programme de développement économique et social : faire du Mali une puissance agricole. Le frère Guide de la Grande Jamahiriya libyenne, Mouammar Kadhafi, qui partage parfaitement cette vision, a décidé de l’aider à attendre cet objectif, à la seule condition d’avoir un cadre d’action.

Le gouvernement malien met alors à la disposition de la Libye 100 000 hectares dans la zone de l’Office du Niger à Ségou. Pour mettre en valeur cette large superficie, le gouvernement libyen crée une société dénommée Malibya Agriculture en vue de concrétiser les aspirations des deux dirigeants dans le domaine de l’autosuffisance alimentaire.

Pour l’exécution d’un tel projet, des aménagements et grands travaux sont d’abord nécessaires. C’est ainsi qu’un premier volet a été dégagé par Malibya Agriculture et le marché enlevé par l’entreprise chinoise CGC. La cérémonie de vendredi dernier consacrait la signature de contrat entre les deux parties.

Ce contrat, d’un montant de 55 millions de dollars US comprend l’agrandissement du canal d’approvisionnement d’eau de Boky-Wèrè d’une longueur de 40 km et le bitumage d’une route de 40 km pour désenclaver la zone. Le canal a une capacité de 6 milliards de m3 d’eau et l’ensemble des travaux de ce premier volet va générer environ 10 000 emplois.

Le projet de mise en valeur des 100 000 ha dans la zone Office du Niger est un projet multiforme basé sur l’agriculture, l’élevage et la pêche. Il est appelé à faire de l’Office du Niger le grenier de la sous-région, voire même de tous les pays membres de la CEN-SAD.

D’ailleurs, Malibya a mis en place, avec le Centre national chinois du riz hybride un projet de semence de cette variété de riz hybride dont les prévisions dépassent largement le rendement habituel à l’hectare (8 tonnes contre 4).

A la cérémonie de signature du contrat, Dr Ali Magouri a salué particulièrement Amadou Bani Kanté pour les gros efforts déployés pour la promotion des investissements libyens au Mali. Pour le secrétaire du Bureau populaire de la Grande Jamahiriya au Mali, ce projet agricole, hautement stratégique pour le Mali et la Libye, est un rêve qui est entrain de se réaliser pour répondre à l’ambition partagée de ATT et Kaddafi.

Il se dit convaincu que le projet aura un impact certain dans le développement socio-économique du Mali dans les domaines de l’emploi, l’autosuffisance et la sécurité alimentaires. C’est pourquoi, l’Ambassadeur de la Libye fonde beaucoup d’espoir sur ce projet qui renforcera la coopération entre les deux pays.

Pour le Pr Tiémoko Sangaré, le développement du Mali se fera avec l’agriculture, ou ne se fera pas du tout. C’est pourquoi, dit-il,  » le lancement de ce projet est important à plus d’un titre pour les plus hautes autorités du Mali, particulièrement le président de la République« .

Celui-ci, et son homologue libyen ont instruit aux ministres de l’agriculture des deux pays de s’employer afin de faire de l’agriculture le moteur du développement économique du Mali. Après plusieurs rencontres et séances de travail, Tiémoko Sangaré et son homologue libyen sont parvenus à une convention qui a abouti à la mise à la disposition de la Libye de 100 000 ha dans la zone Office du Niger. Depuis, Malibya a mis les bouchées doubles pour aboutir à la cérémonie du jour.

Quant au directeur de Malibya, il a retracé le chemin parcouru par sa société dans le cadre de l’exécution du projet : études techniques, cartes géographiques et topographiques, choix des différentes cultures etc.

Selon Abdjalil Youssef, l’importance du projet exige qu’il soit exécuté avec beaucoup de technicité. C’est pourquoi, il a été divisé en plusieurs séquences, et une bonne superficie est déjà prête pour le démarrage des travaux.

Le patron de Malibya affirme qu’un investissement agricole est avant tout populaire ; il n’a pas pour finalité la réalisation de profit, mais l’impact qu’il peut avoir sur la vie socio-économique des populations.
En plus de l’agriculture, le projet englobe des domaines et avantages aussi variés que les routes, les écoles, les centres de santé, l’emploi. D’où, l’appel de soutien que Youssef lance à l’endroit des autorités, des communautés et de toutes les structures impliquées dans le projet.


SEKOU TAMBOURA

03 Novembre 2008