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La bonne santé d’un service est liée au rendement des hommes qui l’animent, dit- on ! Après le scandale financier découvert par le contrôle d’Etat et d’autres missions de contrôle dans ses services, la chancellerie malienne d’Abidjan ne donnait plus l’exemple d’une bonne gestion au Ministère de tutelle. L’image du pays elle-même s’en trouvait écornée par les scandales à répétition. C’est pourquoi un changement radical s’imposait pour redorer le blason de notre Ambassade, jadis lieu de rencontre périodique des Ambassadeurs accrédités en Côte d’Ivoire.
La nomination de SEM Amadou Ousmane Touré, un juriste de formation, de surcroît, ancien Procureur de la République, ne répond-il pas à ce besoin de changement dont tout le monde appelait de son vœu ?

Six diplomates sur le départ

Ce serait au total six diplomates et neuf agents du personnel d’appui qui seraient concernés par la vague de départ. Selon des indiscrétions dans les couloirs de la chancellerie, une première liste, sur laquelle figurerait le nom de quatre diplomates, aurait déjà atterri sur le bureau du patron de la Chancellerie. Il s’agirait, entre autre de diplomates en fin de mission, et qui ont dû écourter leurs vacances au Mali pour regagner Abidjan, à savoir MM. Sidi Mody Sidibé, 2ème Conseiller de l’Ambassadeur, Bah Soumaila, Conseiller Consulaire, Mme Camara Mariétou Diarra, Conseiller Consulaire et M. Alassane Traoré, Chauffeur d’Ambassade. A cette liste, on parle également du départ prochain à la retraite du vice Consul Général d’Abidjan qui vient pourtant d’arriver. Vrai ou faux ? Le comptable de l’Ambassade, qui est actuellement objet de beaucoup de supputations, à cause de la gestion désastreuse qu’il aurait faite du contenu de ses caisses, est aussi cité parmi les partants. Ce dernier serait en ce moment même à Bamako pour justifier les énormes pertes d’argent constatées par les services de contrôle dans ses comptes.

Neuf agents du personnel d’appui seraient concernés

S’agissant des partants au sein du personnel d’appui, il y en aurait huit. Seraient concernés par la mesure, quatre agents considérés ici comme le décor de la Chancellerie, atteint par la limite d’âge, qui sont : MM. Cheick Coulibaly, ex- agent du protocole de l’Ambassade, Dramé Bandiougou également ancien chef du protocole de l’Ambassade, Mme Marguerite, standardiste de la chancellerie et Me Abdoulaye Coulibaly, conseiller juridique. Deux chauffeurs, à savoir Diallo Mémé, chauffeur du Consul Général et Cissé Banoumory, chauffeur du Premier Conseiller, iront eux aussi à la retraite bientôt. Trois gardiens de domiciles seraient aussi concernés par ce toilettage des services de l’Ambassade du Mali à Abidjan, qui, il faut le rappeler, coiffe les services consulaires d’ Abidjan.
Interrogé sur le départ à la retraite de certains de ses éléments, le président du comité syndical du personnel d’appui s’est dit surpris par la nouvelle. L’affaire prend la forme d’un secret de polichinelle, bien que la rumeur ait déjà fait le tour d’Abidjan.

L’Ambassade du Mali à Abidjan, un « gouffre financier » ?

Surnommée à tort ou à raison « gouffre à fonds », l’Ambassade du Mali à Abidjan a enregistré, entre 2006 et 2007, une dizaine de missions de contrôle d’Etat, pour cause de mauvaise gestion. En effet, cette réputation s’est bâtie sur certaines habitudes qui ont cours ici et qui font perdre à l’Etat malien des sommes colossales par an. Il s’agit tout d’abord de logements attribués aux diplomates nommés à Abidjan.
Sur le chapitre, il y a matière à épiloguer. Car, après l’acquisition de la grande résidence des Ambassadeurs, sous l’Ambassadeur Lassana Keita dans les années 90, deux autres résidences avaient été achetées par les autorités diplomatiques de l’époque, pour servir de logements aux conseillers et autres diplomates fraîchement nommés. Si la résidence des Ambassadeurs accueille tous les Ambassadeurs qui arrivent à Abidjan, c’est loin d’être le cas des deux autres résidences dont les Maliens de Cote d’Ivoire ignorent totalement l’existence. Pourtant, selon des indiscrétions, ces deux locaux sont toujours gardés par des gardiens payés par l’argent du contribuable. Les deux résidences en question viennent, fort heureusement de recevoir la visite du tout nouvel Ambassadeur qui aurait juré de remettre les choses en ordre. Le premier responsable de la chancellerie doit également résoudre l’équation de la résidence d’un autre conseiller, Mohamed Ag Bilal.

En effet, ce dernier était parmi les cinq diplomates rappelés à Bamako, il y a un an, par la tutelle. Malgré son départ avec toute sa famille au pays, la résidence reste étrangement occupée par les affaires de l’ex- conseiller consulaire. Ces frais de loyers inutiles et le salaire mensuel du gardien causent d’énormes préjudices aux contribuables maliens.
D’autre part, l’Etat ferait des économies si quelques uns de nos diplomates étaient logés sur l’Immeuble du Mali où quelques appartements accueillent des diplomates d’autres pays, dont l’actuel Premier Conseiller de l’Ambassade de Sénégal à Abidjan. Ce dernier précéda le Consul Général du Congo RDC à Abidjan.

De Gildas Correspondant du Républicain à Abidjan

16 septembre 2008