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Le plus jeune député de la nouvelle législature, l’honorable Amadou Thiam, élu sous les couleurs de l’ADP/Maliba en Commune V de Bamako explique ses projets, ses stratégies et son parcours. Selon lui, l’ADP/Maliba appartient à la majorité présidentielle et soutiendra IBK dans la reconstruction d’un Mali nouveau.

jpg_une-2530.jpgLes Echos : Vous êtes le plus jeune des députés élus et confirmés le 31 décembre 2013 par la Cour constitutionnelle. Pouvez-vous nous aider à vous connaître un peu plus ?

Amadou Thiam : J’ai débuté mes études primaires à Ségou avant de venir à Bamako. En tant que fils de diplomate, je me suis retrouvé au Ghana où j’ai fréquenté l’école française d’Accra. J’ai passé le BEPC au Togo. Ensuite j’ai été admis au lycée Achimota School du Ghana qui a fait émerger plusieurs personnalités continentales comme Robert Mugabe, le premier président du Zimbabwe, Kwame Nkrumah, le père de l’indépendance ghanéenne, Dawda Jawara, le 1er président de la Gambie, et deux autres présidents du Ghana. Là-bas j’ai décroché un bac scientifique.

Après cela, j’ai effectué des études en gestion des ressources humaines à l’Ecole d’administration du Ghana. J’ai obtenu un MBA en finances et un DESS en communication événementielle à l’ESG de Paris. A la suite de mes études, j’ai eu la chance d’être recruté au Programme de l’USAID/Phare are au Mali en tant que chargé de communication. A la fin de ce contrat, j’ai ouvert mon entreprise qui s’appelle BMC-Africa. C’est une entreprise multidimensionnelle qui traite de l’événementiel et tout ce qui a trait à la communication. Nous représentons également beaucoup de presse internationale comme BBC, CNN, APCCT, AITV, etc. On a organisé des journées minières au Mali et en Mauritanie.

Les Echos : L’ADP/Maliba compte combien de députés élus à l’Assemblée nationale ?

A. T. : Nous sommes au nombre de 3 députés à l’Hémicycle : deux jeunes et une femme. Je suis le plus jeune puisque je suis né en 1984. Il y a Mamadou Alpha Diallo, élu à Niono qui est également né en 1984. Je pense que notre ossature à l’Hémicycle démontre que nous avons pu tenir l’engagement vis-à-vis de la population par rapport à ses aspirations de renouveau politique. A travers ce choix, notre désir de changer le leadership politique au Mali est en marche.

Les Echos : Quelle est l’orientation politique de l’ADP/Mali ?

A. T. : Notre principale orientation politique, c’est la culture de la paix, la cohésion sociale et l’amélioration de la gouvernance au Mali. Par rapport à ce mandat, nous avons la même vision que le président IBK. Nous voulons faire de telle sorte que l’autorité de l’Etat soit restaurée et que la démocratie soit réellement participative. Voilà les grands axes de l’ADP Maliba pour la renaissance d’un nouveau Mali.

Les Echos : Quelle a été la clé de votre succès en Commune V ?

A. T. : Le bras de fer des législatives a été rude en Commune V parce qu’il y avait deux grosses pointures en alliance. Il s’agit de l’Adéma et du Cnid, qui sont de grosses pointures de la circonscription, et le RJP avec comme candidat Mohamed Kimbiri, qui était soutenu par une frange importante des mouvements islamiques. Je pense que nous sommes, de par nos valeurs intrinsèques, avec Oumou Simbo Kéita et Moussa Timbiné du RPM, arrivés à nous imposés dans les règles de l’art. Notre victoire est quelque part est due à la prise de conscience générale de la population de la Commune. Je pense que la jeunesse a compris que pour que le président IBK puisse tenir ses engagements, il lui fallait une majorité présidentielle à l’Hémicycle.

Les Echos : Quels sont vos projets pour les 5 années à venir ?

A. T. : Nous avons dès le 1er tour de l’élection présidentielle soutenu IBK parce que nous voyons en l’homme une volonté déterminée d’amener le changement au Mali en restaurant l’autorité de l’Etat, en luttant contre la corruption et en s’assurant qu’il y ait un partage équitable des ressources. Ce qui nous a d’ailleurs amené à mettre nos chances ensemble en Commune V pour briguer ce mandat. Naturellement, faisant partie de la majorité présidentielle, nous allons travailler pour que les engagements tenus par IBK soient réalisés. Ses engagements ne peuvent être soutenus qu’avec l’adoption d’une politique de développement efficace et il faut également qu’il y ait un contrôle constructif de l’action gouvernementale.

Les Echos : Comment comptez-vous restituer les travaux de l’A. N. aux populations ?

A. T. : Je pense que la population doit être au courant de tout ce qui se passe à l’Assemblée nationale et au plus haut sommet de l’Etat. Nous avons constaté qu’auparavant, dans notre pays, la population était en déphasage total avec les députés et les événements récents l’ont témoigné. Notre rôle sera de retourner à la base pour informer la population. Nous allons provoquer des rencontres périodiques et mettre en place un cadre de rencontre et de discussion trimestriel. Nous allons aussi convoquer la population pour l’informer et recenser ses préoccupations. A travers cela, nous saurons ce qu’elle veut et ce qu’elle pense de la gestion du bien public par le gouvernement. Il y aura aussi une permanence que nous allons appeler la maison des élus de la Commune V qui devra faciliter la réalisation de ce projet. C’est ce contact que nous comptons créer avec la population.

Propos recueillis par

Sory I. Konaté

(stagiaire)

Les Echos du 15 janvier 2014