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Les Echos : Quels sont les domaines d’assainissement et de nuisance qui intéressent votre département ?

Amadou Tandia :
Nos actions concernent tous les domaines d’assainissement. Mais, nous avons des problèmes dans la gestion des eaux usées et des ordures ménagères. Les autorisations de construction d’habitation tiennent compte de la problématique. Mais, les gens ont pris l’habitude de jeter leurs eaux usées derrière les maisons. Par ailleurs, les ordures entassées dans les caniveaux et collecteurs empêchent l’écoulement normal des eaux. Toutes choses qui menacent la santé des populations.

La pratique courante, qui consiste à déverser les eaux usées des toilettes et des teintureries dans les caniveaux, les collecteurs, sur les terrains vagues, doit être considérée comme un crime contre nos enfants et contre la société. Les gens ne respectent plus les engagements d’assainissement du point de vue habitat. Les collecteurs et les caniveaux sont construits pour évacuer les eaux de pluie. Compte tenu du fait que nos villes s’agrandissent de plus en plus, nous avons mis en place des dépôts de transit d’ordure, pour faciliter la tâche aux familles qui sont loin de ces dépôts. Des GIE gérés par les jeunes, ont été créés, ce qui devrait permettre aussi de lutter contre le chômage.

Les Echos : Quelles sont les nuisances qu’on rencontre à Bamako ?

A. T. :
En dehors de la nuisance des eaux usées et des ordures ménagères, nous avons aussi des échappements de gaz, les fumées et la poussière qui commencent à atteindre une certaine proportion inquiétante. Pour percevoir cela, il faut se mettre à une certaine hauteur, notamment sur les collines de Koulouba et Badalabougou pour constater que les Bamakois vivent sous un nuage épais de fumée et de poussière.

Les Echos : Quels sont les moyens dont dispose votre direction pour venir à bout du fléau ?

A. T. :
L’Etat a créé la DRACPN pour faire comprendre aux populations que certains comportements nuisent à la santé et au développement. Nous avons un moyen de sensibilisation, car il faut que les gens comprennent que leur santé y dépend. La lutte contre le paludisme et la pauvreté est l’une de nos priorités.

Les Echos : Avez-vous obtenu des résultats jusque-là ?

A. T. :
C’est difficile de parler exactement de résultats. Mais nous faisons notre possible pour informer et sensibiliser. Aujourd’hui, les gens savent qu’une direction existe et qui s’investit pour rendre leur cadre de vie agréable. Malheureusement, nous avons un effectif et des moyens réduits pour venir à bout des déchets. Notre direction ne dispose que d’un seul véhicule pour servir les 72 quartiers de Bamako.

Les Echos : Quelles vont être les actions prioritaires ?

A. T. :
Nous allons persister dans la sensibilisation. Toujours est-il qu’il existe des textes qui pénalisent ceux qui ne se soumettront pas aux règlements. On sera donc obligé de faire aussi un peu de coercition.


Propos recueillis par Amadou Waïgalo

02 Mars 2007.