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La circulation illicite des armes légères constitue un danger pour les populations. Sur la question, Amadou Maïga, point focal du Rasalao et président du Réseau des journalistes pour la sécurité et le développement de l’Afrique de l’Ouest (RJSDAO nous parle de la mission des deux structures et condamne l’attentat de mercredi dernier.

Les Echos : Quel est le rôle du Rasalao dans la lutte contre les armes légères ?

Amadou Maïga : Le rôle du Rasalao est de sensibiliser les citoyens sur les dangers du port d’armes. L’arme ne doit pas être portée par n’importe qui. Il faut, pour cela, une autorisation de port d’arme délivrée par les autorités compétentes. Le Rasalao a pour mission de sensibiliser les populations afin de les amener à participer à la lutte contre la circulation illicite, la fabrication et le commerce des armes légères.

Les Echos : Face à la prolifération des armes légères, quelles sont les dispositions prises au niveau du Rasalao pour endiguer ce fléau ?

A. M. : Le Rasalao sensibilise pour que les citoyens comprennent le danger que constitue la circulation anarchique des armes légères. Le Rasalao sensibilise aussi les Etats pour qu’ils ratifient les conventions, comme celle de la Cédéao sur les armes légères, que le Mali a ratifiée, qui est même entrée en vigueur. Mais, ce qu’il faut retenir, c’est que le Rasalao pense qu’aujourd’hui un Traité sur le commerce des armes (TCA) s’impose. Nous pensons aussi qu’il faut donner tous les moyens aux commissions nationales de lutte contre la prolifération des armes légères à Ecosap et à l’Unité armes légères de la Cédéao, qui sont les structures qui soutiennent la société civile, en renforçant ses capacités et en lui donnant des moyens financiers pour ses programmes.

Les Echos : Mercredi dernier, un individu a semé la terreur à l’ambassade de France au Mali. Quelle lecture faites-vous de cet acte ?

A. M. : Cette action ignoble, que le Rasalao condamne avec la dernière rigueur, est une alerte pour nous tous. Les Maliens doivent se sentir concernés par ce qui s’est passé à l’ambassade de France. C’est un signal très fort qui interpelle tous, notamment la société civile, car il est difficile de comprendre qu’au Mali, un étranger arrive avec une arme offensive et commet un attentat sans qu’il soit démasqué et par nos autorités et par la société civile. Ça pose l’éternel problème de prolifération d’armes légères et de petit calibre. Je n’accuse personne, mais chacun doit jouer sa partition dans l’éradication du phénomène. La vigilance s’impose à tous les niveaux, depuis l’entrée d’un étranger au Mali jusqu’à son hébergement. Mieux vaut vivre en sécurité et en paix dans notre Mali que d’accepter quelques billets qui ne profitent pas à tous.

Les Echos : s’agissant de la prolifération des armes légères, que fait votre structure dans la sensibilisation des populations ?

A. M. : Notre réseau est constitué d’autres structures, toutes œuvrant dans le domaine de la lutte contre la prolifération des armes légères. Nous sommes en train de chercher les moyens pour entreprendre une série d’actions partout au Mali. Il faut que nous comprenions que personne ne vend son pays. Le développement de ce pays passe par l’instauration de la paix et quiétude. Sans paix, pas de développement.

Les Echos : L’enlèvement puis l’assassinat des deux Français par des éléments au Niger interpelle-t-il le Rasalao ?

A. M. : Cet enlèvement interpelle tout le monde. Nous le condamnons avec la dernière rigueur. Les autorités maliennes sont à féliciter, elles doivent être plus rigoureuses surtout aux frontières. A la société civile, je dis que nous avons le devoir de soutenir les actions du gouvernement ; continuons la sensibilisation sur les effets néfastes de la circulation illicite des armes légères. Ne soyons complices de personne ! Dénonçons toute personne suspecte aux autorités, collaborons avec nos autorités, donnons leur les informations et à temps ! C’est à ce prix seulement que la paix et la quiétude s’installeront dans notre pays.

Les Echos : Vous êtes à la tête du RJSDAO, que peut-on attendre de vous dans la lutte contre l’insécurité ?

A. M. : Le RJSDAO est un réseau des journalistes, donc un réseau d’informateurs. A ce titre, nous avons la mission de sensibiliser les auditeurs, les téléspectateurs et les lecteurs sur les dangers de la prolifération des armes légères. Donc, ce réseau est un instrument précieux et la tâche s’avère lourde pour l’entretenir. Nous devons honorer la classe médiatique malienne et ouest-africaine afin de relever le défi. Pour ce faire, je lance un appel vibrant à tous les membres du RJSDAO à s’impliquer davantage pour lutter contre le fléau qui continue à faire des ravages.

Propos recueillis par

Idrissa Sako

12 Janvier 2011.