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Invité comme cadre ségovien à la neuvième édition de la semaine culturelle du regroupement des élèves et étudiants ressortissants de la région de Ségou et sympathisants (REERRSS), le ministre des mines et secrétaire général du Cnid-FYT n’a pas mâché ses mots contre les tares de gouvernance qui ont caractérisé le Mali pendant ces vingt dernières années. Dans la perspective électorale, il a appelé à un sursaut national.

Réunis sous l’acropole de la Faculté des sciences et techniques de l’Université de Bamako, des dizaines d’élèves et étudiants ressortissants de Ségou ont pris part à la cérémonie d’ouverture des journées culturelles, artistiques et sportives de leur association.

jpg_babasy-log.jpgOrganisé chaque année, ce rendez-vous est une occasion de communion pour les cadres de la région et sa jeunesse résidant à Bamako. Lors de cette neuvième édition ouverte le samedi 6 juillet, les scolaires et universitaires ont invité Mamadou Fanta Simaga, homme de culture, et le docteur Amadou Baba Sy, ministre des mines.

L’actualité électorale au Mali a fait du ministère de l’administration territoriale un partenaire privilégié de cette édition. Ce département a donc été représenté par le directeur national de l’intérieur qui expliquera les reformes majeures opérées dans le système électoral malien.

En quête de repères, les scolaires et universitaires avaient choisi comme thème de débat «Les valeurs sociétales courantes de la région de Ségou». Ces valeurs, selon le président du regroupement qui nous a accordé un entretien, permettaient à nos ancêtres de se réunir autour d’une personnalité charismatique pour faire face aux grands défis du moment. Or, des défis, il se trouve que le Mali actuel en a à revendre!
Dans son diagnostic, le ministre des mines parvient à cette conclusion :
«Rien de bon n’a été réalisé au Mali pendant ces vingt dernières années».

L’éducation, la santé, l’armée, etc., ont toutes été désagrégées ! Et cette responsabilité, selon le Dr. Sy, ne peut pas incomber à la jeunesse. «La jeunesse du Mali a été abandonnée», a déclaré le ministre.
Selon lui, il est inacceptable qu’un fonctionnaire devienne milliardaire. «Ce privilège est réservé aux opérateurs économiques et aux industriels», a-t-il estimé. Ces dernières décennies, le Mali s’est illustré par la corruption dont la proportion a atteint un niveau inquiétant. Pour Amadou Baba Sy qui a tenu son discours en bambara, «la démocratie est devenue un amoncellement d’injustices sociales».

Mais la situation a-t-elle changé pendant ces mois de transition auxquels il prend activement part ? Pour le ministre, le salut est à espérer à l’issue des prochaines consultations électorales. Et dans cette perspective, le problème, ajoute-t-il, est que des personnalités ayant vigoureusement contribué à la déliquescence de l’Etat reviennent pour solliciter le suffrage des électeurs. «Que peuvent-ils encore apporter de positif au Mali ?», s’est-il interrogé.

Le ministre Sy est le secrétaire général du Congrès national d’initiatives démocratiques (Cnid-FYT) dirigé par l’avocat Me Mountaga Tall, candidat à l’élection présidentielle du 28 juillet.

Pour la petite histoire, notons que ce parti politique est né des cendres du Cnid-association qui a activement participé au mouvement démocratique de 1990-1991. Après l’élection d’Alpha Oumar Konaré à la tête de l’Etat en 1992, le Cnid-FYT a rejoint les rangs de l’opposition devenant ainsi l’un des pivots du Collectif des partis politiques de l’opposition (Coppo) créé en 1994. Cet engagement a valu la prison à plusieurs responsables de ce collectif dont Me Mountaga Tall.

A la faveur de l’élection du général Amadou Toumani Touré à la tête de l’Etat en 2002, le Cnid-FYT ainsi que la quasi-totalité de la classe politique ont intégré le gouvernement où ils figurent jusqu’à nos jours. Ce consensus qui «n’était pas une camisole de force», selon son initiateurs (ATT), a abouti à l’effritement du reste du processus démocratique et à la faillite de l’Etat suite à la rébellion de janvier 2012.

Seydou Coulibaly

09 Juillet 2013

AFRIBONE