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Dans une interview qu’elle nous a accordée, la secrétaire régionale de l’Organisation panafricaine des femmes (OPF) évoque, entre autres, le rôle des femmes dans la réalisation de l’Union africaine, leur participation aux récents scrutins et le projet de loi sur le quota des femmes sur les listes de candidature. Entretien…


Les Echos : Vous avez participé au dernier sommet de l’Union africaine à Accra. Quel a été le message des femmes ?

Alwata Ichata Sahi :
J’ai participé au dernier sommet de l’Union africaine à Accra au nom de l’Organisation panafricaine des femmes, région Afrique de l’Ouest et en qualité d’observateur de l’Union africaine. Nous avons participé à tous les travaux du conseil exécutif de l’UA (rencontre des ministres des Affaires étrangères) et au sommet proprement dit. L’OPF a fait un lobbying pour la création des Etats-Unis d’Afrique. Nous avons fait une déclaration qui a été remise au président ghanéen, au Guide de la Révolution libyenne, au président de la Commission de l’UA et au président Wade. Me Abdoulaye Wade nous a même rencontrées. Nous souhaiterions qu’on aille aux Etats-Unis d’Afrique et le reste suivra.

Les Echos : Quel est le rôle que les femmes peuvent jouer dans la réalisation des Etats-Unis d’Afrique ?

A. I. S.
: Nous pouvons faire tout ce que les hommes peuvent faire dans la réalisation de l’Union africaine surtout que nous constituons une majorité à la base. Nous avons proposé de mener des campagnes de sensibilisation des couches socioprofessionnelles du continent, à commencer par les pays réticents aux Etats-Unis d’Afrique. Dans ses objectifs initiaux, l’OPF accentue ses activités sur l’unité et la coopération.


Les Echos : Quelle lecture faites-vous de la participation des femmes aux élections présidentielle et législatives avec provisoirement une quinzaine de femmes députés ?

A. I. S. :
Je pense que la participation des femmes aux deux derniers scrutins a été positive même si la candidate à la présidentielle (Ndlr Mme Sidibé Aminata Diallo) a échoué. Nous pensons que cette candidature a été un grand pas vers l’avant. Les femmes sont maintenant conscientes qu’elles doivent être présentes à l’Assemblée nationale pour discuter de leurs propres problèmes. Il y a provisoirement 15 femmes élues députés. Cela est un chiffre stationnaire. Il nous revient de réfléchir sur les causes de cette stagnation. Je pense qu’il y a des facteurs au sein des partis politiques qui handicapent les femmes. C’est pourquoi il faut une discrimination positive en faveur des femmes pour les inscrire en bonne place sur les listes de candidature.


Les Echos : Le projet de loi sur le quota des femmes sur les listes de candidature n’a pas été voté par les députés sortants. Qu’en est-il maintenant à votre niveau ?

A. I. S. :
Nous n’allons pas relâcher. Nous avons reculé pour mieux sauter. Nous reviendrons plus fortes. Pour l’heure, nous préférons taire les stratégies que nous utiliserons pour parvenir à cette fin.


Propos recueillis par
Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)

31 juillet 2007.