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« Bamako », le dernier long-métrage du réalisateur mauritanien Abderrhamane Sissako, sera projeté au moins trente-cinq fois en France puis suivi de débats, par les altermondialistes regroupés au sein du Comité pour l’annulation totale de la dette du Tiers-monde (CADTM).
Ce mois-ci, « Bamako » est sortie dans les salles françaises.

Durant 1 h 55, le long métrage « Bamako » dresse un réquisitoire sans complaisance contre les politiques d’ajustement structurel (PAS) imposées par la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) aux pays africains à partir du début des années 1980.

Ce film est un événement cinématographique majeur de cette rentrée et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les choix artistiques de son réalisateur, le Mauritanien Abderrhamane Sissako, en font un vrai film d’auteur, a indiqué le CADTM dans un texte de soutien au long-métrage.

« Bamako » est qualifié par le CADTM de film d’action et de justice, bref d’un chef d’œuvre engagé.

« La Cour, les avocats, le public, les témoins sont là, sur la terre malienne. Loin d’être des boucs émissaires, les deux institutions doivent rendre effectivement des comptes pour leur rôle central dans l’impasse actuelle pour le continent noir », explique le CADTM.

Selon le CADTM, cette œuvre étonne, amuse, secoue, émeut et ne laisse jamais indifférent tant par son thème courageux que par le talent de ses personnages constitués de comédiens et d’avocats professionnels, comme la Sénégalaise Me Aïssatou Tall Sall et le Français Me William Bourdon.

Ainsi, grâce à ce film, les altermondialistes espèrent sensibiliser l’opinion publique française sur les méfaits des politiques d’ajustement structurel dans les pays africains.

Quant à Abderrhamane Sissako, au cours de la présentation de son film en mai 2006 au Festival de Cannes, il a déclaré avoir voulu à travers la réalisation de « Bamako », être le porte-parole des sans voix en jetant un regard lucide sur des injustices qui l’atteignent.

Ainsi, a déclaré Mr Sissako : « Quand on vit sur un continent où l’acte de faire un film est rare et difficile, on se dit qu’on peut parler au nom des autres. Face à la gravité de la situation africaine, j’ai ressenti une forme d’urgence à évoquer l’hypocrisie du Nord vis-à-vis des pays du Sud ».

25 octobre 2006.