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L’utilisation des langues nationales comme outil de développement est un besoin exprimé de façon forte par les communautés et divers organismes dans notre pays

jpg_alphabetisation-mali.jpgNotre pays a célébré hier la Journée internationale de l’alphabétisation décalée en raison de la situation politique dans notre pays. La cérémonie était présidée par le ministre de l’Education nationale, Mme Togola Jacqueline Nana, en présence de ses homologues en charge de l’Enseignement supérieur, Moustapha Dicko, de la Culture, Bruno Maïga, du Travail et des Affaires sociales et humanitaires, Hamadoun Konaté, et de l’Urbanisme et de la Politique de la ville, Moussa Mara.

La Journée internationale de l’alphabétisation est commémorée le 8 septembre de chaque année. Cette date coïncidant cette année avec la mise en place du gouvernement dont certains membres n’avaient pas encore pris fonction, la célébration a été reportée au 26 septembre.

Comme les années précédentes, notre pays dédie une semaine d’activités à l’événement. Elle s’étendra du 26 septembre au 1er octobre. A coté du thème retenu au niveau mondial, « l’Alphabétisation au 21ème siècle », notre pays lie l’événement à l’actualité nationale avec le thème « Alphabétisation, décentralisation et paix pour un développement durable ».

Depuis 1966, les institutions d’éducation ainsi que les organismes d’alphabétisation du monde entier célèbrent chaque année cette journée. L’objectif étant de mobiliser l’opinion publique et de susciter l’intérêt et le soutien des gens envers des activités du domaine de l’alphabétisation. De nos jours, des progrès notables ont été enregistrés. Selon l’Unesco, aujourd’hui 84% de la population mondiale sait lire et écrire contre 76% en 1990. En 20 ans, la population analphabète a donc été réduite de plus de 100 millions, constate l’institution onusienne.

Mais derrière les efforts multiples et variés, de graves inégalités persistent. L’alphabétisation reste un objectif difficile à atteindre : quelque 793 millions d’adultes (soit un adulte sur cinq) ne possèdent pas les compétences de base en lecture et en écriture. De même 67.4 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et ils sont plus nombreux encore à fréquenter l’école de manière irrégulière ou à abandonner leurs études

Autre constat alarmant : 2/3 des 774 millions d’adultes analphabètes dans le monde sont des femmes. La plupart des enfants et adolescents non scolarisés sont des filles. Aussi 57 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire en sont exclus et 69 millions le sont au niveau secondaire.

Dans notre pays, où 70% des adultes ne savent ni lire ni écrire dont plus de la moitié est constituée de femmes, des efforts importants ont été enregistrés dans le domaine de l’éducation. En 2012, au niveau africain, notre pays est classé 22è sur 28 pays par l’indice de l’Education pour tous. Les statistiques montrent de surcroit que les défis sont encore grands car la crise politico-sécuritaire que notre pays a traversée a négativement influé sur les efforts d’alphabétisation. Si des progrès sont réalisés dans la couverture scolaire, l’objectif de scolarisation primaire universelle n’est pas encore atteint, a souligné le chef du bureau de l’Unesco au Mali, Lazare Eloundou.

Autres défis : les ressources publiques allouées aux pré-primaire et primaire restent encore insuffisantes pour en assurer un développement adéquat, le système d’enseignement pré-primaire reste encore très limité, l’objectif de la parité entre les sexes à l’enseignement primaire n’est pas encore atteint et les disparités régionales restent importantes, le taux d’alphabétisation des plus de 15 ans est encore de 25%.

Toutes ces informations ont été fournies par Lazare Eloundou qui souhaite, par conséquent, que notre pays développe des approches informelles et non formelles d’acquisition de compétence de la vie par les jeunes adultes. « Les récents événements au nord du Mali nous permettent d’affirmer que l’ignorance est le terreau de toutes les formes d’extrémisme et de fanatisme, le terreau pour la persistance de la pauvreté, un frein à l’émancipation civique et un handicap pour la bonne gouvernance », a indiqué le responsable du bureau de l’Unesco qui a réitéré l’accompagnement de son institution dans la lutte contre l’obscurantisme pour atteindre les objectifs de l’Education pour tous. Il a félicité le ministère de l’Education nationale pour avoir lancé l’initiative « Retour à l’école » qui va contribuer à recréer les conditions de l’alphabétisation.

« L’alphabétisation est un droit et un moteur fondamental du développement humain. Elle ouvre la voie de l’autonomie, de l’acquisition des compétences, de la pleine expression de la culture et de la pleine participation à la société », a rappelé Lazare Eloundou. Ceux qui ne maîtrisent pas les compétences de lire et écrire ont du mal à dialoguer, communiquer et à s’intégrer dans la société de l’information, a-t-il souligné.

Le ministre de l’Education nationale, Mme Togola Jacqueline Nana, a confirmé l’intérêt que notre pays accorde à cette journée qui constitue un espace d’interrogation et d’interpellation sur les réalisations en matière de promotion de l’alphabétisation et de valorisation de nos langues nationales.

Les pères de l’indépendance du Mali avaient une vision claire de l’alphabétisation dans la vie et le développement de notre pays, a souligné le ministre qui a salué les projets et programmes allant dans ce sens.

« Le besoin d’utiliser les langues nationales comme outil indispensable de développement est exprimé de façon forte par les communautés et divers organismes du pays que sont les collectivités territoriales, les organisations non gouvernementales, les entreprises, les institutions de la République, les partis politiques et les services administratifs », a indiqué le ministre qui a noté la demande pressante liée à l’alphabétisation des populations à la base et à la question des langues nationales.

Mme Togola Jacqueline Nana a lancé un appel aux partenaires en faveur de l’alphabétisation des populations pour accompagner le renouveau démocratique au Mali car « après la guerre, il faut maintenant gagner la paix et la démocratie ».

Be COULIBALY

Essor du 27 Septembre 2013


Journée internationale de l’alphabétisation : La consolidation de la paix s’invite dans les débats

Dans le cadre de la célébration de la journée internationale de l’alphabétisation, célébrée chaque 8 septembre, notre pays à travers le ministère de l’éducation a organisé hier jeudi 26 septembre 2013 au Centre internationale de Bamako, le lancement des activités de la semaine de l’alphabétisation placée sous le parrainage de la première dame, Mme Kéita Aminata Maïga. Au cours des échanges, il a été révélé que notre pays est toujours dans la zone rouge dans le cadre de l’alphabétisation avec 77% de population analphabète, une menace pour la paix et du développement durable.

A l’instar des autres pays, notre pays a célébré hier la journée internationale de l’alphabétisation, organisée chaque 8 septembre. Durant une semaine, plusieurs activités relatives à l’alphabétisation dans notre pays seront organisées. La cérémonie de cette semaine a regroupé plusieurs membres du gouvernement sous la conduite du ministre de l’Education nationale, Mme Togola Jaqueline Marie Nana et du représentant de l’Unesco, Lazare Eloundou.
Le représentant du bureau de l’Unesco, Lazare Eloundou, a dans son discours démontré l’intérêt de l’alphabétisation dans la préservation de la paix et de l’unité du pays. Il a poursuivi pour dire que « l’alphabétisation est un droit et un moteur fondamental du développement humain ».

Et qu’en conséquence elle ouvre la voie à l’autonomie, à l’acquisition des compétences, à la pleine expression de la culture et à la pleine participation à la société. Et d’ajouter que l’alphabétisation est la clé aussi de l’acquisition des connaissances, des savoirs-êtres, savoir-faire et savoir vivre ensemble qui fondent la citoyenneté moderne. Elle est plus que jamais la pierre angulaire de la paix et du développement au 21 è siècle, dixit M. Eloundou.

Il a déploré le taux élevé d’analphabète dans notre pays qui se chiffre à plus de 70% mais aussi des 2/3 des 774 millions d’adultes analphabètes dans le monde qui sont des femmes avant de se réjouir de l’avancée notoire dans le cadre de l’alphabétisation dans le monde où plus de 84% de la population aujourd’hui savent lire et écrire contre 76% en 1990. En 20 ans, selon lui, la population analphabète a été réduite de plus de 100 millions.

Le ministre de l’Education nationale, Mme Togola Jaqueline Marie Nana, a souligné que de l’indépendance à nos jours, des efforts consentis par notre pays dans le cadre de la promotion de l’alphabétisation et des langues qui se résument par la mise en place du Programme vigoureux d’alphabétisation qui vise, d’une part, à alphabétiser massivement les populations et, d’autre part, à former les jeunes finalistes des centres d’éducation pour le développement (CED) en vue de leur insertion dans le tissu socio-économique.

Elle a cité un certain nombre de projets et de sociétés qui doivent leur réussite grâce aux actions de l’Etat à promouvoir l’alphabétisation. Il s’agit de l’OHVN, la CMDT, OACV, etc. En poursuivant, Madame le ministre a souligné la pertinence de l’alphabétisation dans la consolidation de notre démocratie, de la décentralisation et du développement durable.

Pour elle, le renouveau démocratique ne saurait être réalisé dans notre pays sans une éducation citoyenne qui passe nécessairement par une alphabétisation soutenue à la base en langues nationales. Au terme de son allocution, elle a invité les partenaires techniques et financiers à accompagner notre pays dans sa nouvelle aventure.

Ousmane Daou

L’Indicateur du Renouveau du 27 Septembre 2013.