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Né au début des années 1970 à Koniakary dans la région de Kayes, bien qu’il soit Gawoulo, Alou Sam était sûrement destiné à tout sauf faire de la musique. Comme il est de coutume, dans plusieurs contrées du Mali, très jeune, ses parents ont décidé de le mettre à l’école coranique. Mais, l’artiste dit à qui veut l’entendre que depuis cette période de sa vie, il avait déjà la musique dans la peau.

« Pour moi la musique est un don. Depuis mon enfance, je m’y suis lancé », déclare la star. Mais, il a fallu attendre 1995 pour que son génie artistique soit découvert par les Maliens. Avant, le jeune Alou Sam a tenté sa chance sur le terrain du commerce.

Pendant de longues années, il fut marchand ambulant et fut confronté aux réalités de la vie citadine faite de difficultés de tous genres. Tous les gens ne sont pas outillés à faire face avec dignité à toutes ces difficultés.

Certaines optent pour la truanderie, le vol, le mensonge et les calomnies pour joindre les deux bouts, dans une ville qui se déshumanise de plus en plus. Cela révolte le marchant ambulant qui est permanemment en contact avec la population et qui vit certaines réalités.

Il se souvient du talent qui l’habite depuis sa tendre enfance :1a musique. « La décision fut prise, à travers ma musique, de sensibiliser mes concitoyens sur les vertus.

De passage, je chante l’amour, le bonheur, en un mot la vie« , indique la star Gawoulo de la musique malienne. Mais, de la prise de la décision à sa réalisation, ce ne fut pas facile pour notre jeune artiste. Malgré son talent, il a failli ne pas avoir quelqu’un pour financer sa reconversion de marchand ambulant en artiste musicien.

Toutes les maisons de production contactées par Alou Sam, ont décliné son offre. « Aucune ne voulait prendre de risque avec un artiste qui n’avait pas de parcours », se souvient encore l’artiste. Mais, sa rencontre avec Boubacar Lah, qu’il présente comme un grand de la place, fut pour lui une aubaine.

En 1995, il l’aidera financièrement à produire son premier album « Soukabé Mali » ou les jeunes du Mali., Ce coup d’essai fut un coup de maître. En quelques mois, Alou Sam était connu de tout le pays grâce à l’émission « Top étoiles » de l’ORTM. Mais, il faut reconnaître que son talent a été pour beaucoup. En un laps de temps, ses fans lui ont trouvé un sosie sur le plan musical.

A cause de sa musique qui a la même rythmique que la musique de notre voisin sénégalais et de la langue poular qu’il ‘utilise, Alou Sam est vite devenu « le Baba Maal malien« . Deux ans après la sortie de son premier album, en 1997, Alou Sam va confirmer son talent avec la sortie de son deuxième album « Bamako Weli Kam ».

Avec cet album, Alou Sam arrive à convaincre ses partenaires et ses adversaires qui n’hésitent pas à lui faire une place dans a famille fermée des grands artistes maliens.

Désormais, il sort de l’anonymat et est sollicité sur toutes les scènes au Mali et dans certains pays limitrophes. Au Mali-, il participe aux festivals « Echo-sida » et « Tabalé » aux côtés de Baba Maal, Koffi Olomidé, Sékouba Bambino, Touré Kunda, Ismael Isaac et Oumou Dioubaté.

Sa renommée dépasse désormais les frontières africaines et en 1999, il est invité par les ressortissants maliens en France pour animer une série de concerts.

Il revient de France avec la résolution de faire un troisième album. Avec la bénédiction de son mécène Boubacar Lah, en 2001, à la faveur de la coupe d’Afrique des nations de football que notre pays devait abrité en 2002, il mit sur le marché « Ngolen« .

Enregistré au studio Bogolan de Bamako, l’album est composé de dix titres. Dans cet album, il rend hommage au comité d’organisation de la coupe d’Afrique des nations. Mais, il faut admettre que l’album recèle de titres célèbres comme « Ngollen« , « Tagoore », « Gido », « Findinam », « wata woye ».

De tournée en tournée, il ne perd rien de sa réputation construite au fil des trois disques déjà mis sur le marché. En 2004, toujours inspiré, il édite l’album « Farba Dori« .

Mais, Alou Sam n’avait pas encore fini de surprendre les Maliens. Et en 2006, il met la barre de son appréciation encore plus haut avec la sortie de « Don te wele don na » et en 2008, il gratifie ses nombreux fans de l’album « Duniya » qui donne une autre dimension de l’artiste. Signalons qu’Alou est détenteur d’un Tamani et d’un Djembé d’or remporté de haute lutte en Guinée.

Assane Koné

04 Juillet 2008