Partager


Cinq jours après la signature de l’Accord de Tripoli, Ibrahim Ag Bahanga et sa bande ont pris position aux alentours de Kidal, empêchant ainsi le convoi de ravitaillement du poste militaire de Tinzawaten de quitter la capitale de l’Adrar des Ifoghas. Face à cette nouvelle donne, un comité dit de bons offices, sous les auspices de l’ancien gouverneur de la région, Iglèse Ag Fony, s’est rendu auprès d’Ibrahim Ag Bahanga pour lui demander d’ouvrir le passage. Sa réponse a été, nous a-t-on dit, un niet catégorique. L’Armée, prête à intervenir, attend les ordres de Bamako qui croit toujours aux vertus de la patience et du dialogue prônés par le récent Accord de Tripoli.

Bahanga, un homme borné, sans moralité et donc n’ayant cure de la parole donnée, est en train, ainsi, de faire chanter la République, en première ligne, le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré, en se servant d’un atout de taille: les 33 otages militaires qu’il a entre les mains.

C’est grâce à eux qu’il a pu imposer dans l’Accord de Tripoli « l’allègement du dispositif militaire » à Kidal. Une manière d’obtenir de l’Armée son repli, histoire de se surarmer et d’occuper de nouvelles positions stratégiques.

Tout en continuant à se livrer à son activité favorite: le trafic de drogue et autres denrées prohibées, à partir de l’Algérie et de la Libye. Comme si cela ne suffisait pas, Ibrahim Ag Bahanga est revenu sur ses positions antérieures, imposant une sorte d’embargo au commandement militaire de Kidal, qui ne peut plus librement circuler sur l’étendue de la région.

Cette attitude jure avec l’Accord de Tripoli, et prouve à suffisance la mauvaise foi avérée des bandits armés de Kidal. Elle pourrait s’expliquer par le manque de volonté politique d’en découdre avec cette bande par les armes, privilégiant encore et toujours le dialogue permanent, à l’issue pourtant incertaine.

Du coup, Bahanga s’impose comme étant le vrai maître du jeu. Jusqu’à quand cette situation lamentable va-t-elle durer? En tout cas, pour le président de l’Assemblée nationale, le peuple souverain doit exercer sa souveraineté pleine et entière sur la totalité de son territoire. Il revient donc aux Forces de sécurité de s’assumer et de prendre toutes leurs responsabilités. A suivre

Chahana Takiou

09 avril 2008.