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De sources proches de ce dossier qui défraie désormais la chronique, Abdoulaye Touré, Secrétaire général du ministère en charge de l’Action humanitaire, ne paierait que pour la rigueur de son ministre et la manipulation de certains responsables de la transition.

Dans notre parution du jeudi 12 août 2013, nous éclairons la lanterne de nos lecteurs et, partant, celle de l’opinion nationale et internationale sur ce dossier qui est en passe de faire la Une de l’actualité nationale. Dans ladite parution, nous nous sommes fait écho du contenu de la Correspondance explicative n°00324/MEAH en date du 06 août dernier du ministre de l’Economie et de l’Action humanitaire, en réaction «au fait de détournement en cours de l’aide humanitaire d’urgence en produits alimentaires» que le Comité syndical de l’Opam a, dans une lettre en date du 5 août 2013, dénoncé au Vérificateur général et au Contrôleur général des services publics. Nous regrettions dans la même parution le fait que cette correspondance du ministre de l’Economie d’alors soit passée sous silence par ceux qui crient à des sorties abusives de stocks. C’est là que leur démarche, de notre avis, se trouve aux antipodes de l’honnêteté et de la bonne foi et, du coup, lève le voile sur leur volonté de nuire.

Il est bon de rappeler le fait que dans sa correspondance, le ministre a précisé que face aux besoins d’urgence des populations, surtout dans un contexte marqué par les inondations, des produits en vivres et non vivres sont en cours d’expédition dans les capitales régionales du Nord et dans les régions d’accueil, y compris le district de Bamako.

«Certainement, c’est ce que vous assimilez à des «sorties abusives de produits», regrette cordialement ladite correspondance. Mieux, à travers une lettre en date du 11 juillet 2013 sous le n°0082/MEAH-SG, sur laquelle les agitateurs veulent aussi passer la gomme, le ministre, après avoir eu vent de la livraison de produits alimentaires pour le compte de son département, a saisi la Directrice de l’Opam pour attirer son attention «sur le fait que le seul ordonnateur de ces stocks est le ministre en charge de l’Action humanitaire». A ce titre, il avait non seulement rappelé qu’aucune livraison ne saurait être faite sans son autorisation, mais surtout instruit à la Directrice de prendre toutes les dispositions pour restaurer «sans délai les quantités irrégulièrement enlevées».

Quand le voleur crie au vol !

De sources proches du ministère en charge de l’Action humanitaire, il nous revient que depuis qu’il a hérité de ce département, Mamadou Namory Traoré, que les Maliens savent inflexible sur les principes, a assaini la gestion de l’aide humanitaire en la dédiant aux seules personnes qui sont réellement dans le besoin. C’est d’ailleurs pourquoi ceux qui dénoncent aujourd’hui le «fait de détournement» ont vu le ministre opposer une fin de non recevoir catégorique à leur requête de leur allouer une partie de l’aide en question. Ils réclamaient en effet 33,750 tonnes de maïs sur les 4000 (don sud-africain) stockés dans les magasins de l’Opam, 11,650 tonnes de sucre et 744 litres d’huile de consommation, soit 20 bidons. Le «crime» du Ségal partirait donc de là, selon nos informations. C’est pour ainsi dire que M. Abdoulaye Touré paie pour la rigueur de son ministre qui n’est plus en fonction. L’autre face de la cabale, et nos sources sont formelles, c’est le fait que des responsables de la transition qui avaient cru que leur cible allait être promue à un niveau de responsabilité plus élevé, et de ce fait pouvait fouiller dans leurs casseroles, entendent à présent mettre tout en œuvre pour que cette dernière ne soit pas reconduite à ce poste. Ils ont donc choisi de l’abattre à tout prix.

Il y a lieu de rappeler que dans ce dossier aussi crucial que la gestion de l’aide humanitaire, notre pays n’a pas besoin d’envoyer les clichés du genre à ses généreux partenaires dont l’apport est indispensable pour que le Mali mette la main sur les 15 milliards nécessaires pour couvrir les besoins humanitaires des seules régions du Nord. Surtout quand on sait que l’Etat malien ne dispose à ce jour que de 4000 tonnes de maïs et autres produits non vivres dans ses magasins.

Bakary SOGODOGO.

Le Prétoire du 16 Septembre 2013