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Le lait maternel est la meilleure alimentation pour le bébé. Sa composition spécifique couvre tous ses besoins et il reste parfaitement adapté à son développement. Le lait maternel contient des vitamines, des sels minéraux, des oligoéléments, du sucre, de la graisse, des protéines, dont votre bébé a besoin pour bien grandir, le tout en juste quantité. Mais ce n’est pas tout, sa composition varie au cours de la tétée, en s’enrichissant en graisses au fur et à mesure que le sein se vide ou lorsque les tétées se rapprochent, mais aussi au cours de la journée et au fil des mois pour s’adapter vraiment aux besoins de l’enfant qui grandit.

Le Pr Abdoul Aziz Diakité, pédiatre au centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré, affirme que le lait maternel constitue un miracle mis à la disposition des hommes pour une meilleure survie de l’humanité, dont la science n’a pas fini de découvrir tous les biens faits. Pour ce toubib, l’allaitement est une stratégie de survie de l’enfant, dès les premiers instants de la vie. Le spécialiste souligne que le lait maternel contient de nombreux nutriments qui nourrissent et protègent le bébé. L’eau est le principal constituant du lait. Elle couvre complètement les besoins hydriques du bébé s’il est nourri à la demande, même dans un climat très chaud.

Les glucides favorisent l’absorption du calcium en contribuant à diminuer le potentiel hydrogène (pH) du contenu distal intestinal. Il prévient la croissance des bactéries entéropathogènes et favorise le péristaltisme (l’ensemble des contractions musculaires). Le contenu vitaminique du lait humain est affecté par le statut vitaminique de la mère ou ses apports alimentaires. Il précise qu’il y a cependant des exceptions. En raison de risque de carence, des compléments de vitamines D (800 à 1000 UI par jour) et K1 (2mg/ semaine pendant l’allaitement exclusif) sont recommandés par la société française de pédiatrie. Le lait maternel contient également 3 fois moins de minéraux que le lait de vache et ses produits dérivés.

Comme aspect immunologique, le pédiatre de Gabriel Touré indiquera que le lait maternel apporte au nourrisson de nombreuses substances capables d’induire de manière directe ou indirecte une protection contre de nombreux micro-organismes et une protection à long terme, notamment en initiant le système immunitaire par plusieurs mécanismes. Il s’agit de l’implantation d’une flore intestinale optimale, dont la qualité influence la santé du nouveau-né et ceci probablement toute la vie.

Les prébiotiques ( des succres qui servent de nourriture et de carburant aux bonnes bactéries de notre système digestif) comprenant, la k-caséine, le lactose, la lactoferrine, les nucléosides et la faible concentration en protéines, sont des promoteurs de la croissance des bifidobactéries. Les probiotiques, les cellules et le lysozyme sont aussi des composants du lait maternel.

Le spécialiste soulignera que le fait d’allaiter est non seulement bénéfique pour le bébé mais aussi pour la mère. Le lait maternel est un aliment idéal naturel pour une croissance optimale de l’enfant. Il est disponible et constitue, une ressource naturelle renouvelable. En plus, il protège contre les diarrhées, les infections parce qu’il est propre. Sa digestion est facile, il favorise le développement du cerveau et resserre le lien affectif entre la mère et l’enfant. Chez la mère, le fait d’allaiter diminue le cancer du sein, le risque de diabète type 2, le risque d’ostéoporose (une diminution de la densité osseuse) après la ménopause et les risques d’hémorragie après l’accouchement.

Le pédiatre souligne évidemment que la pratique permet d’aider à espacer les naissances, favoriser la montée laiteuse, empêcher l’engorgement des seins mais aussi de réduire la charge de travail de la mère et augmente chez elle le sentiment d’estime de soi et de confiance en son potentiel.

Pour bénéficier de ces bienfaits, il recommande d’allaiter exclusivement jusqu’à l’âge de 6 mois, puis d’introduire des aliments de complément de qualité tout en poursuivant l’allaitement jusqu’à l’âge de 1 an voire au-delà. C’est en effet, la résolution de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant.

Le pédiatre encourage les mères à l’allaitement exclusif en évitant les compléments de lait artificiel, sauf dans les cas d’indication médicale, surtout d’adopter un horaire souple et reconnaitre les petits signaux d’éveil qui montrent que le bébé est prêt à téter. Par contre, il invite les mères à ne pas contraindre les bébés à prendre le sein.

Fatoumata NAPHO

Source: L’Essor