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Nombreux sont les Maliens qui consomment les boîtes de conserve sans prêter attention à leur date de fabrication et d’expiration affichée généralement au fond. Certains par ignorance, analphabétisme et d’autres parce qu’ils sont pressés. Figurent dans ce dernier lot, les ménagères qui affectionnent les petits pois, la macédoine, les concentrés de tomate, les sardines, etc qui leur permettent d’aller un peu plus vite.

Selon Fatoumata Camara, ménagère, « rares sont les femmes qui vérifient la date de fabrication et de péremption des produits qu’elles achètent. Certaines ne savent pas lire et d’autres parce qu’elles ne se rendent pas compte des conséquences de la consommation de conserves périmées, elles ne prêtent aucune attention aux délais de consommation ». Elle ajoute qu’elle se souvient avoir une fois acheté une boîte de conserve qui était dans les faits avariée alors même que sa date de péremption n’était pas expirée.

La consommation de produits périmés a sans nul doute des conséquences souvent graves sur la santé surtout quand il s’agit des aliments. Si la falsification des dates de péremption s’avère l’œuvre des seuls commerçants détaillants ou vendeurs à la sauvette, depuis quelque temps et particulièrement à Bamako, il semble que de grands commerçants s’élancent dans cette course effrénée au gain facile en falsifiant les dates sur des boîtes.

Selon des sources, la pratique est courante au Dabanani. Interrogés, des consommateurs affirment qu’au marché Dabanani, il y a des commerçants qui dissimulent les dates. Mais certains d’entre ceux-ci ont leur réponse : « Moi je ne vends pas de produits périmés, parce que je sais reconnaître les boîtes de conserve falsifiées. Je ne l’ai jamais fait et je ne le ferai jamais, car je sais que consommer des aliments périmés est mauvais pour la santé, et en les vendant, j’exposerais mes clients au danger », se défend Mahamane Kané, commerçant grossiste au Dabanani.
Empressement ?

Mais selon Salif, vendeur d’oranges au marché Dabanani, le phénomène est bien réel et ne se pratique pas au Dabanani seul. « Je sais que la falsification des dates de péremption sur des boîtes de conserve se fait, mais je pense plutôt que ce sont les petits vendeurs ambulants qui circulent de quartiers en quartiers qui le font parce que ce sont eux qui vendent beaucoup de produits périmés ».

« Les grands commerçants sachant qu’un produit est périmé ou qu’il est proche de la date d’expiration, approvisionnent les petits vendeurs ambulants qui, à leur tour, les cèdent à des prix abordables. Le bénéfice tiré de ce commerce, est partagé entre le commerçant et le petit vendeur » , estime un autre interlocuteur. La vente des boîtes de conserve connaît un essor au Grand marché particulièrement du côté des rails, les prix défient toute concurrence. C’est un commerce qui attire beaucoup de clients.

A côté de ces commerçants qui savent que la falsification des dates sur les boîtes de conserve est une mauvaise chose, il y a ceux qui ignorent tout de cette pratique. Comme le prétend Mohamed Maïga, boutiquier à Hamdallaye. « Je n’ai jamais entendu parler de cela et je l’ai jamais vu aussi et même si ça se fait, je pense que ce sont des grands commerçants qui le font et non nous les petits boutiquiers de quartiers. Avant même d’acheter un produit, je prends bien soin de vérifier la date, car il y a des agents qui viennent faire le contrôle fréquemment par ici. Falsifier la date de péremption, c’est inévitablement aller vers la ruine pour moi ».

M. Maïga, qui vend aussi des omelettes, les « corned beef » et le café, affirme que rares sont les consommateurs qui vérifient effectivement les dates de fabrication, de péremption des produits avant de les acheter.

Ramata S. Kéita

17 fév 09