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Les éleveurs traversent une assez mauvaise période actuellement avec la flambée du prix du sac de tourteau, plus connu sous le nom d’aliment-bétail. “Il manque de tourteau sur le marché” constate un commerçant. Cela est certainement dû au fait que la demande est plus élévée que l’offre.

En temps normal, le prix du sac de l’aliment bétail varie entre 3500 F et 3600F CFA. Mais, le prix est présentement compris entre 4000 F et 7000 F CFA à Bamako. Dans certaines localités du pays, ce prix peut parfois monter jusqu’à 7500 FCFA, assure un autre commerçant.

Pourtant, “l’Huicoma, la société produisant le tourteau, n’a pas augmenté les prix à l’usine”, affirme le même commerçant avant d’ajouter : ”Il y a une pénurie artificiellement entretenue sur le marché à cause du manque d’intermédiaires dans la distribution du produit.”

Pour la campagne 2006-2007, les besoins des différentes unités de transformation, y compris l’Huicoma, étaient estimés à 780.000 tonnes de graines. Cette demande était largement supérieure à la production du coton-graine de la CMDT qui s’élèvait à 200.000 tonnes pour la campagne écoulée. La baisse de la production de graine suit machinalement celle de coton qui a été de 415.000 tonnes sur une prévision de 500 à 600.000 tonnes.

C’est face à cette situation que la CMDT (compagnie malienne de développement des textiles) a décidé de vendre sa graine marchande à des unités locales agréées pour donner la priorité aux grosses entreprises. Elle affirme donc n’avoir vendu qu’à ces entreprises. Huicoma (Huilerie cotonnière du Mali) se plaint d’avoir des besoins en graine de coton, non satisfaits exprimés auprès de la CMDT. Elle affirme avoir demandé 180.000 tonnes de graine, mais n’a reçu que 90.000 tonnes.

Le Directeur commercial de Huicoma a déclaré que la société a reçu des demandes d’éleveurs qu’elle ne peut satisfaire. Il précise que le prix du sac à l’usine n’a pas changé et reste donc compris entre 3650 F et 3660 F CFA, selon les zones de production. M. Mohamed Kéïta déclare qu’avec une production de 250 000 tonnes de graine de coton, on aurait pu éviter cette pénurie.

Des tonnes de graines et d’aliment bétail ont été exportées vers des pays voisins, confirme t-il, en précisant qu’entre le 5 et le 11 avril de cette année, 140 tonnes d’aliment bétail ont été exportées. N’est-ce pas là des comportements qui entrainent une pénurie?

Hawa SÉMÉGA

24 mai 2007.