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Vingt ans après, l’ancien président de l’Assemblée Nationale du Mali se confesse dans la gestion de la rébellion armée des années 90-91. « Nous avons commis une erreur de signer un accord avec des groupes armés. Arla, Mpla, Fpla-Fia… », a déclaré le professeur Ali Nouhoum Diallo sur le boulevard de l’indépendance, le samedi 14 décembre 2013. C’était à la faveur d’une rencontre initiée par le groupe Anti-Mnla.

Ce n’est pas tout, car Ali nouhoum Diallo a ajouté que l’Azawad dont se réclament certains est une construction politique faite en Libye. L’ancien président de l’Assemblée Nationale du Mali dont l’intervention était attendue en a profité pour encourager les nouvelles autorités à se mettre à la hauteur pour résoudre le problème de Kidal et des régions du nord de façon générale.

NON À L’INFANTILISATION DE L’ARMÉE ET DU PEUPLE

Malick Diallo, président du groupe Anti-Mnla, s’est voulu très clair lors de cette conférence devant la Bourse du Travail : « Nous n’accepterons pas l’infantilisation de l’Armée et de notre peuple », a déclaré le jeune leader. En compagnie de certains de ses camarades, le président du groupe anti-Mnla est revenu sur le sens de leur organisation.

Selon le conférencier Malick Diallo, le groupe anti-Mnla est né sur les forums internet, notamment Facebook, à la suite des évènements du 17 janvier 2012, à Aguelhoc, qui ont conduit au massacre de soldats maliens. Ce qui, on peut le dire sans risque de se tromper, est le point de départ de la grande crise qui a conduit le pays à un coup d’État le 22 mars 2012 et l’occupation des 2/3 du territoire par les bandits armés, les islamistes et narcotrafiquants.
Le groupe Anti-Mnla, a déclaré Malick Diallo, son président, est contre le Mnla, son projet de scission avec le Mali et sa politique raciste contre les peaux noires et son refus de déposer les armes. Les membres de ce groupe sont convaincus que contrairement à l’idée répandue, Kidal est sous occupation de la France. Ainsi les conférenciers sont revenus sur tous les balbutiements de l’histoire du Mali, notamment dans la partie septentrionale.

Ils ont rappelé les liens entre les populations maliennes et l’ancien colonisateur, qui tente de revenir en utilisant d’autres moyens. Des moyens détournés, puisque la rébellion est instrumentalisée, révèlent unanimement les conférenciers qui se disent prêts jusqu’à l’ultime sacrifice pour défendre l’intégrité du territoire et la souveraineté du pays.
Les membres du groupe Anti-Mnla exigent qu’aucun crime commis dans le pays ne reste impuni.

Laya DIARRA

Le Soir de Bamako du 16 Décembre 2013