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L’élection présidentielle du 28 juillet constitue un tournant décisif pour le Mali en quête d’une nouvelle virginité politique. L’enjeu du rendez-vous a suscité une floraison de candidatures qui prônent toutes le «changement».

jpg_une-1934.jpgLa chaine de télévision panafricaine Africable propose une tribune visant à permettre aux candidats à l’élection présidentielle d’exposer leurs projets de société. L’émission dénommée «A vous de convaincre» est animée par Sékou Tangara assisté d’un panel de personnalités du monde de la communication et de la société civile. Dans les tous prochains jours, les téléspectateurs suivront le projet de société du président du Parti pour une nouvelle Afrique (Panafrik).

A 37 ans, Alhousseyni Abba Maïga est l’un des plus jeunes des 28 candidats. L’ancien leader estudiantin est un transfuge de la société civile. Fondateur du Groupe de réflexion et d’initiatives nouvelles (Grin), il a créé son parti en mai dernier. Sa vision se veut «en rupture avec la politique de ces dernières années». Si le candidat revendique une expérience de 10 ans de lutte politique, il n’en demeure pas moins que la crise politique et sécuritaire du pays a précipité sa candidature. «Nous avons, avec d’autres groupes, critiqué la situation du pays mais on ne nous a pas écouté», a-t-il souligné.

«Aujourd’hui », poursuit-il, « nous sommes déçus, frustrés de la situation du pays». Il a expliqué que sa candidature «est une amorce de solution à l’humiliation que nous avons vécu». S’il est élu, le candidat s’engage à tenir un «Forum de l’unité nationale pour discuter du nouveau Mali à construire» dont le leitmotiv est de maintenir la région de Kidal dans le giron malien. «Il n’y aura pas de statut particulier pour Kidal», a-t-il tranché. Maïga s’engage également à restaurer l’autorité de l’Etat et à doter le pays d’une armée forte et équipée.
Ces défis seront le prélude d’un ambitieux programme qui va de l’économique à la santé en passant par l’éducation, l’emploi, la culture, la diplomatie, la lutte contre la corruption, etc.

Le candidat s’engage à mettre en place un Fonds de garantie étatique pour soutenir entrepreneuriat jeune. Cet appui institutionnel, assure-t-il, sera consolidé par des formations spécialisées. Dans le domaine économique, le développement rural occupe une place de choix.
«Il nous faut une vraie politique pour soutenir les agriculteurs», a-t-il indiqué, assurant qu’il envisage des formations de reconversion pour des jeunes vers ce secteur qui reste, selon lui, sous-exploité.
Tout comme dans le domaine économique, le candidat du Panafrik estime que le Mali doit savoir choisir ses partenaires dans le domaine diplomatique. Et s’il est élu, il compte réserver son «premier voyage officiel dans le pays qui a le plus aidé le Mali à recouvrer son intégrité territoriale». Ce pays, estime-t-il, est le Niger de Mahamadou Issouffou.

L’ancien leader estudiantin a un regard plus amer sur le système scolaire et universitaire au Mali. L’école, selon lui, a dérobé à sa vocation de formation et de socialisation des citoyens, devenant par là même, «le plus grand échec» du système politique du pays. Dans le domaine de l’éducation Alhousseyni abba Maïga compte restructurer les instituts de formation des maîtres, professionnaliser le baccalauréat et supprimer les langues nationales dans l’enseignement primaire.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 17 Juillet 2013