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C’est par une grande campagne médiatique qu’Alger a livré à Bamako, le lundi 4 mai, des équipements à bord d’un gros cargo, transportant d’importantes quantités d’armes, de munitions, de matériel militaire.

Cette livraison qui sera suivie, selon le quotidien algérien «Alwatan», par quatre autres cargaisons constituent l’aide militaire algérienne à l’armée malienne, prévue dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée en général et le terrorisme en particulier. Voilà une donation qui aurait pu se faire dans la plus grande discrétion, au regard de la sensibilité du domaine militaire. Mais Alger a tenu à la médiatiser pour faire croire à l’opinion internationale qu’elle a joué sa partition dans la lutte contre Al Qaïda et que la balle est dans le camp de Bamako.

En effet, Boutéflika refuse lui-même de tuer les islamistes et arme, cependant, le Mali, «le nègre de service» qui doit servir de chair à canon. Le président de la République, Amadou Toumani Touré, doit renvoyer à Boutéflika ses armes, nous n’en voulons pas.

Les militaires maliens ne doivent pas mourir dans la lutte contre Al Qaïda qui n’a rien à avoir avec notre pays. Nous n’avons jamais été attaqué par cette organisation terroriste.

Alger, on le sait, a été incapable d’arrêter les membres de ce groupe et ne veut pas, non plus, arrêter certains hauts gradés de l’armée, réputés proches d’Al Qaïda, au risque d’aggraver les tueries dans son pays, il ne revient pas au Mali de s’associer à une telle lutte. En le faisant, Bamako expose non seulement nos chancelleries à l’étranger mais aussi et surtout les populations maliennes, de Kidal à Kayes. Al Qaïda est capable de frapper en plein Bamako, ne parlons pas de Tombouctou ou de Gao.

La manière cavalière et arrogante adoptée par Alger dans cette situation, en accusant notre pays d’être le terreau du terrorisme et en insultant, de façon vulgaire, le président ATT, ne devrait pas nous amener à nous engager dans la lutte contre Al Qaïda, une organisation, certes, terroriste mais avec laquelle, nous n’avons aucun problème. Qu’Alger règle ses comptes politiques sans souiller le Mali, sans faire tomber une goutte de sang malien. A suivre.

Chahana TAKIOU

07 Mai 2009