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Malgré les nombreux crimes commis dans le Nord pendant l’occupation jihadiste sous sa conduite, le terroriste Iyad Ag Ghaly compte encore parmi les acteurs avec qui l’Etat malien négocie.

Celui qui est considéré par les Américains comme un dangereux terroriste, Iyad Ag Ghaly est chouchouté par la médiation algérienne. Et toutes les décisions à prendre dans le cadre de la gestion de la crise du Nord, le leader d’Ançar Eddine est consulté.

Les négociations d’Alger-II ne dérogent pas à cette règle. Même s’il n’est pas présent publiquement, l’homme continue de peser sur elles à travers ses émissaires qui y participent et jouent un rôle prépondérant.

D’ailleurs, nombre de participants à Alger-II sont unanimes sur la capacité du désormais allié d’Aqmi à avoir gain de cause. « Ici, personne à Alger ne parle mal d’Iyad Ag Ghaly », nous a confirmé un participant.

Ainsi, tout comme la première phase de pourparlers, qui a vu l’adoption d’une feuille de route, les représentants désignés d’Iyad Ag Ghaly ont fait entendre leur voix. En clair, c’est sous la pression des éléments du HCUA que la signature a pris du retard. Dans leurs doléances, ils mettent en cause la forme laïque du pays.

Quelques jours plus tard, le terroriste Iyad Ag Ghaly a menacé dans une vidéo la France et annoncé son adhésion à la nébuleuse Al-Qaïda. Mais en sourdine, il continue de manipuler Alghabas Ag Intallah et autres dans son projet dit islamique.

Son implication dans la deuxième phase des négociations ne souffre d’aucun doute. « Chaque fois que nous échangeons avec les gens du HCUA, nous ne rendons compte qu’ils pensent toujours comme Iyad », nous a expliqué une notabilité de Gao présente à Alger.

En tout cas, pour détourner le regard, il a accordé une interview à un journal français en ligne au moment où les travaux tardaient à démarrer. Il n’a pas fait de cadeau en cette circonstance, expliquant que la force de frappe de ses hommes demeure toujours inégalée dans le Nord. C’est pourquoi, il a mis en garde l’Etat malien de signer un accord qui ne cadre avec sa volonté.

Ce qui est évident, c’est bien les bonnes relations qu’il continue d’entretenir avec l’Algérie. Et le fait que ce pays a été préféré à d’autres est à mettre au compte de sa proximité avec les communautés de l’Adrar des Ifoghas, dont Iyad. Mieux, ils sont nombreux ses combattants ainsi du HCUA qui ont la double nationalité (malienne et algérienne).

En tout état de cause, l’ombre d’Iyad Ag Ghaly continue de planer sur les négociations alors que le chef du gouvernement avait déclaré à un journal français récemment que l’homme n’a donné aucune chance pour qu’il soit accepté par le Mali.

Alpha Mahamane Cissé

L’Indicateur du Renouveau du 09 Septembre 2014