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“Le plus souvent, c’est dans le malheur que s’illumine l’esprit de l’homme, et qu’il se découvre des qualités de bienfaiteur”, disait le penseur danois, Kierkegard. Un constat qui s’applique bien à ce chimiste et industriel suédois, né à Stockholm et mort à San Rémo en 1896.

Les prix d’une découverte

A force de manier de la poudre dans son laboratoire, Alfred Nobel finit par découvrir ses“vertus” et inventer des produits explosifs…, dont la fameuse dynamite, en 1866.

Il poursuit alors ses recherches sur les poudres, en France et en Italie. Ses trouvailles lui rapportent finalement brevets, honneurs, gloire et surtout, une fortune colossale estimée à des centaines de millions de dollars. Certains parlent même de milliards.

Aidé et avalisé par la Banque de Suède, il institue, dans son testament, des prix récompensant les mérites de chercheurs dans maints domaines du savoir : chimie, médecine, littérature, physique, physiologie… et surtout, la Paix. Le prix Nobel est né.

De la poudre à la paix

Mais si la découverte de la dynamite a contribué, pour beaucoup, à l’avancée de l’humanité, elle a été, encore plus, le“détonateur” de la destruction de l’espèce humaine et de l’espace écologique. Les guerres, les champs de mines, les attentats à la bombe -entre autres drames- ne diront pas le contraire.

Bref, Alfred Nobel était devenu ce qu’il convient d’appeler“l’homme qui a mis le feu aux poudres”. Tout comme bien de célèbres inventeurs ont été, de par même leurs découvertes, les responsables indirects et inconscients de beaucoup de tragédies que le monde continue de subir. C’est dire que toute invention ou découverte comporte son “revers de médaille”, son utilité et sa nocivité.

Pourtant, c’est toujours avec le souci de servir l’humanité que savants, inventeurs, chercheurs et concepteurs mettent leur génie au service de leurs semblables, souvent au péril de leur vie. Mais qu’est-ce qui a décidé Alfred Nobel à éprouver plus tard du remords pour ses découvertes et à reconvertir presque toute sa fortune dans le mécénat ? Tout simplement… la mort de son frère.

Le jour de l’enterrement de ce dernier, celui qui devait prononcer l’éloge funèbre se méprit sur la personne : ne connaissant pas physiquement Nobel, il l’avait prit pour le mort. Aussi dépeignit-il Alfred Nobel, comme“celui qui a contribué à ôter la vie de milliers de créatures”.

En entendant cela, Alfred fut offusqué, indigné et confus. Surtout que tous les regards furent brusquement tournés vers lui. Toute cette foule se rendait bien compte de la méprise de l’orateur funèbre, mais dans leurs yeux, Nobel lisait une accusation muette. Aussi, il s’écria, comme sortant d’un envoûtement: “Mon Dieu, mais il parle de moi ! Oh non, je ne veux pas être décrit ainsi après ma mort!”.

Depuis ce jour, il arrêta ses recherches, prit des dispositions testamentaires et internationales, et mit la quasi-totalité de sa fortune au service de la paix. A quelque chose, malheur est toujours bon, dit-on.

Oumar DIAWARA

1er octobre 2007.