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Une semaine après le décès suspect de Nicole, une mère de famille de 32 ans de Sevran (Seine-Saint-Denis), qui avait fait une cure avec des gélules amincissantes Burning Fat, de Best Life, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) met en garde le public sur la circulation de ces pilules. L’examen des gélules a mis en évidence un contenu inquiétant : de la sibutramine, un produit utilisé dans le traitement contre l’obésité à condition d’un suivi médical très strict ; de la phénolphtaléine, une substance interdite dans les médicaments en France depuis 1999, et des substances végétales aux propriétés laxatives.

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« La phénolphtaléine ne fait l’objet d’aucun contrôle par les autorités sanitaires et sa commercialisation est interdite », indique l’Afssaps en précisant que la sibutramine nécessite un suivi médical minutieux « en raison du risque de survenue d’effets indésirables cardiovasculaires ».


« Elle avait du mal à respirer, comme si elle avait de l’asthme
»

Ces expertises ont conduit le parquet de Bobigny à ouvrir mercredi une information judiciaire contre X pour « administration de substances nuisibles ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La police tente de retrouver la personne qui a vendu ces gélules beige et rouge à Nicole.

Lorsqu’elle a commencé à se plaindre de malaises, de difficultés respiratoires et intestinales, mercredi dernier, Nicole a avoué à son époux qu’elle prenait cette médication depuis une semaine. « Elle avait du mal à respirer, comme si elle avait de l’asthme, alors qu’elle était en bonne santé », expliquait Jeannot, son époux, qui l’a conduite chez le médecin puis aux urgences de l’hôpital Robert-Ballanger, à Aulnay-sous-Bois, où elle est décédée vendredi. Nicole avait expliqué avoir acheté cette boîte de pilules avec notice chinoise auprès d’une connaissance asiatique, pour le prix de 52 € la boîte de 80 gélules. Elle en aurait absorbé deux par jour une semaine durant.

Dès le lendemain, Olivier, un des frères, s’inquiétait de savoir ces pilules en circulation dans les mains d’autres femmes, qui, comme Nicole, auraient espéré perdre du poids. Depuis hier soir, les autorités sanitaires françaises conseillent aux personnes qui auraient absorbé ces pilules de marque Best Life de consulter rapidement leur médecin pour un examen. Et de rappeler que la vente de médicaments est uniquement autorisée dans les pharmacies.

Le Parisien

du 11 Novembre 2008