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Les mains rougies à force de les laver à l’eau chlorée, Stephania Muhindo vient d’entrer en Ouganda. Elle se retourne et regarde de l’autre côté du pont, vers l’Est de la République démocratique du Congo, où le virus Ebola continue de se propager. « J’ai peur », souffle cette Congolaise de 50 ans, qui traverse plusieurs fois par semaine la boueuse rivière Lhubiriha pour acheter à Mpondwe, en Ouganda, du sel qu’elle revendra ensuite dans son magasin. « Ebola n’a pas encore atteint notre village, mais il paraît qu’il arrive », souffle-t-elle, en soulignant qu’un cas a été confirmé à moins de 70 kilomètres de Lhubiriha, nommé d’après la rivière qui le borde. A la frontière, des volontaires de la Croix-Rouge organisent les arrivants, leur intimant de désinfecter mains et chaussures dans de l’eau chlorée, et vérifiant soigneusement leur température. Des mesures prises afin de prévenir une propagation d’Ebola côté ougandais. Plus de 300 personnes sont décédées de fièvre hémorragique – transmise par contact physique avec des fluides corporels infectés – depuis le début de l’épidémie, déclarée le 1er août par les autorités congolaises. En cas d’infection, le taux de mortalité est de 60%. Malgré les précautions, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) évoque un « haut risque » de propagation vers l’Ouganda en raison des nombreux contacts entre communautés frontalières. « Il y a des gens qui ont de la famille au Congo, des petits fermiers qui ont un jardin ici et un autre au Congo, il y a des enfants qui vivent d’un côté et vont à l’école de l’autre », décrit Samuel Kasimba, qui coordonne dans le district de Kasese les efforts visant à empêcher une propagation vers l’Ouganda. Lors des jours de marché à Mpondwe, deux fois par semaine, plus de 20.000 personnes traversent la frontière.- Un Noël redouté – A l’approche de Noël, le risque va augmenter, explique Andrew Bakainaga, un haut responsable de l’OMS en Ouganda… AFP