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La capitale gabonaise, Libreville a porté chance à Alain Giresse. Sélectionneur du Gabon pendant 4 ans (2006–2010), l’ancien membre du carré magique de l’équipe de France a connu le bonheur d’une quatrième qualification pour une demi-finale de la Can pour le Mali. Il dit tout sur le match Gabon-Mali de dimanche dernier au stade de l’Amitié sino-gabonaise de Libreville.

Les Echos : Quelle lecture faites-vous de cette rencontre qui propulse le Mali en demi-finale ?

Alain Giresse : C’était dur. Mais on avait bien préparé ce quart de finale contre le Gabon. Avec les joueurs, on a fait un travail décisif, pour essayer de trouver la meilleure formule et surtout pour être à la hauteur de l’événement sur le plan mental. Je crois que le match résume un tout petit peu ce qu’on a voulu mettre en pratique. Il y a du potentiel dans mon équipe. C’est pour ça qu’on veut aller le plus loin possible. Seydou Kéita nous transmet toute son expérience. Jusqu’au bout, il y avait de l’incertitude, mais j’ai dit qu’il ne fallait pas arriver ici avec la crainte.

Les Echos : Le Gabon a eu beaucoup plus d’occasions, mais c’est le Mali qui a remporté le gain du match. Mentalement les joueurs étaient-ils là ?

A. G. : Oui, parce qu’il ne fallait pas arriver ici avec de la crainte, de la peur. Il fallait simplement prendre le bon côté d’une demi-finale avec beaucoup de monde, de la ferveur. C’est ce qui compte avant tout.

Les Echos : Un bon coaching avec les changements opérés, avec l’entrée de Cheick Tidiane Diabaté ?

A. G. : Le bon coaching et le mauvais coaching, c’est une matière des journalistes. Non, c’est des choix qui sont faits. Parce que si on savait qu’un joueur qui rentre va marquer des buts, on est prêt à le prendre.

Les Echos : Un petit mot sur les sifflets quand on voyait votre image sur l’écran géant…

A. G. : Je crois qu’on m’a prêté des propos que je n’ai jamais tenus. C’est regrettable. Je pense que c’est mal me connaître. J’ai vécu au Gabon, je connais beaucoup de joueurs ici. Alors pourquoi me prête-t-on des propos que je n’ai pas tenus. Ce n’est pas civilisé ça.

Les Echos : Une demi-finale alléchante à venir contre la Côte d’Ivoire ?

A. G. : C’est plus qu’alléchant effectivement. C’est un grand match. Un grand match et des joueurs à Libreville. Participer à un match contre la Côte d’Ivoire en demi-finale est un événement. Il n’y a que le mot bonheur qui peut être accolé à ce match. Il n’y a pas d’autres choses. On va faire une jolie demi-finale, parce qu’on est venu pour aller jusqu’au bout.

Coulisses

Le Cnosm pense aux Aigles

Les Aigles du Mali affrontent ce soir les Eléphants de Côte d’Ivoire pour la demi-finale de la Can et ce, après un parcours déjà glorieux à la Can 2012. Comme c’est de coutume, en pareille circonstance, le Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm), par la voix de son président Habib Sissoko qui séjourne hors du pays, salue la victoire du Mali sur le Gabon et souhaite bonne chance pour la suite.

Habib Sissoko qui salue le soutien sans faille des autorités du pays, prie pour que le Tout Puissant accompagne les Aigles dans ce dernier carré, mais également pour une victoire historique en finale. Cette pensée du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm), en faveur des Aigles du Mali symbolise l’unité et la force, car « plus unie, l’équipe nationale qui a atteint selon les observateurs son objectif, sera plus forte en terre gabonaise et équato-guinéenne ».

Les leçons du président Ali Bongo Ondimba

Après leur élimination en quarts de finale de la Can-2012 par les Aigles du Mali, les Panthères du Gabon ont été reçus au palais. En présence de la première Dame Sylvia Bongo, du Premier ministre et des membres du gouvernement, le président Ali Bongo Ondimba, fair-play, a salué le succès des Aigles et dit des mots de réconfort aux joueurs de l’équipe nationale du Gabon.

« Pelé a raté un penalty. Tout comme Platini, Cristiano Ronaldo. Et même Drogba », a dit le président faisant allusion à celui raté par Pierre-Eméric Aubameyang et lui demandant de sécher ses larmes parce qu’il a fait vivre, avec ses partenaires, des moments d’intenses émotions au peuple gabonais. « La vie est faite ainsi. Il y a des succès et des échecs. Mais quand on tombe, le plus important, c’est de se relever et de continuer son chemin en tirant les leçons de l’échec ». Les oreilles grandes ouvertes, les Panthères ont apprécié à la fin les leçons de choses et de vie du chef de l’Etat gabonais.

Envoyés spéciaux Abdoul Madji Tiam, Boubacar Diakité, Harouna Traoré

Les Echos du 08 Février 2012