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C’est une personnalité très populaire de la Côte d’Ivoire, collaborateur direct de « l’ancien président », Al Moustapha Touré, en séjour à Bamako le week-end dernier, a réaffirmé la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle du 28 novembre 2010. Il a avoué que Gbagbo n’entend que le langage de la force pour partir.

 » Je suis venu vous dire la vérité, toute la vérité. C’est Alassane Ouattara qui a gagné l’élection présidentielle du 28 novembre en Côte d’Ivoire ». La déclaration est de celui qui a été le superviseur du candidat Laurent Gbagbo au Nord de la Côte d’Ivoire au 2e tour de l’élection présidentielle. Al Moustapha Touré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est le président du plus grand mouvement de soutien à Laurent Gbagbo : « J’aime Gbagbo » (MJG) et n°2 de la jeunesse patriotique dirigée par Charles Blé Goudé.

Après Dakar, M. Touré, était face à la presse malienne samedi dernier dans un hôtel de la place. Il a dit sa part de « vérité » sur le contentieux post électoral. Il était accompagné de la présidente des Ivoiriens du MJG au Mali, Djénéba Fofana, et d’une bonne partie de la communauté ivoirienne à Bamako.

Pour celui qui se dit président du collectif des opérateurs économiques de Côte d’Ivoire, « il est impératif de dire la vérité pour ne pas être complice des tueries, être tranquille avec ma conscience et ne pas être jugé par l’histoire ». C’est pourquoi, a-t-il ajouté, il a décidé de prendre ses distances vis-à-vis de « l’ancien président » Gbagbo Laurent, qui s’entête malgré sa défaite dans les urnes.

Membre actif du LMP, M. Touré, est revenu sur le film de l’élection et la stratégie mise en place par « l’ancien président » pour que les résultats ne soient pas proclamés. Pour le collaborateur de Gbagbo, la victoire d’Alassane Ouattara ne fait aucun doute. Et Laurent Gbagbo lui-même le savait au lendemain de la présidentielle, c’est-à-dire le 29 novembre à 2 h du matin.

Informé de la victoire de M. Ouattara, Gbagbo, à ses dires, a décidé de tout mettre en œuvre afin que les résultats ne soient proclamés. « Nous avons tenu une réunion pour voir comment empêcher la CEI de proclamer ses résultats ». Notre stratégie a consisté à approcher le président de la CEI, Youssouf Bagayoko. Au QG de Gbagbo en présence du président de la Cour constitutionnelle, Yao N’Dré, il a été demandé à M. Bagayoko d’être reconnaissant à Laurent avec à la clé une importante somme d’argent.

Ce dernier, à l’en croire, a décliné la proposition de Gbagbo et ses démarcheurs LMP. « On ne pouvait plus rester sans rien faire. Nous nous sommes rabattus sur Yacouba Bamba, porte-parole pour faire notre affaire ». Ayant pris conseil auprès de M. Bagayoko, le porte-parole de la CEI, a-t-il affirmé, a lui aussi refusé l’offre au motif que « l’intérêt de la Côte d’Ivoire est en jeu ».

Le plan B

La tentative de corruption des membres de la CEI ayant échoué, le plan B, a poursuivi Al Moustapha, a consisté à marcher sur le siège de la CEI avec l’intention de le brûler et d’attaquer certains de ses membres. « C’est à ce moment que nous avons vu des points de divergences. J’ai appelé Blé Goudé et je lui ai dit : Charles, la presse internationale est là, la télévision nationale est là. Si nous marchons sur la CEI, on dira que c’est Gbagbo qui nous a envoyés ». L’initiative de marcher a été ainsi abandonnée.

Le représentant du LMP à la CEI, Damana Piccas, a lors été approché. Il a joué le jeu et a empêché la proclamation des résultats au moment où le porte-parole s’apprêtait à communiquer des résultats. La suite est connue. « Il a fait ce qui lui a été demandé ». Le hic, à ses dires, c’est que personne ne savait qu’il avait une caméra en train de filmer l’acte de M. Piccas.

Parlant des fraudes, le conférencier a insisté qu’il n’y a pas eu de tricheries dans les régions du Nord dont les résultats ont été annulés par le Conseil constitutionnel. « Personne ne peut apporter la preuve de la fraude ». Et de mettre au défi quiconque d’apporter la preuve de la fraude dans ces régions.

Seule une intervention militaire viendra à bout de l’entêtement de Gbagbo, a-t-il assuré. « Ceux qui pensent que Gbagbo va lâcher de lui-même se trompent, il n’a peur de personne. Il veut humilier la communauté internationale et la pousser au discrédit ». Et d’ajouter qu’il est urgent que la communauté internationale s’organise pour déloger Gbagbo.

Pour le n°2 des jeunes patriotes, « la légitimité prime sur la légalité. Et cette légitimité, c’est le peuple qui la donne. Le peuple de Côte d’Ivoire a décidé de confier sa destinée à Alassane Ouattara, ce pour 5 ans ».

Amadou Sidibé

17 Janvier 2011.