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Association des Jeunes géographes du Mali : «Le manque de soutien de l’État porte préjudice à notre action»

Créé en 2006, l’Association des Jeunes Géographes pour le Développement Locale (AJGDL) fait figure d’une association dynamique au Mali.

Le 23 juillet dernier, lors du lancement de sa cinquième édition pour la campagne de reboisement à Tamala (80 km au sud de Bamako), le président de l’Association, Mahamadou Lamine Camara, n’a pas fait de mystère concernant le boycott de ses activités par les services de l’Etat. Dénommée «commune verte», les campagnes de reboisement de cette jeune association a permis l’implantation de dizaines de pieds d’arbres à travers le pays.

jpg_association.jpg«Pour l’édition précédente, l’AJGDL a mis sous terre quelques dix milles (10 000) plants», précisent ses responsables. Pour l’ édition actuelle, l’association ambitionne de faire davantage de plantations d’arbres dans une vingtaine de villages repartie sur huit communes rurales du pays et la commune VI du district de Bamako. Pour le président de l’association, la question des ressources ligneuses est l’un des problèmes majeurs en milieu rural au Mali. En marge de ces activités de reboisement, l’association mène également des actions de sensibilisation sur le foncier notamment dans les communes du district et de son hinterland.

Nul n’ignore l’acuité des problèmes fonciers à travers le pays. «A moyen terme, nous visons à mettre en place des activités génératrices de revenus au profit de ces populations» a indiqué le président. A Tamala, les femmes de ont profité du lancement de la campagne pour demander la création de projets maraîchers.

Pour Yeah Samaké, maire de Ouéllessebougou, commune dont relève Tamala, ces revendications de la population sont tout à fait légitimes. «La coupe de bois dans ce village est significativement réduite. Il faudrait donc que la population trouve une activité compensatoire aux pertes de revenus qui s’y accompagne» a expliqué le maire. Selon le directeur national du génie rural, Soumaïla Samaké, parrain de l’association, le rôle des services publics est de faire en sorte que le développement soit un tout. A cet effet, a-t-il estimé, l’AJGDL a besoin d’être soutenu pour son engagement social.

«Elle a des moyens très limités alors qu’elle peut faire davantage d’œuvre utiles» a-t-il ajouté. L’association vit essentiellement des ressources de cotisation de ses membres qui, pour la plus part, sont encore au chômahe, et des appuis de certaines personnes ressources. «Aucune activité de notre association n’est accompagnée par l’Etat alors que ces activités s’inscrivent toutes dans le cadre du développement local» a expliqué Mahamadou Lamine Camara. «Ce qui est déplorable et porte préjudice à notre action» a-t-il précisé. S’agit-il d’une revendication ? En tout cas, pour le président de l’AJGDL, toute association engagée dans des œuvres d’utilité publique a besoin d’un minimum d’accompagnement de la part de l’État.

Seydou Coulibaly

25 Juillet 2011.