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L’ancien international a été nommé nouveau sélectionneur national, samedi par la Fédération malienne de football, en remplacement de Mohamed Magassouba. Premier test pour le Franco-Malien, le 4 juin au stade du 26 Mars contre les Diables du Congo, au compte des éliminatoires de la CAN 2023

Décidément, Éric Sékou Chelle, 44 ans, aime le Congo. Le 16 novembre 2006, il a disputé son dernier match avec le Mali contre le Congo (1-0 en match amical en France). Ce jour-là, Éric Sékou Chelle était titulaire dans l’axe de la défense et Koly Kanté avait inscrit l’unique but de la partie dans le temps additionnel (90è min +1).

Ironie du sort, seize ans après, l’ancien international va jouer contre le même Congo (le 4 juin, éliminatoires de la CAN, Côte d’Ivoire 2023), mais cette fois, Eric Sékou Chelle ne sera pas sur la pelouse, mais plutôt sur le banc pour diriger la sélection nationale.

Titulaire d’un brevet d’entraîneur professionnel de football (BEPF), le plus haut diplôme d’entraîneur français et équivalent de la licence UEFA Pro, le natif d’Abidjan (il est né le 11 novembre 1977) a été désigné nouveau sélectionneur des Aigles, samedi par la Fédération malienne de football (Femafoot) et succédera à Mohamed Magassouba.

En fait, la nomination de l’ancien international a été actée vendredi, dans l’après-midi, lors de la réunion extraordinaire du comité exécutif de la Femafoot, mais c’est seulement samedi qu’elle a été officialisée par l’instance dirigeante du football national.

«A l’unanimité, les membres du comité exécutif (de la Femafoot, ndlr) ont validé le choix d’Éric Sékou Chelle», a révélé un membre de la Femafoot, ajoutant que le technicien a été informé 24h plus tard, c’est-à-dire samedi. L’ancien international a été choisi au terme d’un processus enclenché le 11 avril dernier. Au total, 57 dossiers de candidature ont été déposés à la Femafoot qui a ensuite élaboré une short-liste de trois techniciens : Éric Sékou Chelle, l’Allemand Winfried Schäfer et le Portugais Ricardo Formosinho.

L’entretien avec les trois candidats s’est déroulé par visioconférence le 4 mai dernier. Dans un premier temps, c’est le nom du technicien allemand de 72 ans, Winfried Schäfer qui a circulé sur les réseaux sociaux comme successeur de Mohamed Magassouba. Dans la foulée, on a également donné le nom d’Eric Sékou Chelle comme sélectionneur national adjoint. Une autre source proche du dossier affirmait que les négociations avec Winfried Schäfer avaient échoué à cause des prétentions salariales du technicien allemand. Vrai ou faux? En tout cas, c’est éric Sékou Chelle qui a été nommé, samedi nouveau sélectionneur des Aigles

«Hier soir (vendredi, ndlr), j’ai vu sur les réseaux sociaux que je suis le nouveau sélectionneur des Aigles. J’étais un petit peu surpris, j’ai ressenti beaucoup de fierté et un grand honneur. C’est beaucoup de responsabilités, c’est un poste important. J’ai l’envie de vite commencer le travail pour préparer les premiers matches de qualification qui arrivent très vite.

C’est très difficile de décrire ce que je ressens, c’est beaucoup d’excitation», a déclaré Eric Sékou Chelle, dans une interview accordée à nos confrères de l’ORTM. «Les grands chantiers ? C’est d’abord bien préparer le match du 4 juin contre le Congo. Dès dimanche (hier, ndlr), je vais commencer à appeler les joueurs, à commencer par le capitaine (Hamari Traoré, ndlr) pour échanger avec eux et les motiver pour ce premier match.

Ensuite, le travail va être basé sur la continuité des bonnes choses qui ont été faites avant moi et y ajouter ma vision du football. Sur un plan purement technique, c’est d’abord l’animation offensive. On va s’atteler à améliorer ce compartiment de jeu. J’arrive avec un projet sportif qui se décline dans un projet de jeu et qui est basé sur l’attaque, l’intensité.

Il est également basé sur des valeurs auxquelles j’adhère et qui m’ont construit, des valeurs maliennes, tels que le travail, la rigueur, le sacrifice. Ce projet de jeu basé sur un football offensif a pour but de fidéliser un public, un peuple, une nation pour obtenir de résultats.

J’ai beaucoup de certitudes, je suis très en phase avec ce que je veux faire et ce que je vois pour cette équipe», a insisté l’ancien défenseur des Aigles. «Je suis Malien, j’ai joué en équipe nationale.

Ma mère est Malienne, mon grand-père vient du village de Dioro. J’ai toujours porté le Mali dans mon cœur, a dit éric Sékou Chelle. J’ai arrêté ma carrière de footballeur en 2014, mais c’est en 2012 que j’ai commencé à entraîner.

J’arrive avec beaucoup d’ambitions, d’énergie et de motivations. Je peux promettre qu’il va y avoir de l’intensité sur le terrain».

Quid des objectifs du nouveau sélectionneur des Aigles ? «Les objectifs sont simples. Déjà, c’est de se qualifier pour la CAN 2023, ensuite être dans le dernier carré du tournoi, en Côte d’Ivoire, martèle éric Sékou Chelle. L’idéal, ce serait au moins la demi-finale en 2023 et le sacre en 2025, mais si on peut gagner dès 2023, on ne va pas s’en priver. Le deuxième objectif, c’est la qualification à la Coupe du monde 2026.

Ce sont des objectifs ambitieux, clairs et précis. Je remercie le public malien pour son soutien, pour la confiance placée en moi. Je voudrais aussi remercier les autorités du pays et la fédération pour cette marque de confiance. Je reviens en équipe nationale avec mon sang malien et mon envie malienne. J’ai beaucoup de certitudes et j’ai hâte que ça commence».

Le nouveau sélectionneur des Aigles a été formé à l’AC Arles (1995-1998, France), où il a fait ses débuts, avant de rejoindre le FC Martigues (1998-2003). Après Martigues, il évoluera successivement avec Valenciennes (2003-2008) et au Racing club de Lens (2008-2011) où il a porté le brassard de capitaine, à Istres (2011-2013) et à Niort (2013-2014).

Avec les Aigles, il a totalisé six sélections entre 2003 et 2006. Après avoir raccroché les crampons, éric Sékou Chelle a commencé sa carrière d’entraîneur à Marseille-Consolat (Athlético Marseille) en National 3 où il occupera le poste d’entraîneur adjoint. En 2016, il prend les rênes de l’équipe qu’il quitte l’année suivante, destination, le FC Martigues son club formateur. Il y passe trois ans, avant de s’engager avec l’US Boulogne (National) en 2021.

Source: L’Essor