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La réussite de Stephen Keshi dépendra surtout du choix de l’entraîneur qui va le seconder. De tous les noms qui circulent pour le poste, Amadou Pathé Diallo présente le meilleur profil, pour plusieurs raisons…

Le nouvel entraîneur des Aigles du Mali est connu depuis le mardi 1er avril dernier. Il s’agit du nigérian Stephen Keshi à qui il a été assigné des objectifs clairs : qualification pour la coupe d’Afrique des nations 2010, en Angola et la coupe du monde, de la même année, en Afrique du sud.

Le challenge est alléchant pour l’ancien capitaine des Green Eagles du Nigeria qui avait d’ailleurs réussi à qualifier le Togo à ces deux rendez vous en 2006.
Dans le cas togolais, Keshi a certes eu le temps de bâtir l’équipe en lui insufflant une impressionnante dose de combativité et d’homogénéité. Dans son nouveau contrat avec le football malien, le temps lui fait défaut, du moins pour un début.

Sachant que les Aigles entrent en compétition dans deux mois, il lui parait difficile de pouvoir bâtir en si peu de temps un ensemble homogène et gagnant avec un bon dosage de joueurs locaux et expatriés. C’est pourquoi, le sélectionneur national a besoin de l’avis éclairé d’un adjoint absolument affûté. Le dernier mot dans le choix de son collaborateur lui revient, certes. Mais c’est au bureau fédéral de lui faire des propositions décentes qui tiennent plus comptent des aptitudes réelles que des considérations subjectives.

Les entraîneurs proposés doivent à la fois avoir une parfaite connaissance du championnat national et surtout être suffisamment imprégnés du milieu professionnel. Malheureusement les propositions des responsables de la FEMAFOOT semblent plutôt guidées par des raisons purement sportives. La fédération tend plus à soutenir des entraîneurs acquis à sa cause et qu’elle peut manipuler à sa guise.

Selon des sources bien introduites, trois noms auraient été officieusement suggérés à Stephen Keshi. Il s’agit de Mamadou Coulibaly, l’ancien entraîneur des juniors, classés 3ème à la coupe du monde 1999, Cheick Oumar Koné qui est actuellement l’entraîneur de l’équipe nationale locale et Amadou Pathé Diallo qui est depuis 5 ans le sélectionneur national adjoint.

D’après notre source, le bureau fédéral pencherait pour Mamadou Coulibaly (qui, pourtant, aurait dégagé sa préférence pour le poste de directeur technique nationale) afin de pouvoir facilement placer, au poste de directeur technique national, Mory Goïta qui n’est pas partant pour assister Keshi.

La préférence affirmée de Mory Goïta et de Mad’Coulou pour le poste de DTN réduit pour l’heure le choix entre Amadou Pathé Diallo et Cheick Oumar Koné.

Ici, le choix du bureau fédéral est connu (c’est C.O Koné) et, il est plus dicté par les griefs formulés contre le premier que par un quelconque mérite du second. La fédération reproche à Vieux Diallo d’avoir bien tenu son rôle d’adjoint.

N’ayant pu exercer la moindre influence sur Jean François Jodar, les responsables fédéraux auraient souhaité se servir de son adjoint pour faire passer ses desiderata. Mais Vieux Diallo est resté fidèle à son statut normal d’entraîneur adjoint. Alors, l’interlocuteur du bureau fédéral et de toute autre personne extérieure à l’équipe est resté l’entraîneur principal. C’est justement ce qu’on lui reproche sur le plan professionnel.

Le choix de l’entraîneur adjoint doit être guidé par des raisons objectives. Dans ce cas, tout porte à croire que Amadou Pathé Diallo est l’adjoint idéal. Car non seulement, il a une parfaite connaissance du championnat national et des individualités qui le dominent ; mais aussi, il est fortement imprégné des réalités du monde des professionnels. Il a aujourd’hui l’avantage de tisser une grande complicité avec la plupart des professionnels maliens qui lui portent une grande estime.

Au-delà de toutes ces argumentations, il est depuis 5 ans sur un parcours qui doit normalement le conduire à prendre un jour les rênes de l’équipe.
A l’ombre des entraîneurs, Alain Moizan, Mamadou Kéïta, Pierre Léchantre et Jean François, il a cumulé une somme d’expérience que le Mali doit absolument consolider pour éviter d’engager permanemment des techniciens étrangers.

D’autant plus qu’après une carrière professionnelle réussie au Portugal, il peut se glorifier, aujourd’hui, d’un 3ème degré d’entraîneur, suite à des stages, notamment à Clairefontaine, en France. De ce pays dont les écoles de formation d’entraîneur sont aujourd’hui à la pointe, il est rentré en 2003 avec un 2è degré.

L’ancien joueur de l’AS Réal et du Stade Malien de Bamako a connu une carrière professionnelle qui s’étire sur 16 ans (de 1987 à 2003). Il a tour à tour, joué au Sporting de Lisbonne, à l’Academic de Viseu, et à Penafiel, tous des clubs de la 1ère division portugaise à l’époque, et aussi à Portumonense (D2) où il était entraîneur-joueur, avant de finir entraîneur.

Au cours de cette longue carrière, celui qui a été le capitaine de la première équipe nationale junior en 1983, a côtoyé des grands entraîneurs européens d’aujourd’hui dont José Mourinho et Frank Rijkaard. C’est cette somme d’expériences acquises qui lui fait mériter les choix de nombreux observateurs.

Souleymane Diallo

07 avril 2008.