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Ce week-end sera marqué par la 3e journée des éliminatoires de la CAN 2008 prévue au Ghana. Pour la circonstance, les Aigles du Mali affronteront au Stade du 26 mars les Ecureuils du Bénin. Une deuxième victoire d’affilée des nôtres leur garantirait le réconfort moral de boucler la phase aller en beauté.

Inutile de rappeler que la rencontre du dimanche a des enjeux. Car dans le groupe IX où évoluent les Aigles, la qualification se jouera jusqu’au soir de la dernière journée.
Les récentes victoires des Aigles ont été un facteur de réconciliation avec le public. Lui qui pensait déjà au déclin de son équipe nationale, malgré la pléiade de joueurs talentueux évoluant dans les différents championnats Européens. Aujourd’hui la question est de savoir si les Aigles ont réellement les moyens de s’imposer dimanche.

Certes, les temps ont changé, mais force est de reconnaître que les différentes équipes (nationales et clubs) du Bénin n’ont jamais constitué une foudre de guerre pour les Maliens. Actuellement, la réalité est tout autre. Avec le retour de Mahamadou Diarra dit Djilla, Frédéric Oumar Kanouté et Soumaila Coulibaly, il serait injuste de penser d’emblée à un autre résultat différent de la victoire. Tous les ingrédients sont réunis à l’instant « I » pour expliquer que les Béninois n’auront pas la tache facile.

Primo, les Aigles sont confortablement installés dans le fauteuil de leader du groupe IX avec 4 points devant le Bénin et le Togo qui ont 3 points. Secundo, ils évoluent à domicile et le soutien sans faille des milliers de supporters ne fera pas défaut. Tertio, les Aigles sont convaincus qu’un exploit le dimanche est un pas rassurant pour la qualification.

Tous ces motifs, joints au fait que l’entraîneur Jean François Jodar ne connaît pas encore de défaite, font espérer que les portes de Ghana 2008 pourraient être définitivement ouvertes pour le Mali à partir du 25 Mars. Au-delà de cette volonté commune de tout un peuple, pour une victoire des Aigles, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Tactiquement, le Mali a une défense plus ou moins poreuse, même si jusque là elle n’a pas pris assez de buts.

L’axe central dirigé par Adama Coulibaly dit Police n’est pas gage de sécurité, surtout qu’on reproche au défenseur Lensois le manque de tempérament. Cependant les arrières latéraux tirent leur épingle du jeu. Le milieu regorge de valeurs sûres. Et chaque fois qu’il a failli, cela est lié au système tactique arrêté par l’entraîneur.

Le véritable talon d’Achille des Aigles depuis plus d’une décennie demeure l’attaque. Le Mali a perdu la race des grands buteurs : Cheick Diallo, Abdoulaye Koumaré dit Muller, Ousmane Diallo dit Petit Sory, Seydou Diarra dit Platini. Frédéric Oumar Kanouté est aujourd’hui le seul électron capable de rappeler le public malien au bon souvenir.

Mais l’attaquant du FC Séville, très efficace dans les buts européens est inconstant devant les buts avec les Aigles. Les autres éléments de la ligne d’attaque de Jodar (Bassala, Mad’Diallo, Mamadi Sidibé, Dramane Traoré dit Rivaldo) ne sont pas réguliers.

Bref, ils n’ont pas le nom et le calibre de buteur. Le technicien Français n’est pas étranger à ces carences notoires de son équipe : il saura donc utiliser les ressources nécessaires pour les corriger.

O. Roger Sissoko

23 mars 2007.