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Pour cette 4è participation, le Mali avait nourri de fortes ambitions, notamment de remporter le trophée. Mais selon bien des observateurs avertis du football féminin, le fait d’en avoir confié les commandes à Aly Diakité signifiait l’échec programmé.

En effet, personne n’a compris pourquoi ce dernier a été choisi comme coach principal, surtout qu’il n’aurait jamais fait l’unanimité au sein du milieu sportif féminin. D’ailleurs, l’homme n’a pas tardé à faire parler négativement de lui, sur le plan performance. Ainsi, lors des éliminatoires face à la Guinée Conakry, les problèmes avaient commencé entre l’entraîneur et une grande partie des joueuses.

Malgré la qualification obtenue sans difficulté, les problèmes n’ont pas été réglés pour autant. Pire, la crise de confiance s’est accentuée à propos des primes offertes aux joueuses. Pour cela, certaines joueuses ont vu leurs primes coupées ; tandis que d’autres joueuses n’en ont pas bénéficié. Et comme certaines joueuses entretiennent de bons rapports avec le coach, l’on ferait tout faire pour les satisfaire.

Les principales victimes de cette “discrimination”, di-on, sont surtout issues des deux grandes équipes : le FC Amazone et les Super Lionnes. Ce qui déclenchera un interminable conflit entre les joueuses de ses deux clubs et l’entraîneur Aly Diakité. Ce qui n’a guère surpris des observbateurs avertis qui connaissent parfaitement l’entraîneur. Malgré les agissements et humeurs de l’entraineur, envers les joueuses qu’il juge “indisciplinées”, malgré les alertes des uns et des autres, l’employeur de Aly ( la FEMAFOOT) ne réagira pas d’un iota.

Et l’entraîneur déclarait à qui veut l’entendre qu’il allait remporter la CAN féminine, oubliant qu’il était à l’origine de la situation déplorable constatée entre lui et les joueuses d’une part, et entre lui et certains responsables du football féminin, d’autre part. “Malgré la déstabilisation déclenchée par certains responsables et le matraquage médiatique, je leur fais savoir qu’ils apprendront à leurs dépens que je viendrai avec la coupe au Mali ; et cela, ne leur en déplaise. En tout cas, au sortir de cette CAN, j’ose croire qu’ils ne pourront plus me regarder en face”, avait-il déclaré avant son départ en Guinée Equatoriale.

Mais l’entraîneur retournera de Malabo avec des résultats bien en deçà des attentes des fans du foot féminin : en trois matches, les Aigles Dames seront battues respectivement par le Congo (0-1), le Cameroun (1-2) et la Guinée Équatoriale (1-2). C’es ainsi que Aly Diakité retourne bredouille de la CAN 2008.

Maintenant qu’il n’y a pas eu la coupe, biens des Maliens s’attendent à une explication technique de l’équipe, suite à l’aventure équato-guinéenne. Au moment où tout le moment s’impatientait, le coach avait pourtant juré, la main sur le cœur, de tout révéler dès son retour. Mais selon nos informations, il aurait décidé “d’avaler la couleuvre“ en avouant sa propre responsabilité dans l’échec des Aigles Dames à la CAN 2008. Aurait-il, pour cela, reçu des conseils, et de qui? Où cherche-t-il à se faire pardonner pour bénéficier de la grâce de la FEMAFOOT? Voilà autant de questions sans réponses.

Mais l’autre zone d’ombre à éclaircir, c’est de savoir pourquoi un docteur peut être “parachuté ” au sein des Aigles sans que personne ne soit au courant. Selon no sources, M. Aziz Sow se prenait pour un entraîneur, mais était considéré comme le Dr de l’équipe, alors que les plus connus, M. Ky et M. Mamadou Bouaré, étaient présents. Toujours selon nos investigations, M. Sow serait le Dr de l’As Mandé. Est-ce ce qui explique le fait que ce club ait offert environ 10 joueuses sur les 18 retenues?

Par ailleurs, personne n’est en mesure de connaître les circonstances qui ont nommé Aly Diakité à la tête des Aigles Dames. A cela, personne n’est en mesure de donner des précisions, ni à la fédératon, ni à la ligue. Dans tous les cas, le coach avait finalement préféré déclarer, comme pour capituler : “Ce n’est plus la peine de révéler quoique ce soit. Je suis responsable de la déroute des Aigles Dames ; bref, j’en assume l’entière responsabilité”.

Ce qui n’empêche pas M. Aly Diakité de faire au moins le compte-rendu d son aventure au public malien qui a le droit d’être édifié. Aussi, un supporter, de déclarer, très agacé : “Il ne suffit pas de dire qu’on est responsable, mais d’édifier tout le peuple malien sur les vraies raisons de l’échec. Car c’est le contribuable malien qui a consenti autant d’efforts et d’énergie”.

Et un autre, d’enchaîner : “Tant qu’il n’y a pas de rigueur et de compte- rendu fidèle, notre sport en général n’avancera jamais, à plus forte raison avoir des résultats positifs”. Même si l’entraîneur Aly Diakité décide de ne plus parler, la FEMAFOOT, elle, pourrait faire toute la lumière sur cette situation. Et si Aly avait gagné la coupe comme il le pensait, et qu’il décidait de parler, la FEMAFOOT allait-elle réagir pour qu’il ne parle pas?

En attendant, beaucoup de fans du foot féminin pensent que M. Aly Diakité se trouve au début et à la fin de cette contre-performance du football féminin, surtout quand on sait que les responsables de clubs n’ont rien eu en retour.
Sadou BOOCUM

01 décembre 2008