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Le petit écran est devenu un miroir aux alouettes pour les nombreuses jeunes filles qui «descendent» à Bamako

L’arrivée de la télévision dans notre pays le 22 septembre 1983 a été fortement saluée par les populations. Cet outil de communication de masse s’est imposé comme un canal de sensibilisation indispensable dans l’évolution du Mali surtout au plan social. Très vite la télévision a occupé une place de choix parmi les média de notre pays. Les téléspeakerines et les présentateurs deviennent des vedettes pour les téléspectateurs plus ou moins assidus. Et, plus on avance dans le temps plus les programmes TV deviennent attrayants. Le poste de téléviseur est devenu incontournable parmi les objets de la maison. Les avantages du petit écran sont nombreux.

Les grandes vedettes de la musique, du sport, les hommes politiques en manque de popularité ou même ceux qui sont déjà célèbres, s’accrochent à cette fenêtre de visibilité. L’effet télé est indiscutable. Une chaîne de télé doit nécessairement proposer des séquences de divertissement : pièces de théâtre, films, émissions comiques. L’unanimité est faite autour de l’importance et des avantages de la télévision. Il n’en demeure pas moins que certains programmes audio-visuels (mal compris) peuvent conduire à un effritement des mœurs et des valeurs sociales dans notre pays.

Et aucune couche de la société n’est à l’abri de cette « décadence ». Le Mali n’est pas le seul concerné par le phénomène. Dans les programmes de certains pays de la sous région, les chaînes de TV réversent un temps aux films étrangers, surtout ceux venant de l’Occident. Ces feuilletons envahissent nos écrans de TV aujourd’hui. Ils sont très suivis à Bamako. L’effet « SHREE »sur la TM2, « NOUR » sur l’ORTM, « THERESA » et « AU NOM DE L’HONNNEUR » sur AFRICABLE TELEVISION, épargnent peu de monde dans les familles bamakoises, mais à de degrés divers. Les hommes férus de ces films sont moins nombreux par rapport à la gent féminine. Les maîtresses de maison et leurs filles en sont des « accrocs ».

Au début c’était les « gros bonnet », les épouses aisées dotées d’un certain niveau intellectuel qui arrangeaient leur programme journalier en fonction des heures de diffusion des feuilletons. La secrétaire de direction à la retraite O. Sylla nous a fait cette confidence : « je me rappelle qu’après mon mariage, j’ai mis la pression sur mon mari. Il a acheté un poste de télé grande dimension. Plusieurs personnes réunies face à l’écran ont désormais la possibilité de regarder les images sans se gêner les unes les autres. Mon mari était surpris de constater que je ne m’intéressais qu’aux feuilletons. Il m’a fait savoir que ces films n’éduquent pas bien.

A la longue, je lui ai donné raison. J’ai aujourd’hui interdit à mes filles de regarder du « n’importe quoi à la télé ». Cette épouse perspicace a raison. Les « télé novas » distillent des valeurs culturelles complètement en déphasage avec les réalités sociales maliennes. Rien que de la fiction. Et pourtant le continent africain regorge de films aux vertus pédagogiques immenses à même de consolider la morale, l’esprit de solidarité, le gain obtenu à la sueur du front. La dame sexagénaire avoue qu’en réalité elle voyait ces films sous l’angle de la réalité qu’elle vit chez elle. Mais en fait ce n’est que de la fiction qui traite des faits sociaux qui n’ont rien à voir avec les réalités de nos pays. « Je suis désolée que certaines de nos sœurs prennent ces films pour des histoires vraies. Ces films traitent des réalités d’une société fondamentalement différente de la nôtre.

A vouloir mettre les faits des actrices ou acteurs de ces films en pratique dans notre société, on risque d’être en déphasage avec les réalités de nos sociétés. C’est regrettable et c’est difficile de le faire comprendre à la majorité des bonnes à tout faire. Celles-ci constituent curieusement plus de la majorité du public agglutiné souvent devant le poste téléviseur. Avant ces jeunes filles quittaient nos contrées lointaines pour venir uniquement collecter à la sueur du front leur trousseau de mariage à Bamako. Elles n’oubliaient jamais le village et y retournaient sans regret. Hélas ! L’irruption de la télé dans les familles rurales a provoqué le choc des civilisations maliennes et occidentales. Paradoxalement les images, les commentaires sur les modèles étrangers favorisent les comportements d’ailleurs.

C’est ainsi que presque toutes les servantes se promènent aujourd’hui avec un téléphone portable dans le sac. Cette fois, nous nous sommes intéressé à leur penchant pour les feuilletons. La plupart d’entre elles ne comprennent pas le dialogue. Mais elles se font une idée en décryptant à leur façon les images. Certaines « bonnes » sont tellement accroc des feuilletons qu’elles rendent leurs patronnes jalouses sans le savoir. La cause : elles imitent les actrices des films à travers leurs coiffures, leur façon de marcher, de parler ou de s’habiller. Cela n’est pas toujours du goût de leurs patronnes. « Aujourd’hui le comportement de ces bonnes est à la limite révoltant. Certaines d’entre elles cherchent à séduire les maris de leurs patronnes. Autrefois, ces filles venaient du village et restaient toujours égales à elles mêmes. Mais maintenant, parallèlement à leurs travaux quotidiens elles font autres choses », affirme la Mme Sylla.

L’aide ménagère Sali Diarra, est originaire de Ségou. Elle avoue et confirme que le mari de son patron ne cessait lui faire les yeux doux. Elle « l’avait branché » grâce à sa façon de marcher et de regarder les hommes. « J’ai adopté les recettes de l’actrice principale d’un feuilleton que je regardais depuis plus d’un an. Mais je résiste aux avances des hommes de Bamako, car mes parents m’ont donné beaucoup de conseils à la veille de mon arrivée dans la capitale », dit la paysanne qui a opéré sa mue. Mais le suivi permanent de ses films peut avoir des conséquences sur le travail quotidien d’une aide ménagère. Nous avons approché une employée de maison qui a failli se faire virer par sa patronne. Elle tenait à regarder « son film » dont l’heure de diffusion coïncidait avec un moment crucial dans son travail.

Notre interlocutrice qui a requis l’anonymat explique : « ma patronne m’a demandé d’aller reprendre les habits de son mari chez le blanchisseur. Franchement, je ne voulais pas rater le début du film. J’ai demandé à la patronne d’attendre la fin du film.

Elle s’est mise en colère et s’est précipitée pour éteindre le poste TV avant de m’ordonner de partir de chez elle. Je croyais qu’elle voulait tout simplement m’intimider. Mais plus la patronne parlait plus elle s’énervait. J’ai compris qu’elle était au sérieux. Je risquais de perdre mon emploi. ». Cette ressortissante de San n’a eu le salut que dans l’intervention de la belle mère de sa patronne. Depuis ce jour, la bonne Sali Diarra accorde la priorité au travail, la raison de mon séjour à Bamako. Désormais elle met en garde les autres bonnes contre l’attrait des feuilletons.

Mohamed Traoré


Enfant casse-cou : Des conseils pour maman flipée

Votre enfant a tendance à courir partout, grimper sur tout… et n’en est pas à sa première chute ? Il est curieux et a l’air de n’avoir peur de rien. Bref, si on vous demandait, vous diriez qu’il est casse-cou n’est-ce pas ? Cela vous inquiète un peu ? Voilà quelques pistes pour vous aider à mieux appréhender le caractère turbulent de votre loulou !

 Casse-cou, Kesako ? C’est grave docteur ?

« Votre enfant grimpe sans arrêt sur son armoire ? Il aime sauter du canapé au fauteuil du salon malgré votre interdiction ? Tourner sur lui-même jusqu’à l’étourdissement (et la chute le fait mourir de rire) ? Il marche à peine mais court avec conviction ? » On peut dire que cette définition de Yannick, éducateur spécialisé et spécialiste des casse-cous, ressemble étrangement à la description de votre petit.


Votre question récurrente est : « pourquoi mon enfant est-il turbulent, casse-cou ? » (et pas un ange de sagesse qui écoute tout ce qu’on lui dit ? Pourquoi ?!) :

« Ce qui est certain, c’est qu’un enfant cherche d’une manière ou d’une autre à explorer et interpréter le monde qui l’entoure. Il va y découvrir des repères et des limites auxquels les parents contribuent beaucoup. Mais l’enfant se construit lui-même et a besoin d’expérimenter les choses pour savoir de quoi il s’agit concrètement. La prise de risque en fait partie. C’est grâce à celle-ci que chacun d’entre nous a appris à marcher, courir ou à faire du vélo après quelques chutes plus ou moins graves. Et pourtant, nous nous sommes tous relevés, poussés par l’envie d’y arriver. Certes, cela nous a valu quelques bosses, mais cela nous a tout de même rapprochés de notre objectif », nous rassure Yannick.



1. Voyez les choses du bon côté : votre enfant est curieux, il a envie de découvrir le monde et c’est un signe de bonne santé morale… Voilà donc de quoi se réjouir !



2. Vous devez être le moteur, mais aussi les limites de cette curiosité : encouragez-le (à remonter sur son vélo, à se relever lorsqu’il est tombé…) tout en lui apprenant le danger qui l’entoure. Comme le dit notre éducateur spécialisé : « Le rôle du parent sera de prévenir du danger bien sûr, mais surtout, et autant que possible, de « nourrir » son enfant en recherche d’expériences à sensations. »
 
Concrètement, comment je gère mon enfant casse-cou ?

« En ville, l’endroit idéal pour répondre à sa témérité est le jardin d’enfants.

Faire un tour dans la cabane en bois à étage ou sur la bonne vieille cage à poules puis en sauter pour atterrir dans le sable… Remonter le toboggan à l’envers n’est pas si dangereux dans la mesure où personne n’en descend, et qu’un adulte assure à côté…Si vous n’êtes pas une habituée de ce genre d’endroit, essayez, vous verrez que votre bambin trouvera le moyen de se défouler en sécurité !


3. Laissez-le s’exprimer, se défouler ! Si vous êtes à son écoute et si vous répondez à ses besoins, vous serez vite rassurée par ses acrobaties.

« Enfin, d’une manière générale il ne faut pas mélanger prise de risques et mise en danger (inconscience).

Elles peuvent s’additionner, mais la mise en danger peut aussi prendre le dessus sur la prise de risques. Pour les enfants, l’intégration de la notion de danger orientera les prises de risques. Accompagner l’enfant casse-cou dans ses cascades est un bon moyen de réduire les chances d’accidents, mais l’interdiction sans raison expliquée ne fera qu’amplifier sa curiosité pour peut être l’amener à transgresser les règles et à se mettre en danger».

4. Accompagnez-le ! Aidez-le s’il le faut, il doit apprendre à repérer ses limites et, surtout, avoir conscience du danger qui l’entoure.
 Accompagner son petit, lui apprendre les limites, lui inculquer la conscience du danger… Voilà qui peut vous aider à mieux gérer le côté casse-cou de votre enfant.

Plurielles.fr


28 Septembre 2012

Source : Essor