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Aide française au développement et transparence : Le contrôle citoyen est désormais possible

Tout Malien peut aujourd’hui vérifier l’avancement des projets français au Mali et dire son mot

http://transparence.ambafrance-ml.org/.Ceci est le lien par lequel l’on accède au site web que la France a mis en ligne pour présenter l’ensemble de ses projets d’aide au développement engagés chez nous. Il a été mis en ligne le mercredi 18 septembre dernier par l’ambassade de France qui l’a présenté jeudi dernier, le 10 octobre à la presse dans le but de « mieux communiquer sur le projet ». L’objectif du site web, a déclaré l’Ambassadeur de France lors de la présentation du site dans ses bureaux, est de garantir la transparence et l’efficacité de l’aide par un contrôle citoyen. « Le Mali a été choisi comme vitrine » par le gouvernement français, a ajouté le diplomate avant de confier que lui-même et son personnel sont fiers de porter ce projet.

Il expliquera ensuite que qu’il s’agit d’un site très interactif qui propose aux visiteurs la géo localisation des projets, la traçabilité et le contrôle citoyen de l’aide française grâce à une carte interactive installée à la page d’accueil de la fenêtre. Fenêtre, disons-nous, parce que la page n’est accessible qu’à partir du site web de l’Ambassade de France (www.ambafrance-ml.org.). Cette disposition a l’avantage de préciser la localisation des activités avec des pictogrammes de couleur différente, selon le secteur d’intervention.

Lorsqu’on clique sur une autre case, on tombe sur un tableau récapitulatif recensant tous les projets publiés (la mise à jour du site continue), ce qui permet selon les spécialistes de la coopération française, de les trier par secteur, par date ou par montant attribué. Si le citoyen n’est toujours pas satisfait, un autre dossier lui détaille leurs objectifs, budget, nature du financement (un don ou prêt concessionnel par exemple), les opérateurs en charge de la réalisation et mêmes les bénéficiaires.

Plus intéressant encore sur ce site web qui, du reste, est une initiative du ministre français délégué chargé du développement Pascal Canfin : la possibilité pour le citoyen lambda de poser des questions sur la réalisation des projets et même de dénoncer les dysfonctionnements et autres anomalies constatées. Ce contrôle citoyen s’exerce via les réseaux sociaux et mobiles (internet, téléphone et SMS).

En mai dernier à Bruxelles, lors de la conférence des donateurs « Ensemble pour le renouveau du Mali », la France a annoncé en faveur de notre pays une contribution de 280 millions d’euros (dont 60% en dons et 40% en prêts très concessionnels), soit plus de183 milliards de FCFA. La confiance n’excluant pas le contrôle, le partenaire français a ainsi développé un mécanisme de suivi particulier de la gestion des fonds qu’elle met à la disposition de notre pays.

La coopération France-Mali de ces derniers mois, c’est une histoire de chiffres et de dates significatifs. Ainsi, le 20 octobre 2012, alors que notre pays, presque esseulé, souffrait des conséquences dramatiques de l’occupation des régions du Nord, la France avait annoncé aux autorités maliennes sa décision de reprendre sa coopération de sécurité et de défense, afin de soutenir l’Etat malien face aux défis sécuritaires sahéliens.

Autre date importante, le 18 février 2013 quand le ministre délégué chargé du Développement, Pascal Canfin, a annoncé la reprise de la coopération civile. Dans ce contexte, la relance de la coopération bilatérale entre nos deux pays s’articule autour de trois volets. D’abord, la mise en œuvre d’un plan d’action d’urgence pour répondre aux besoins les plus immédiats, notamment dans les zones libérées ; puis une enveloppe de 6,5 milliards de FCFA de subventions et un autre financement équivalent de lignes de crédit et garanties ; le décaissement rapide d’une aide budgétaire sur don de 9,8 milliards de nos francs en 2013 et la remise en route du mécanisme de conversion de dette monétaire se chiffrant à 20, 6 milliards de FCFA sur deux ans.

L’objectif était de soutenir l’État malien et le redémarrage des services publics essentiels. Une autre enveloppe extrêmement importante (en dons et prêts) de 137, 5 milliards de FCFA était prévue pour soutenir la reprise progressive des projets structurels en matière de gouvernance, d’éducation, de santé, de développement rural, d’infrastructures et de soutien au secteur privé, projets qui doivent être adaptés au contexte de sortie de crise.

A Lyon, le 19 mars 2013, la coopération décentralisée entre le Mali et la France a fait l’objet d’une conférence de mobilisation de ses acteurs. Un ensemble de 170 collectivités françaises sont engagées au Mali, pour 300 projets de coopération, dont 150 actions en cours. La coopération concerne 15 % des collectivités de notre pays. Autre axe majeur de coopération, en juillet 2012, un Fonds de solidarité des collectivités françaises pour le Mali et le Sahel a été mis en place pour répondre à l’urgence de la situation. Depuis 2006, ce sont plus de 23 milliards de FCFA qui ont été alloués à notre pays par les collectivités françaises au titre de l’aide publique au développement.

En complément de cette aide bilatérale, la France apporte une forte contribution via son aide multilatérale. Sans compter les contributions françaises au Fonds européen de développement, à la Banque mondiale et au Fonds mondial de lutte contre le Sida.

A. M. CISSÉ

Essor du 14 Octobre 2013