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L’Aïd El Kébir fêté avant hier dans notre pays laissera-t-elle des stigmates dans les rapports futurs entre les autorités et la confrérie Hamaliste ? Il faut le craindre.

Et pour cause, les membres de cette confrérie, conformément aux recommandations de leur chef spirituel, Mohamed Ould Cheihamahoula demeurant à Nioro du Sahel, n’ont pas fêté le mardi 10 janvier 2006, tant à Nioro que dans les autres villes du pays.

La raison ? Le chef religieux se fie peu ou pas aux calendriers officiels fixant les fêtes. Il a des canaux propres à lui pour fixer les dates des événements religieux.

Ainsi, pour le Chérif, l’Aïd El Kébir devrait être fêté hier, mercredi
11 janvier. Des recommandations allant dans ce sens ont donc été communiquées à partir de Nioro à l’ensemble des membres de la confrérie.

Mais hier, la Jawiya (faisant office de mosquée pour la confrérie) de Niaréla à Bamako a été bouclée par les forces de l’ordre dès les premières heures de la matinée. L’ordre donné aux policiers était clair : empêcher tout regroupement tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ce lieu de culte.

Visiblement, les autorités qui jusqu’ici avaient accepté et toléré la célébration (séparée des fêtes par les hamalistes), étaient décidées cette année à empêcher la prière, contrairement à l’Aïd El Fitr où les hamalistes ont prié le lendemain de la fête officielle.

Face au cordon policier, les fidèles de la confrérie hamaliste n’ont donc pu accéder à la Jawiya. Au même moment, des tractations étaient en cours pour éviter un affrontement. Les responsables religieux de la Jawiya auraient joint le Chérif par téléphone pour savoir la conduite à tenir.

Selon nos informations, le chef spirituel de la confrérie, aurait ainsi ordonné à ses fidèles d’éviter tout accrochage avec les policiers et de rentrer à la maison pour accomplir leurs devoirs religieux.

De son côté, le chef de l’Etat a semble-t-il dépêché d’urgence, à la Jawiya, son chargé de Mission, M’Bouillé Siby afin de rassurer les responsables de la confrérie.

Joint par téléphone à Nioro, une source nous a indiqué que dans la localité aucun incident n’a été enregistré. Selon cette source, les hamalistes ont prié à la Jawiya et aucune force n’était déployée.

Cependant, notre source indique que l’ordre d’empêcher les hamalistes de Bamako de prier serait venu de deux personnalités. En effet, le Premier ministre et le ministre de l’Administration territoriale sont indexés depuis Nioro.

Et notre source indique que le chef de l’Etat n’était pas informé de la mesure avant son application.
Du côté de la police, on affirme simplement avoir reçu des ordres. De qui ? Silence radio.

Au ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, l’on justifie la décision par la volonté des autorités de mettre de l’ordre dans la commémoration des fêtes religieuses.

Un conseiller du département de rappeler le cas d’un Imam qui avait été incarcéré pour avoir pris sur lui l’initiative de faire prier ses fidèles le lendemain d’une fête.

C.H Sylla

12 janvier 2006.